Nos ancêtres, les gardes nationaux émancipateurs des Amériques
Les tragiques événements du mardi 24 décembre 2024 à l’Hôpital général de Port-au-Prince sont la dernière goutte d’eau qui doit faire déborder le vase. En pleine cérémonie présidée par le ministre de la Santé publique, un attentat odieux y a été perpétré sur les participants et les journalistes. Bilan : plusieurs morts et nombre de blessés. Il s’agissait d’une tentative de réouverture du plus grand centre hospitalier du pays, après un an de fermeture forcée par les groupes terroristes qui contrôlent presque toute la capitale. Les responsables de cet acte sont évidemment :
- La coalition terroriste et ses patrons;
- Peut-être le ministère de la Santé publique qui aurait pris à la légère une telle initiative. Les autorités n’ont point à négocier avec des hors-la-loi pour leur faciliter la tâche. Au contraire!
- Surtout la PNH qui n’a pas pu ou voulu longtemps déjà reprendre le contrôle effectif et définitif du quartier administratif. Rien ne peut justifier un tel laxisme qui frise la complicité.
Vers la refonte de la PNH:
Cet énième coup nous conforte dans une ferme conviction: la Police nationale d’Haïti, malgré la bonne volonté de certains policiers consciencieux, ne sert pas à grand-chose depuis belle lurette. Elle n’est plus en mesure de jouer son rôle de protection des vies et des biens. Gangrenée dans ses contradictions - les déficits légaux et institutionnels, les luttes et rivalités intestines, la corruption, un certain manque de patriotisme et de discipline, la politisation de sa hiérarchie, la conception erronée ayant présidé à sa constitution, etc. - elle ne pourra jamais jouer ce grand rôle de gardien de l’ordre public et de la sécurité intérieure de l’État haïtien. Tout le monde doit en prendre note !
1.- Les déficits légaux et institutionnels et les luttes et rivalités intestines :
Parmi tant d’autres manquements, relevons-en un seul : l’interdiction faite aux non-policiers de diriger la PNH. La loi portant sa création stipule en son article 22 :
<< Le Directeur Général de la Police Nationale, secrétaire exécutif du CSPN, est choisi parmi les directeurs centraux ou les commissaires divisionnaires et nommé, conformément à la Constitution, pour un mandat de trois ans renouvelable>>.
<< La guerre est une chose trop grave pour la confier aux militaires. >>, avait dit
George Benjamin Clémenceau, Premier ministre français (1906-1909 et 1917-1920).
Paraphrasons ce grand homme politique français, pour dire :
<< La sécurité publique est une chose trop grave pour la confier aux policiers !>>
La preuve est déjà faite que quand la PNH était dirigée par des civils non-policiers, elle était mieux gérée, et l’ordre public bien garanti, malgré un effectif très faible et des moyens très précaires. A titre d’exemple, entre 1999-2001, l’équipe de Pierre Denizé (directeur général), Luc Eucher Joseph (inspecteur général en chef) et Marie Esther Faroul (directrice centrale de l’Administration et des Services généraux) posait bien les bases de la nouvelle force publique, jusqu’à leur remplacement en 2001. Ces trois dirigeants ne donnaient point dans la parade des épaulettes : ils ne se revêtaient même pas de l’uniforme de la PNH ! MM. Denizé et Eucher en costume deux pièces, et madame Faroul, en tailleur. Le président René Préval leur faisait confiance et ne demandait que des résultats.
De nos jours, la haute hiérarchie de la PNH semble devenir une foire d’empoigne et d’intrigues où les directeurs centraux et les commissaires divisionnaires se donneraient des crocs-en-jambe. L’échec d’une opération cruciale serait même utilisé par les uns pour détruire les autres, au détriment du pays et de la population. A chaque échec retentissant d’une opération policière importante, des informations ultérieures laissent entendre l’existence d’un coup bas… Et souvent, sur le sang encore chaud des victimes, des intrigues se font pour se remplacer l’un l’autre : la mort d’un sergent arrange un caporal ! Et pour comble, les collusions de bergers-loups avec des bandes criminelles des élites et des bas-fonds sociaux. En nommant des civils non-policiers à la tête de la PNH, les rivalités destructrices cesseront comme par enchantement ! Aucun policier ne pourra plus faire échouer une opération cruciale pour nuire aux autres !
