L’Occident et sa violence héréditaire romaine

Crise russo-ukrainienne, une guerre voulue par l’Occident Le statut de grande puissance mondiale suggère au gouvernement titulaire des grandes décisions qui engagent l’avenir de son pays, voire le reste du monde, de maintenir et de travailler sans relâche pour la cause internationale de la paix.

Par  Jean-Marie Beaudouin
26 sept. 2024 — Lecture : 7 min.

Crise russo-ukrainienne, une guerre voulue par l’Occident

Le statut de grande puissance mondiale suggère au gouvernement titulaire des grandes décisions qui engagent l’avenir de son pays, voire le reste du monde, de maintenir et de travailler sans relâche pour la cause internationale de la paix. Mais aussi de cultiver la paix comme gage de l’avancement et du progrès de l’humanité. Le contraire serait irresponsable et irrationnel, et la conscience de l’humanité regarderait comme tel les grandes puissances occidentales qui s’étaient pourtant promis d’être la gardienne de la paix mondiale. C’était la grande promesse d’après-guerre (Deuxième) qui motiva au premier chef les États occidentaux à créer et instituer l’Organisation des Nations unies (ONU) le 24 octobre 1945 en vue de prévenir les conflits de nature géopolitique, susceptibles de déboucher sur des confrontations militaires entre les États belligérants. La guerre a toujours été un argument de domination dans le système des régimes d’Occident, à n’en pas douter dans un monde qu’ils régissent à volonté. L’arme de la guerre est si prégnante chez eux qu’ils en arrivent à inventer le concept de « guerre froide », dans le cadre de leur hégémonie à l’échelle planétaire. Cette politique d’imposition du fait accompli, par la force brutale des armes, est actée au nom de la démocratie totalitaire occidentale dont la presse bourgeoise sert de courroi de transmission par l’information et la communication au service de la propagande, y compris en ce qui concerne les écoles, où l’enseignement est fondamentalement orienté vers la religion comme moyen de domination bourgeoise.

Toutefois, il semble à l’auteur du présent propos que la Russie soviétique était parvenue à contenir cette singulière propension à la guerre par l’Occident collectif : La Corée du Nord se maintient malgré sa voisine (Corée du Sud) abrite sur son sol des troupes étasuniennes depuis la guerre de Corée (juin 1950 – juillet 1953) ; l’île de Cuba maintient sa révolution en dépit de l’invasion de la « Baie des Cochons » du 17 au 19 avril 1961, orchestrée et financée par les États-Unis ; et le Vietnam se maintient et parvient à unifier son territoire au sortir de la guerre d’agression des États-Unis qui s’étira sur 20 ans de guerre génocidaire (1er novembre 1955 – 30 avril 1975). L’intervention américaine a eu lieu au Sud le 24 octobre 1955, et au Nord du Vietnam le 30 mai 1964 au nom du « monde libre ». Monde libre est le vocable avec lequel l’Occident réuni séduit les États-clients ou satellitaires.

Entre-temps, la papauté moderne et contemporaine enregistre dans ses annales pontificales un évènement inédit : celui de l’évêque-cardinal Karol Josef Wojtyla (18 mai 1920 – 2 avril 2005) en faveur duquel le saint conclave l'élit et l'intronise pape les 16 et 22 octobre 1978. A l’occasion, les évêques et cardinaux italiens avaient dû concéder la papauté au désormais pape Jean-Paul II après leur domination sans partage sur le trône pontifical en 1521, le pape Adrien VI fut élu le 9 janvier 1522 de son vrai nom Adriaan Floriszoon (2 mars 1459 – 14 septembre 1523). Il était originaire des Pays-Bas, donc le premier pape non italien. C’est ainsi que le pape polonais Karol Wojtyla est venu s’ajouter à la ligue anticommuniste, plus connue sous le vocable « endiguement du communisme » selon la doctrine dite Truman, qui fut présentée au Congrès/Parlement américain par le président Harry Truman le 12 mars 1947. En l’espèce, la figure du pape a alimenté les débats publics par des représentations caricaturales contre le communisme prolétarien. De fait, le prêtre Wojtyla mena la croisade anticommuniste jusqu’à son terme : L’Union soviétique se disloque et se désintègre le 21 décembre 1991, en passant par l’Allemagne de l’Est dont la chute du mur de Berlin le 9 novembre 1989 provoque l’implosion du Parti communiste, y compris la Pologne dont le parti communiste s’autodissout le 30 janvier 1990. Jean-Paul II est sublimé et surnommé « Le héros de la chute du communisme » par la presse bourgeoise. Mamit madichon pap la te tèlman plen, qu’il a vécu les dix dernières années de sa vie dans la plus complète démence sénile. L’actuel pape François semble être sur le même chemin. « Wè pa wè antèman pou katrè ». Ils ont cultivé la violence pour s’imposer ; ils n’ont pas tiré de leçons de l’Histoire.    

