L’Ukraine , entre l’enclume et le marteau face aux Etats Unis et la Fédération de Russie

Le 25 février 2025 a eu lieu une rencontre entre le président américain Donald Trump et le président de l’Ukraine Volodymyr Zelekensky qui s’est tournée au vinaigre.

Le 25 février 2025 a eu lieu une rencontre entre le président américain Donald Trump et le président de l’Ukraine Volodymyr Zelekensky qui s’est tournée au vinaigre. Ce qui constitue un clash diplomatique autour de la signature d’un accord de cessez -le-feu immédiat à propos de la guerre Russo-Ukrainienne datée déjà de 3 ans. La rencontre alors télévisée a fait état de condescendance à l’égard d’un Etat qui a bénéficié du support bienveillant des Etats Unis dans le cadre de laquelle guerre. Le président Zelensky s’est refusé de signer. En effet, un budget de guerre avec des montants pharaoniques a été attribué en la circonstance. C’est le renversement de la situation à l’ère de Trump quand celui-ci a exigé la vassalisation économique de l’Ukraine, soit une réclamation de 500 milliards de dollars contre 114 milliards d’euros de l’aide des Etats Unis d’Amérique depuis le début de la guerre en février 2022.

Par ailleurs, le contrat à signer entre les Etats Unis d’Amérique et l’Ukraine avait prévu une prise de contrôle des ressources minières, le pétrole, le gaz, les ports et infrastructures de l’Ukraine. Aussi les Etats Unis voulaient -ils tirer 50% des revenus de ce pays de l’extraction minière ainsi que 50% de la valeur financière de « toutes les nouvelles licences délivrées à des tiers » en vue de la monétisation des ressources. Ce qui est un aperçu des exigences exorbitantes faites à l’Ukraine au prix de la position impérialiste des Etats Unis associée au messianisme triomphaliste du président Donald Trump.Alors que la création des Nations Unies a garanti l’égalité entre les Etats, les Etats Unis défient ce principe à l’ère de la présidence de Trump, il y a lieu de se situer et identifier des liens à ce positionnement.La relation de condescendance notée depuis la nouvelle adminsitration politique américaine s’inscrit-elle dans la logique de colinialité de pouvoirs? Dans le présent exposé, nous allons tenter de vous faire un bref aperçu de la situation.

De la colonialité de pouvoir : fondements et définition

Le système monde tel que dénommé par Anibal Quijano et repris par Ramon Grosfoguel est déterminé par l’économique et caractérisé par un ensemble de hiérarchies pour légitimer la position inférieure des Etats au regard des patrons de racialisation,de genre,de religion en tenant compte des référents de l’américano-eurocentrisme.Quatre pilliers sont établis dont l’exploitation de travail,la domination ethno-raciale, le patriarcat et le controle des formes de subjectivité (imposition d’une orientation culturelle eurocentriste).En effet, au sommet de la hiérachie se trouvent les blancs de l’Europe du  nord et les scandinaves; les asiatiques et des européens du sud occupent une position intermédiaire et enfin se trouvent subalternisés au bas de cette pyramide des peuples jugés inférieurs dont les africains, caraibéens et latino-américains.A noter que la catégorisation de “blanc” est une création des Britanniques-américains malgre les ibériques ont déja installé la domination vis -à -vis des indiens,métis,gens de couleur et noirs africains.

On peut observer  une mobilité des peuples jadis inférieurs à des positions intermédiaires tels des japonais, des chinois, hindous, Koréens, Jamaicains etc. Entretemps, il y a un traitement discriminé aux anciennes colonies par rapport à des pays émetteurs d’immigrants globaux.Tout se ramène à l’occidentalisation en guise de valeur uniforme dans le politique, l’économique et l’idéologico-culturel.Les pays anciennement dits socialistes n’ont eu qu’à atteindre la phase du capitalisme d’Etat et se sont soumis à la logique occidentale liée à la colonialité de pouvoir.Ce qui renvoie aux relations Russie , biélorussie , Ukraine et tout autre pays ayant appartenu à l’Union des Républiques Socialistes et Soviétiques.