En conséquence, l’article 22, ci-dessus cité, doit être amendé, pour revenir à la possibilité que d’autres Haïtiens capables et sérieux, de l’intérieur ou de la diaspora, puissent devenir, sans des détours et des subterfuges, directeur général et intégrer les plus hautes structures de la PNH qui reste et demeure une institution civile.
De plus, en 30 ans (1994-2024), la PNH ne s’est jamais implantée dans les sections communales, abandonnant l’hinterland, l’arrière-pays à la loi du plus fort, en d’autres termes aux gangs armés. Même dans les centres urbains, sa présence laisse beaucoup à désirer. Hier, en voyant un militaire ou un Tonton Macoute, le citoyen se sentait rassuré pour peu qu’il n’était point un opposant à la dictature de Duvalier. Aujourd’hui, un policier en uniforme n’inspire point confiance. Il peut être 3 choses : un bandit en uniforme, un réel policier honnête ou un réel policier lié aux gangs. Difficile donc de savoir le sexe des moustiques !
2.- Corruption, manque de patriotisme et de discipline
La corruption, il y a en partout dans le monde et en tout temps ! Mais quand elle gangrène les forces de sécurité publique, c’est le désarroi le plus total. Avant son départ en 2017, il se dit que la Minustah avait fait révoquer un inspecteur général de la PNH pour n’avoir pas pu justifier la source licite d’un montant de 55 000 dollars US sur son compte bancaire d’épargne… Il semblerait aussi que des diplomates étrangers savaient visiter des commissariats de police de l’aire métropolitaine, sans être accompagnés d’un membre du Conseil Supérieur de la Police Nationale (CSPN), et sans passer par les couloirs formels : diplomatiques, d’abord, et administratifs, ensuite. Les rencontres privées entre des étrangers et la hiérarchie ou la base des forces publiques en général étaient formellement interdites sous Duvalier… Les contrevenants n’étant pas fusillés allaient pourrir dans les casemates de Fort-Dimanche !
3.- Sa politisation
Pour avoir été victime de plusieurs coups d’État (6 janvier 1991, 30 septembre 1991, 20 juillet 2000, 17 décembre 2001) et avoir fait face à une rébellion armée en 2003, on peut pardonner aux dirigeants de 2003, un certain début de politisation de la PNH. D’ailleurs en 2003, face aux rebelles armés, pour la plupart d’anciens militaires, les policiers abandonnaient les commissariats, prétextant ou disant à juste titre qu’ils n’avaient pas de formation militaire pour leur faire face ! Alors, il ne restait point d’autres options que de faire appel à des mercenaires étrangers (ce qui n’avait pas été fait) ou de faire appel aux citoyens (ce qui avait été justement fait) pour garantir la sécurité des instituions publiques et de la population. Par contre, les dirigeants ultérieurs n’avaient aucune raison de politiser ainsi la PNH. Un directeur général de la PNH (dont je tais le nom) poussait l’indécence jusqu'à arborer même le bracelet et autres emblèmes du parti au pouvoir !
4.- La conception erronée d’un corps de ‘’police nationale’’
Le concept de police ‘’nationale’’ est erroné, n’en déplaise aux coopérants étrangers et techniciens haïtiens qui aidèrent à fonder la nouvelle force publique haïtienne à partir de 1995.
La police est une institution éminemment, essentiellement ‘’locale’’, jamais ‘’nationale’’ ! L’armée, par contre, est nationale ! Il ne suffirait pas de créer au sein d’une police nationale une unité de police ‘’communautaire’’ pour prétendre faire de la police de proximité ! Une police est communautaire ou n’est pas !