La Russie soviétique a, hélas, disparu ; et les nouvelles guerres post-soviétiques naissent : guerre fratricide au Rwanda en 1994 dont les services de renseignement occidentaux étaient moralement impliqués pour avoir été au courant de l’imminence de l’apocalypse dans un continent africain placé sous le couperet du colonialisme occidental depuis la nuit des siècles. Et le cycle des guerres coloniales continue :  deux guerres d’agression contre les peuples d’Iraq (août 1990 – février 1991 & mars 2003 – décembre 2011), guerre d’agression contre les peuples d’Afghanistan (octobre 2001 – août 2021). Puis vient un lot de conflits politiques que la presse occidentale prénomme « Printemps arabe » entre 2011 et 2014 : des protestations sous forme de guerre civile en Tunisie, au Yémen, en Égypte, en Libye, en Syrie. Tous, des pays profondément et durablement déstabilisés par l’Occident et sa démocratie totalitaire. L’Occident collectif avait préféré y créer le chaos, de peur qu’une révolution marxiste-léniniste éclate et prenne le pouvoir d’État, éventualité que les maîtres du monde ne veulent pas et tuent dès le berceau. Certains se demanderont: pourquoi les démocraties libérales et leur parlementarisme bourgeois ont-ils peur du pouvoir communiste ? Réponse : Parce que la nomenclature traditionnelle, telle qu’elle se pratique sans évolution, règle leurs affaires conformément à leur appétence, à leurs aspirations politiques, culturelles, juridiques et économiques. Et que le communisme prolétarien viendrait démasquer cette grande escroquerie intellectuelle et politique, et ouvrirait l’ère nouvelle des valeurs nouvelles, des capacités et des talents nouveaux sous le règne de la démocratie populaire. Voilà.

Maintenant voyons ce qu’il se passe actuellement en Ukraine comme étant le sujet qui interpelle notre conscience et qui nous a conduit à ces préludes nécessaires pour une meilleure compréhension des choses en devenir. De notre point de vue, nous pensons que le concept « Opération militaire spéciale » a vécu. Et nous semblons entrer dans une guerre quasiment totale à portée internationale, n’en déplaise au président de la Fédération de Russie, en l’occurrence Monsieur Vladimir Poutine. Nous demeurons convaincu que cette guerre Russe-Ukraine n’aurait jamais dû avoir lieu, si elle n’avait pas été voulue pour les besoins de la cause des Occidentaux. Réunissant entre ses mains des informations pertinentes et des images de radar – système de détection, il suffisait à l’actuel locataire de la Maison-Blanche, en l’occurrence le président Joe Biden, d’ordonner à son secrétaire exécutif d’appeler le président Poutine pour lui. C’est ici le rôle, estimons-nous, d’un chef d’État responsable qui gouverne la plus grande puissance de la planète, c’est-à-dire les États-Unis d’Amérique, « le pays de l’Oncle Sam » dont l’Oncle Joe succède à l’Oncle Trump, lui-même succédait à l’Oncle Obama, lui-même à l’Oncle George. Voici comment nous imagions la conversation téléphonique entre les deux hommes d’État, en vue de rechercher la paix au lieu de l’affrontement.

  • A l’autre bout du combiné, le président Poutine répond et présente ses salutations d’usage.
  • Je détiens en ma possession des informations et des photos qui me montrent que vous avez des troupes qui se déploient apparemment vers la frontière ukrainienne, je puis me tromper, dirait le président Biden.
  • Non, Monsieur, vous ne vous trompez pas, répondrait le président Poutine.
  • Si c’est le cas, que comptez-vous en faire? scruterait le président Biden .
  • Je compte envahir l’Ukraine, je suis à quelques encablures de la frontière et j’y débarquerai d’ici quelques jours, affirmerait le président Poutine.
  • Qu’est-ce qui peut être fait dans l’urgence pour éviter un conflit militaire? demanderait le président Biden.
  • Cela dépend, Monsieur, de ce que vous désirez ; en tout cas, ma décision est prise, répondrait le président Poutine.
  • Pour sûr, je ne veux pas la guerre, je propose de nous rencontrer dans les jours qui viennent, conclurait Biden.
  • J’accepte volontiers, j’attendrai vos émissaires ou votre ambassadeur à Moscou, renchérirait Poutine.

Nous croyons avoir creusé le fond de la chose. Et, par-dessus le marché, nous pensons que l’Europe est soumise à la Pax Americana. Les gouvernements européens héritent de cette soumission depuis le Plan Marshall décidé devant le Congrès étasunien le 20 septembre 1947, par lequel ils ont hypothéqué durablement leur indépendance politique. Dans les relations internationales, les dirigeants européens s’apparentent tankou yon makòn kabrit dèyè mèt yo Lonk Joe. En Europe, les gouvernements nationaux et l’Union européenne sont perçus comme des succursales du département d’État, sis à Washington D.C., Building Harry S. Truman. En définitive, la domination romaine fut d’abord la résultante des forces brutales et de la barbarie de la Rome ancienne. Pour majestueux et somptueux que soit le Colisée ou l’amphithéâtre de Rome, il ne peut jamais remplacer les vies détruites pour la seule cause de l’ambition, de la suprématie, et de paraître également. Telle est notre position sur la guerre russo-ukrainienne, dont les cadavres se dénombrent en dizaines de milliers, sur lesquels la presse capitaliste érige le silence total.

Jean-Marie Beaudouin

Septembre 2024 ; coifopcha@yahoo.fr\