Parmi les îles adjacentes qui partagent le territoire national, nous retrouvons l’île-à-Vache, l'Île de la Torture, Îles des Cayemites, l’Île de la Navase et, enfin l'Ile de la Gonâve. Avec une population estimée à 79 188 habitants d’après les chiffres officiels, elle mesure 60 de long et 15 de large selon la NAZA. Allongée dans la Direction de ONO-ESE, soit une superficie de 689. 62 Km2 si nous additionnons les entrées et sorties des côtes. Elle est située entre deux bras de mer se croisant dans la baie de Port-au-Prince, à l’Est de l’île : le « Canal de Saint Marc » sur sa côte septentrionale, et le « Canal de la Gonâve dit Canal du Sud » sur sa côte méridionale.
Du latin, « Portus » qui se rapporte au grec, « passage ». Le port est un endroit ayant une ouverture sur la mer, abritant les bateaux afin de pouvoir charger ou décharger les marchandises, selon les dictionnaires des années 1930. Au point d’en distinguer une typologie : port de mer, port à sec, port de marchand, port de commerce, port à conteneurs, port de plaisance, port sportif, port de pêche, port fluvial, port lacustre, port de guerre et consorts dont les activités diffèrent d’un port à l’autre. Tout dépend de son statut et des objectifs géostratégiques de l’État.
Cependant, contrairement aux idées reçues, l’ouverture d’un port vers le trafic martime international ne se voue pas automatiquement au commerce ou à l'écoulement des produits sur le marché intérieur d'où il est localisé, situé. Ni au pouvoir d'achat des consommateurs, à la quantité des marchés publics/boutiques disponibles, ni au degré de développement ou de sous-développement de la zone portuaire concernée. À en croire à la définition typologique.
Dans le cas spécifique de la Gonâve, si l’échec du bateau des politiques publiques sur les récifs coralliens de l’île nous interpelle en tant que Miguel, le modèle, toujours fidèle à ses engagements de jeunesse : notre plaidoyer pro domo démontre sans aucun doute que s’évertuer pour l’obtention du droit de port ouvert vers l’étranger pourrait à court et à moyen terme favoriser l’essor du secteur commercial formel et alimenter au passage l'informel, stimuler la croissance, créer des investissements et emplois massifs voire générer des revenus colossaux, à long terme.
Comme c'était le cas pour les courageux propriétaires, armateurs de bateaux et la population qui se dépatouillaient en ce sens entre les années 1983 et 1991. N’est-ce pas là les Objectifs du plan stratégique de l'Etat pour 2030 ? À vous d'en juger donc ?
À cette époque-là, le principal port d’Anse-à-Galets qui renflouait les caisses de l’Etat et générait d’énormes recettes directes pour la commune, de centaines emplois et revenus personnels pour le commerce formel et informel dans l’île, était bel et bien ouvert de fait aux activités douanières du trafic maritime commercial international ; c'est dommages que cette population jadis laissée pour compte se soit privée de la jouissance de ce droit depuis lors ! Or, à cause des problèmes de famine, sécurité maritime et de piratrie entre autres calamités, nous jugeons opportun de convaincre les dirigeants actuels sur la nécessité de rouvrir le Port de la Gonâve vers l’étranger, dans le sillage de celui de Saint Louis du Sud soudainement.
Imaginez le regain de recettes directes globales et taxes journalières que l’Etat central et les municipalités de la Gonâve pourraient percevoir sur des millions de dollars $ US, provenant du trafic maritime, commercial, international voire du tourisme. Si d'autres axes portuaires munis de marinas modernes étaient créés tout le long des 170 km de périmètre de l’île assortis de 35 plages étalées sur plus de 60 km de sables blancs, fins et idylliques ! Pour chaque bateau de croisière mouillé au large de nos rades voire accosté dans nos ports plaisanciers naturels et transportant 5000 touristes par semaine. Où chacun dépenserait 500 dollars $US pendant le séjour !
Imaginez également la vente des milliers de cartes postales du beau paysage de notre île sans faire fi des fruits de mer (coquillage…), des produits artisanaux que des savoir-faire locaux…, cet aube du 21 ème siècle !
Par exemple, avec la réouverture du principal port d’Anse-à-Galets vers le négoce international, l’on pourrait créer certaines infrastructures sociales et économiques ou physiques génératrices de revenus : deux ponts maritimes artificiels reliant chacune de ses façades avec la grande terre, l’Aéroport international de l’Ile de la Gonâve (AIG), aérodromes, des lycées maritimes, de natation, écoles hôtelières, piscines sportives communautaires, aquariums et piscicultures, banques de crédit destinées à la filière de pêche, un observatoire maritime central, des centres de sauvetage maritime, réseaux routiers et ferroviaires, quais et appontements, dépôts, entrepôts et des aires de stockage modernes, à gogo, une autoroute à six 6) voies (aller/retour) contournant le pourtour de l’île à l’instar des îles de la Martinique et de la Réunion…
Il saute aux yeux de tous que l'exploration de l’Île de la Gonâve a permis aux chercheurs, riverains locaux qu’aventuriers étrangers en mal de destinations touristiques de rester éballis devant la beauté d'une île jadis oubliée. Notre enquête sur le terrain a permis de répertorier environ 35 ports aux dimensions variées et adaptées aux différents statuts de port à sec, commercial, plaisancier, de pêche et guerre etc. De sorte que s'ils étaient entretenus et modernisés…, auraient pu constituer de véritables sources de développement socio-économique ou physique génératrices de revenus pour la population gonâvienne a fortiori.
D’òu le fondement de notre bataille acharnée depuis 1991 accouchant finalement un vaste projet de plaidoyer pour la jouissance effective du « droit d’accès au Port ouvert de la Gonâve vers l’étranger », conformément à l’article 2 du Code douanier de 1987. Dans ce cas, l’Etat haïtien devrait jouer son rôle régulateur et de contrôle en matière de droit maritime et de navigation, en honorant ses engagements internationaux si bien que locaux. De ce fait, notre plaidoyer milite en faveur de quelques recommandations ci-après entre autres :
Plaidoyer pour l’obtention du droit de port ouvert de la Gonâve vers l’étranger,
Réaliser une étude sur les principales fonctions et caractéristiques des trente-cinq (35) ports de la Gonâve et procéder au relevé topographique,
Élaborer la loi cadre du droit maritime et de navigation assorti du code.
Initier le droit maritime à l’Université d’État d’Haiti (U.E.H).
Promouvoir et vulgariser le droit maritime partout dans la société.
Financement du coût économique et d’entretretien de l’ensemble des ports de l’île, en passant du port de cabotage national au cabotage international, via une Agence maritime internationale agréée après Appel d’offre qui aura le contrat de gestion juridique et physique du port.
De toute évidence, même si cette île, isolée et imprégnée de traditions ancestrales, avec ses fameuses grottes mystérieuses, est privée d'infrastructures dans tous les domaines ; nous en déduisons que ces manquements caractérisés par l’inexistence des équipements et services entre autres doivent être perçus non comme des obstacles insurmontables. Mais comme autant de problèmes à résoudre par une politique d’aménagement et des programmes de développement territorial pérennes. Afin de valoriser les atouts de la Gonâve, ce magnifique joyau de notre Haïti chérie.
Me Miguel RICHJARD, Av.
Doctorant, spécialité : diplomatie et relations internationales.
Sous les Gayacs de Petite Source, depuis les hauteurs du vieux Port de Magazen, Anse-à-Galets (Gonâve), Haïti.
Email :miguelrichardtedy@yahoo.com