Ce qui fait la force d’une force de police, c’est avant tout sa proximité avec les citoyens, son incrustation dans la réalité locale, sur le terrain, sa connaissance des choses et des gens qu’elle est appelée à protéger. Par exemple, un policier originaire du Sud-Ouest du pays ne saurait servir dans le Nord-Est, loin de son environnement, ses racines culturelles, physiques et sociales. Par contre, un policier natif de Ganthier et servant à Ganthier connaitra les crapules de sa commune, les familles au passé de délinquance ; il saura également les lieux de cachette ou de refuge possibles de tels malfrats, s’il est en cavale !
A cause de ce péché originel (de conception), et pour d’autres raisons encore, il est logique que plus les effectifs de la PNH augmentent, moins la sécurité intérieure du pays est garantie. De l’argent jeté par la fenêtre : des salaires, des frais, ‘’des cartes de débit’’ pour juste vivre un enfer ! Alors que faire ?
5.- Un grand exemple : Les forces de sécurité intérieure des USA
A part les diverses composantes des Forces armées étatsuniennes, auxquelles on peut toujours faire appel, en cas de besoin, il y a encore:
- La Police fédérale des USA qui a juridiction sur les 50 États de l’Union et les nombreux territoires (FBI) ;
- La Police de chaque État : les ‘’State Troopers’’;
- La Police municipale ou urbaine : par exemple le ‘’New York Police Department (NYPD)’’, ou le ‘’Los Angeles Police Department (LAPD))’’;
- Les ‘’county police’’ ou polices locales : les Sheriffs ;
- La redoutable Garde nationale, dont on dit qu’elle tire comme sur des lapins quand la police est débordée.
- Les ‘’US Marshalls’’ : la police judiciaire et pénitentiaire fédérale.
De plus, aux USA, les citoyens ont la liberté de se procurer les plus grandes armes sur le marché libre (‘’over the counter’’) pour garantir la sécurité (‘’safety’’) de leurs foyers.
D’ou vient donc l’idée farfelue de n’avoir en Haïti qu’une seule petite police abracadabrante, assortie d’une ‘’armée’’ mourante ?
De nombreux pays des Amériques et d’ailleurs, ont une Garde nationale volontaire, en sus des forces armées et des forces de police.
6.- La tradition haïtienne de Garde nationale :
La lutte de libération nationale d’Haïti menée jusqu'à l’indépendance nationale (1791-1803) fut l’œuvre des ‘’gardes nationaux’’. La fameuse ‘’Armée indigène’’ était l’ensemble des gardes nationales de toutes les paroisses de la colonie en rébellion de Saint-Domingue. Chaque paroisse (‘’commune’’) avait sa propre garde nationale : un corps de volontaires, une gendarmerie citoyenne. Volontaire, le garde national n’avait droit à un solde que quand il était mobilisé hors de sa paroisse ou commune. Après la Bataille de Vertières, Dessalines paya quelques gourdes aux 27 mille gardes nationaux avant de leur enjoindre de regagner leurs paroisses.
Les gardes nationaux, de Toussaint Louverture à Michel Oreste (1794-1913), vivaient en harmonie avec les citoyens civils qui n’en faisaient pas partie: ils s’entraînaient chaque dimanche après-midi sur la place d’armes de chaque paroisse ou commune, sous les yeux et les applaudissements des citoyens, des parents et amis. Ils bénéficiaient également d’un certain prestige.
Saviez-vous pourquoi les présidents haïtiens de 1804 à 1913 étaient tous des militaires ou gendarmes ? Eh bien, parce que ceux qui ne faisaient pas partie de l’embryon d’armée de métier furent des hauts gradés de la Garde nationale. Tels furent les cas de grands intellectuels comme les ‘’généraux’’: Septimus Rameau, Lysius Félicité Salomon Jeune, François Denys-Légitime, Anténor Firmin, Boyer Bazelais, Edmond Paul, etc. Pourquoi aujourd’hui le ministre X ou le gouverneur Y de la banque centrale ne peuvent-ils pas être des officiers supérieurs d’une nouvelle Garde nationale ?
