On attend le changement. On espère. On prie et on constate que rien ne bouge. Les autorités parlent, visitent, reçoivent des amis, des faux amis, et ferment les yeux sur la douleur du peuple. Ils avaient tous la solution au problème. Ils se disaient capables de faire mieux. Ils étaient candidats à la présidence. Ils dénonçaient la misère, l’insécurité et la défaillance de l’État. Ils pouvaient sauver le peuple, la nation et l’État. Ils sont tous au pouvoir maintenant. Rien, absolument rien n’a changé. Que se passe-t-il ?
Pouvoir maudit
Le peuple haïtien est béni malgré tout ce que l’on dit et pense. Il y a une force inconnue de tous qui nous empêche de disparaitre comme peuple et nation. Il y a aussi des forces occultes qui s’installent dans les lieux de décision. Une lutte entre le bien et le mal. Le bien, pour ceux qui en doutent, a toujours le dernier mot.
Nos hommes politiques ont toujours exprimé leurs bonnes intentions pour le pays. Comme les coqs qui chantent au réveil et à n’importe quelle heure de la journée, ils disent avoir la solution à la misère du peuple. Une fois au pouvoir, ils sont aveuglés par la corruption, la division, l’impunité et l’absence de savoir-faire. Ils sont tous des spécialistes avant le pouvoir pour devenir ensuite des naïfs et ignorants au pouvoir. Le pouvoir est maudit.
Quelle est la source de notre malédiction ? Pour me répéter, le peuple est béni mais il est confronté aux sacrifices d’enfants, à la magie, à la sorcellerie et à la nécromancie. Plus fort que la magie, comme nos frères haïtiens le disent, il est confronté au complot du pouvoir, au complot des politiciens, de la classe possédante et de la société civile. Il est victime de la corruption, du gaspillage, de l’impunité, et de l’ignorance.
Au pouvoir en Haïti, le spécialiste devient improviste ; l’homme honnête devient complice de la corruption ; le sage devient le fou ; l’intellectuel devient ignorant ; l’ignorant persiste dans son ignorance. Les jours passent et on constate seulement le changement du temps, de l’heure, du prix encore plus exorbitant des produits et services. Au pouvoir en Haïti, le pasteur est perdu, le prêtre est défroqué, l’avocat est pourri et puant, le médecin est malade, l’ingénieur est déséquilibré, et les responsables de la sécurité sont désorientés.
Quel avenir pour le pouvoir ?
Reconstruire la famille à la base est une solution parmi d’autres. Apprendre l’enfant à aimer la patrie et lui enseigner les valeurs morales et civiques sont d’une grande importance. Le patriotisme est un outil pour prévenir le vol, la destruction des biens de l’État et des particuliers. L’amour du prochain est un élément de concorde et d'union. Les écoles doivent former des citoyens et non des intelligents au sens du langage haïtien. Intelligent ne doit plus être synonyme de coquin, malin et menteur. L’intelligent sera celui qui connaitra notre pays et son histoire ; celui qui aimera la terre d’Haïti ; celui qui comprendra qu’être haïtien, c’est être une femme et un homme fiers, honnêtes et responsables. Notre peuple est béni et notre pouvoir sera un jour béni pour le développement d’Haïti.
Jean François Alcindor, MBA
Membre du Barreau de Port-au-Prince