Du rapport Fédération de  Russie et l’Ukraine

 La crise Russo- ukrainienne de février 2022 a donné lieu à scruter les vieilles rhétoriques en éveil, sources de conflits ancrés. Il s’agit du poids des référents identitaires et ethniques dans l’évolution des peuples et dans ses relations aux autres peuples. En effet, la Russie a revendiqué la protection de russophones en Ukraine victimes de maltraitance jusqu’à l’élimination physique d’un nombre fort important en 8 ans et l’interdiction de pratiquer la langue russe. Et, en ce sens, l’Ukraine aurait été considérée comme un fief naturel, le berceau de la civilisation slave. C’est ainsi que Kiev est au centre des débats pour avoir représenté un point géostratégique vital pour la Russie, à se rappeler les attaques du 13 siècle contre la Russie des Tsar à partir de Kiev.  Aussi les précurseurs communs des peuples russe, ukrainien et Biélorusse sont-ils des tribus slaves orientales

Que de leçons à tirer à partir de cet évènement ! La langue, les traditions et l’identité culturelle ont été évoquées pour faire état de l’intégrité ethnique en dépit des mutations connues dans les échanges et les mouvements de population. Aussi la question de la création de langue officielle vient-elle noyer toute forme identitaire associée à la langue proprement dite. Les revendications de droits ethniques se sont fondées sur l’histoire ancienne et d’anciens combats sanglants comme mémoires. Le Kiev eut fait montre d’une résistance implacable en 1240 .  (Manfred, p197).

Si nous revenons à la question de la langue (ibid, p45), il est un fait qu’on tend à définir l’identité d’un peuple seulement par sa langue. Ce qui est pernicieux par rapport à la dénaturation dans la standardisation. Parmi les langues inventées on retrouve entre autres l’ukrainien tout comme le bulgare, le serbe, le croate, le slovène, le letton, l’hébreu, le norvégien, l’irlandais.  (  ibid, p 45).

Les Etats Unis et la colonialité du pouvoir

Des évocations aux mythes et prophéties ne cessent d’exister en dépit de l’ère moderne, nous avons assisté la manière dont la suprématie des Etats Unis eut été projetée soit en des termes suivants : » James Beveridge avance que nous ne renonçons pas à notre part de mission de notre race, sous l’égide de la puissance de Dieu pour civiliser le monde. Dieu nous a préparé comme peuples choisis pour mille ans pour la vaine auto- contemplation   et d’admiration et il nous fait les maitres organisateurs du monde pour établir des systèmes où règne le chaos. Il nous a rendu apte pour gouverner, administrer d’autres peuples séniles et sauvages cite par R.Hostater « the paranoid style in American Polities, N.Y, Alfred A.Knopf, 1965 p176.  Graham Taylor n’eut-il pas affirme ce qui suit lors de la 40e conférence sur l’immigration:”il est bien vrai, rien en commun n’existe entre le latino, le slave, le grec, le russe et le sémitique en les comparant avec l’irlandais, l’anglais, l’écossais, l’allemand, le scandinave,le hollandais et le suisse avec qui nous partageons un langage et des antécédents historiques” cité par Pierre (2015:109).

La jeune nation américaine se forgea une idéologie nationaliste qui justifie ses convoitises d’expansion.Ce qui continue à faire son chemin et se renforce sous l’actuelle présidence de Donald Trump.

L’Ukraine , entre l’enclume et le marteau

La rencontre spectaculaire du 25 février  entre le président Trump, son vice - président et le président Zelensky de l’Ukraine nous a interpellé sur les rapports de condescendance, de vassalisation et d’humiliation entre les grands pays et les petits Etats.Les rares résistances ne sont que de positions passagères car la dépendance des petits et moyens Etats vis-à-vis des Etats Unis notamment du point de vue économique et commercial leur donne une marge d’autonomie fragile pour négocier une position confortablement autonome au nom du principe de l’autodétermination des peuples.Les grands se consolident et s’unissent dans leur visée impérialiste pour phagocyter les élans d’autodétermination des peuples.Toutefois l’Ukraine se montre un dissident face à un allié ombilical qu’est la Russie de Kiev.Entretemps l’Ukraine se trouve abandonnée dans ses ambitions de s’allier à l’OTAN à un moment où cette organisation ne fait plus l’affaire des nouveaux rapports internationaux depuis les années 1990.