La dernière Garde nationale d’Haïti fut le ‘’Corps des Volontaires de la Sécurité Nationale’’ (VSN), dénommé ‘’ les Tontons Macoutes’’, que le président François Duvalier mit sur pied pour pérenniser sa dictature. Il prit prétexte de la politique interaméricaine du président US John Fitzgerald Kennedy pour monter une milice quasi-privée, une garde prétorienne, sans être d’élite. Kennedy prônait la doctrine internationale de ‘’sécurité nationale’’ des pays latino-américains face aux percées communistes (la Cuba castriste et les groupes armés de gauche en Amérique du Sud).
On peut tout dire des VSN de Duvalier! Néanmoins, force est d’admettre qu’ils assurèrent une sécurité exemplaire, au point que le président à vie François Duvalier, dans sa voix nasillarde, se vantait de ‘’contrôler le moindre pouce carré du territoire national’’. Aujourd’hui, Haïti peut encore refonder une Garde nationale, cette fois-ci non-partisane, respectueuse des droits humains. On reviendrait à la tradition de nos valeureux ancêtres, tout en contrôlant le moindre millimètre carré de la République. C’est une question de vie ou de mort pour l’État d’Haïti !
Comment parvenir à la refonte de nos forces publiques et la restauration de notre Garde nationale ?
1.- Une constante dans la refonte des forces publiques haïtiennes à travers l’histoire : l’intervention étrangère ou le support international !
Au cours du 19e siècle, il y eut 3 réformes majeures des forces publiques haïtiennes : Faustin Soulouque, avec sa milice ‘’Les Zinglins’’, Fabre Geffrard, avec sa garde prétorienne ‘’Les Tirailleurs de la Garde’’ et Lysius Salomon, avec la coopération militaire française. Ces réformes, si elles pouvaient être mises en question, ne bouleversèrent pas beaucoup la société haïtienne. Par contre, les 4 refontes du 20e siècle : la nouvelle gendarmerie mise en place par les occupants américains en 1915 ; la fondation des Volontaires de la Sécurité Nationale (VSN ou Macoutes) et de la Garde présidentielle par François Duvalier ; la dissolution du bataillon des casernes Dessalines et du corps des Léopards par le général-président Prosper Avril ; la dissolution par les Marines américains et le président Aristide du reste de l’armée en 1995 et la création de la Police nationale d’Haïti (PNH) le 28 décembre 1994, ont tant bouleversé la société haïtienne qu’un retour à la Garde nationale du 19e siècle s’avère indispensable.
La situation s’est diablement détériorée avec la PNH. Si hier il y avait des troubles politiques alimentés par une partie des forces publiques, on était, du moins, exempt du terrorisme actuel qui détruit toutes les activités économiques, politiques, sociales et culturelles (éducatives, sportives, etc.)
Les contraintes sont que toute refonte des forces publiques haïtiennes ne peut se faire sans la présence de certaines forces étrangères qui orientent ces réformes dans le sens de leurs intérêts nationaux et en fonction de leur perception ‘’spéciale’’ des Haïtiens.
-
- L’Expédition Leclerc : Le 29 janvier 1802, le capitaine-général de l’Armée française, Victor-Emmanuel Leclerc, beau-frère de Napoléon Bonaparte, débarqua à Saint-Domingue. Sa principale mission fut de démanteler la Garde nationale du général en chef de l’Armée révolutionnaire, Toussaint Louverture. Il y parvint presque, quand il commit l’erreur de déporter les généraux Jean Villate et André Rigaud. Face à l’imminence de leur déportation, le brigadier-général Pétion et le général de division Dessalines gagnèrent le maquis pour fonder plus tard l’Etat indépendant d’Hayti.
-
- La première occupation américaine : L’indiscipline des Cacos du Nord donna l’occasion aux US Marines d’occuper Haïti et de dissoudre, en 1915, la gendarmerie haïtienne, constituée en majeure partie de gardes nationaux, ce, avec l’acceptation des élites et du reste de la population, fatiguées des désordres créés par les mercenaires et paysans Cacos.
-
- La deuxième occupation américaine : En 1995, les US Marines renvoyèrent la ‘’Garde d’Haïti’’ (la gendarmerie haïtienne) qu’ils avaient eux-mêmes fondée en 1915…, ce, avec l’acceptation du président Jean-Bertrand Aristide, trop content de se venger de ceux-là qui l’avaient renversé du pouvoir en 1991. Les Forces Armées d’Haïti devenaient, entre 1986 et 1991, une machine à coups d’État : 8 coups d’État réussis ou manqués ! Un ancien Premier ministre de l’époque, Marc Louis Bazin, rendit bien la situation, en disant : ‘’les coups d’État sont devenus le sport préféré des Haïtiens’’.
2.- Comment faire pour refondre les forces publiques haïtiennes ?
Les forces publiques haïtiennes ne peuvent être réformées sans une forte présence étrangère, en attendant de mettre en place de meilleures forces de sécurité intérieure et de sécurité nationale. Cela devra se faire avec soit le support des forces armées des pays amis du Sud global, soit celui des traditionnels pays amis occidentaux, un tantinet revenus à de meilleurs sentiments à l’égard d’Haïti.
Il revient donc aux forces vives de la Nation haïtienne de trouver la formule idéale ou simplement idoine, convenable, adéquate, appropriée, acceptable... L’essentiel c’est de parvenir, à tout prix, à mettre en place des forces de sécurité intérieure, à même de garantir l’ordre public, et une petite armée dissuasive.
Les moyens matériels et financiers ne manqueront pas. Des dons et des achats à des prix forfaitaires, il y en avait et il y en aura toujours. En 2003, en pleine crise politique en Haïti, le gouvernement des USA avait fait don de 20 000 fusils d’assaut à l’armée dominicaine… Les Américains ne manqueraient pas de soutenir un vrai climat de sécurité en Haïti… Sous Toussaint Louverture et Dessalines, les Américains et les Anglais soutinrent la cause nationale haïtienne. S’il y aurait un doute aujourd’hui, des efforts doivent être faits pour le dissiper. Le cas échéant, Haïti devra choisir de mourir debout ! Dieu soit loué, Haïti dispose de plus d’amis dans le monde que certains pays de la région ; nos ancêtres nous ont aussi légué des créances morales ! Tous ces pays qui avaient bénéficié de notre aide pour leur indépendance nationale : - Israël (1948), la Lybie (1956), la Grèce (1824), la Colombie, le Venezuela, l’Equateur, la Bolivie, le Pérou, le Panama, en 1821, le Mexique en 1810 – nous attendent les bras ouverts…
3.- Les nouvelles forces publiques haïtiennes :
Les USA en ont 7 ou 8 (y compris la nouvelle ‘’flotte spatiale’’).
Avec 3 forces publiques (une petite armée de métier soldée, une Garde nationale volontaire et une police municipale et de section communale quasi-volontaire), Haïti deviendra un havre de paix où il fera bon vivre et investir.
L’effectif total de nos forces publiques serait environ de 1,38% de la population : 162 480 personnes, ainsi reparties : 10 000 soldats de métier, 100 000 gardes nationaux (volontaires), 1 000 agents de police judiciaire et 40 000 agents de police municipale et 11 480 agents de section communale (574 sections communales x 20 agents).
Voir ci-dessous la comparaison avec la République dominicaine et Cuba, qui ont presque le même nombre d’habitants qu’Haïti :
|
Les forces publiques haïtiennes |
Projet |
La situation des forces publiques haïtiennes en 1804 |
La situation en 1986 (FAd’H/ VSN) |
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Gardes nationaux |
100,000. |
50,000. |
350,000. VSN |
|
Armée |
10,000. |
- |
6,900 FAd’H
|
|
Police judiciaire |
1,000. |
- |
La police politique : les SD. |
|
Police municipale |
40,000. |
- |
Les agents des préfectures des arrondissement. |
|
Police de section communale |
11,480. |
- |
Police rurale : 11,480. (environ) |
|
Total |
162,480 |
Environ 50,000 |
+368,380 |
|
Population totale |
11,720,000. (2023) |
500,000. |
6, 375,097. |
|
% de la population totale du pays. |
1,38 % |
+ 10% |
+ 5.77% |
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LA POLICE MUNICIPALE |
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LES !0 CHEFS-LIEUX DE DEPARTEMENT |
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1. Port-au-Prince |
1,000 Pol. Municipaux |
Zone urbaine |
100% urbaine |
|
2. Cap-Haïtien |
1,000 Pol. Municipaux |
Zone urbaine |
100% urbaine |
|
3. Les Cayes |
1,000 Pol. Municipaux |
Zone urbaine |
|
|
4. Les Gonaïves |
1,000 Pol. Municipaux |
Zone urbaine |
|
|
5. Jacmel |
1,000 Pol. Municipaux |
Zone urbaine |
|
|
6. Hinche |
1,000 Pol. Municipaux |
Zone urbaine |
|
|
7. Fort-Liberté |
1,000 Pol. Municipaux |
Zone urbaine |
|
|
8. Miragoâne |
1,000 Pol. Municipaux |
Zone urbaine |
|
|
9. Jérémie |
1,000 Pol. Municipaux |
Zone urbaine |
|
|
10. Port-de-Paix |
1,000 Pol. Municipaux |
Zone urbaine |
|
|
TOTAL 1 |
10,000. Policiers municipaux |
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LES IMPORTANTES VILLES NON-CHEFS-LIEUX DE DEPARTEMENT |
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11.- Carrefour |
1,000 Pol. Municipaux |
Zone urbaine |
|
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12. Cité Soleil |
1,000 Pol. Municipaux |
Zone urbaine |
|
|
13. Delmas |
1,000 Pol. Municipaux |
Zone urbaine |
100% urbaine |
|
14. Tabarre |
1,000 Pol. Municipaux |
Zone urbaine |
100% urbaine |
|
15.- Pétion-Ville |
1,000 Pol. Municipaux |
Zone urbaine |
|
|
16.Croix-des-Bouquets |
1,000 Pol. Municipaux |
Zone urbaine |
|
|
17. Kenscoff |
1,000 Pol. Municipaux |
Zone urbaine |
|
|
18. Léogâne |
1,000 Pol. Municipaux |
Zone urbaine |
|
|
19. Aquin |
1,000 Pol. Municipaux |
Zone urbaine |
|
|
20. Ouanaminthe |
1,000 Pol. Municipaux |
Zone urbaine |
|
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TOTAL 2 |
20,000 pol, Municipaux |
Zone urbaine |
|
|
Les 126 communes restantes |
20,000 pol. Municipaux |
Zone urbaine |
|
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TOTAL 3 |
40,000 policiers municipaux |
Zone urbaine |
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Les Forces Publiques Dominicaines en 2024 |
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Forces Armées, personnel actif |
89,000 |
85% d’hommes |
15% de femmes |
|
Les forces de réserve |
189,000 |
||
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Garde nationale |
- |
||
|
Les forces de police |
36,968 |
. |
- |
|
Service d’intelligence |
- |
||
|
Police municipale |
- |
- |
- |
|
Total |
314,968 |
||
|
Population totale |
11, 330,000 (2023) |
||
|
% de la population |
3.56% de la population |
||
|
Les Forces Publiques cubaines |
|||
|
Forces Armées, personnel actif |
76,000 |
autant d’hommes |
autant de femmes |
|
Les forces de réserve |
40,000 |
||
|
Les milices |
2, 000,000 |
||
|
La police |
- |
||
|
Total |
2, 116,000 |
||
|
Population totale |
11, 190,000 (2023) |
||
|
% de la population |
18,90% de la population |
||
3.1 Une petite armée de métier de 10 000 personnes :
Elle comprendrait une :
- Une aviation
- Une marine de guerre
- Une armée de terre
- Des unités spécialisées.
3.2 Une Garde nationale (volontaire) :
Elle couvrirait toutes les villes et toutes les habitations des 574 sections communales du pays.
Elle s’occuperait, en plus de la sécurité publique, d’autres questions d’intérêt général, comme le reboisement, l’alphabétisation, l’inspection sanitaire, la protection de l’environnement et des sites historiques, éco-touristiques.
Haïti compte environ 12 millions d’habitants en 2024. Le recensement général de la population en 1982 accusait une population de 5, 053,792 habitants, dont 300 000 appartenaient au corps des VSN. En d’autres termes, toute proportion gardée, en 2024, un corps de gardes nationaux embrigaderait environ 720, 000 personnes, soit 6 % de la population.
3.3 Une Police municipale et de section communale
La Police rurale ou police de section communale avait été dissoute en 1996 avec l’armée à laquelle elle était rattachée. A cette époque, elle était déjà l’ombre d’elle-même face aux poussées démocratiques ou libertaires post-dictature…
On pourrait la restaurer et l’adapter aux réalités actuelles : un partage de compétences avec les Conseils d’Administration des Sections Communales (CASEC) et la Garde nationale. De tout temps en Haïti, les paysans se sont révélés plus disciplinés, plus attachés à l’ordre que les citadins.
Avec 574 sections communales, à raison de 20 agents de police locale par section communale, on aura un total de 11,480 personnes.
Une anecdote
En 1993 ou 1994 (en pleine période du coup d’État de septembre 1991-octobre 1994), le Service d’information de l’ambassade des USA en Haïti (USIS) organisa une petite rencontre entre un colonel de l’armée des USA et des personnalités haïtiennes. Y furent invités, entre autres, des colonels de l’armée d’Haïti, parmi lesquels les colonels Cyprien et Marc-Charles ; Me Jean-Claude Nord, du secteur des droits humains ; le Dr Georges Michel, un connaisseur de l’histoire militaire d’Haïti ; des représentants de l’Association des Journalistes Haïtiens (AJH), et moi-même, journaliste indépendant. On discutait de forces publiques haïtiennes. Au cours du débat, je rappelai qu’à une certaine époque l’armée haïtienne n’était point une armée montée contre les civils, car c’était en majeure partie une Garde nationale. Puis, je fis cette question : à partir de quel moment de la durée l’armée haïtienne fut-elle devenue une armée anti-peuple ? Le Dr George Michel ne put contenir sa joie : il avait failli m’embrasser pour cette remarque. Alors, il expliqua des choses sur l’ancienne armée haïtienne, et que les gens de Jérémie connaissaient de nom tous les gardes nationaux qui y furent cantonnés, vu les bons rapports de ces derniers avec la population! Le Dr Georges Michel est un connaisseur de la question…
En conclusion
La refonte de nos forces publiques ne signifierait point la mise à l’écart, le renvoi au chômage de tous les policiers actuels, encore moins l’accaparement de leurs fonds de pension ! Parmi ces milliers de jeunes hommes et femmes, beaucoup s’avèrent récupérables et pourront encore servir dans les rangs de l’armée de métier, de la Garde nationale ou de la Police municipale et de section communale. Au contraire, ils auront la bonne conscience de servir à quelque chose, une bonne cause et la patrie commune !
Haïti se trouve aujourd’hui au bout du rouleau, au fond de l’abîme. Les difficultés actuelles ne sont point au-dessus de notre capacité de réinvention, de régénérescence et de transhumance. Nos ancêtres, les émancipateurs d’Amérique, connurent de pires calamités ; malgré tout, ils nous léguèrent des institutions solides comme la Garde nationale, et un surtout un sentiment de dignité nationale. Qu’en avons-nous fait ?
Les Hollandais disent souvent: << God schiep de wereld, maar de Nederlanders schiepen Nederland. >> (C’est Dieu qui a créé le monde, mais ce sont les Hollandais qui ont créé la Hollande.) De même, ce sont les Haïtiens qui peuvent et qui doivent régénérer Haïti, avec ou sans l’aide internationale. Vive Haïti !
Me Jean Hénoc Faroul, M.A
Maitre en Droit/Relations internationales (UASD, République dominicaine)
Licencié en droit,
Licencié en communication sociale,
Certifié en Administration Publique,
Certifié en Analyse de l’information (ONU, Norwegian Defence International Center)
Certifié en droits humains (Université du Pays Basque, Espagne)
Journaliste de carrière
Ancien fonctionnaire de l’ONU (2008-2019).
29 Décembre 2024