Loin d’être un phénomène national, la corruption est avant tout, un phénomène international. Ainsi, le phénomène de la corruption en Haïti devient, de plus en plus complexe. En effet, tous les secteurs de la société haïtienne doivent, d’une manière ou d’une autre, dénoncer les pratiques de corruption qui affectent et constituent un frein au développement du pays.
Pour lutter contre ce fléau, l’Académie de Formation et de Perfectionnement des Cadres (AFPEC), à travers sa Chaire de Gouvernance, jointe aux institutions publiques œuvrant dans la lutte contre la corruption, ainsi que celles de la société civile et autres.., organise des forums anticorruptions en mobilisant une panoplie de réflexions autour de ce grand fléau mondial qui ronge cette société. D’où, le Forum Anticorruption de l’AFPEC qui constitue un espace d’enseignement, de débats, de propositions, de consultations, de conseils, d’accompagnement institutionnel et d’actions sur la question de la gouvernance et de la lutte anticorruption. Ces forums mensuels, autour de la problématique de corruption visent à conscientiser la population haïtienne dans toute sa globalité, et encore moins, les jeunes universitaires voulant rédiger leur travail de premier cycle sur la thématique de lutte contre la corruption.
De ce fait, entant que phénomène social récurrent, la corruption atteint entre autres, tous les secteurs clefs de la société haïtienne, le secteur universitaire, le secteur éducatif, le secteur religieux et le secteur médiatique, le secteur agricole ainsi que le secteur économique. Pour ce faire, les conséquences de ce phénomène pèsent lourdes et fragilisent la transmutation de ces derniers. Et en constituent, par ricochet, un cancer et un handicap majeur à tout changement et à toute transformation sociale. De ce fait, cette pratique adoptée par les acteurs constitue à endiguer la population haïtienne de manière globale, et surtout les personnes marginalisées dans une pauvreté extrême. Car, ses effets sont d’ordre économique, social et politique.
La communication : son apport à la lutte contre la corruption
Dans une société où le phénomène de corruption s’impose entant que norme, faudrait-il, en dehors des forums anticorruptions ; eu égard, des stratégies de communication pouvant conduire à une véritable lutte contre ce fléau qui gangrène la communauté haïtienne : les affiches publicitaires, les spots radiophoniques, les articles de journaux et les émissions radio-télédiffusées, etc. Ce, dans le but de conscientiser la population haïtienne afin que cette dernière comprenne non seulement les complexités de la corruption ainsi que les conséquences néfastes qu’elle peut avoir sur son avenir mais encore ces stratégies aident pertinemment, la justice, les institutions comme l’Unité de Lutte Contre la Corruption (ULCC), l’Unité Centrale de Renseignements Financiers (UCREF), l’Inspection Générale des Finances (IGF) et la Cour Supérieure des Comptes et du Contentieux Administratif (CSC/CA), à prendre des mesures qui s’imposent, notamment contre les dilapidateurs qui détournent des fonds alloués devant être au service « des laisser pour compte », sont détournés et confisqués par des grands commis de l’État pour se servir eux-mêmes.
Vers une contribution de la presse haïtienne dans la lutte contre la corruption
À cet égard, la corruption ne doit passer sous silence d’aucun secteur de la société haïtienne. Malgré l’existence des institutions régaliennes au sein de la société haïtienne, travaillant dans la lutte visant à combattre la corruption, la presse haïtienne pour sa part, étant que quatrième pouvoir, dans sa véritable mission de vigile, doit aussi s’engager dans une véritable lutte contre ce cancer, dénommé corruption qui détruit la société haïtienne ; ce, à tous les niveaux. Si bien que, dans une société démocratique, la presse doit jouer sa partition, celle de contribuer non seulement à l’avancement de cette société d’une part, et de tisser les liens qui existent entre les différents acteurs d’autre part. Autrement dit, pour informer et conscientiser la communauté haïtienne sur des cas de corruption qui, pouvant avoir des conséquences lourdes sur l’avenir d’Haïti, la presse joue, pour sa part, un rôle fondamentale. Par exemple, plus près de nous en 2018, le dossier du fonds PetroCaribe est un exemple probant. Lorsque d’ailleurs, après moults dénonciations, ce dossier a été à la « Une » dans presque tous les espaces médiatiques ainsi que d’autres sphères du pays en vue d’identifier et dénoncer ceux ayant dilapidés le fonds PetroCaribe. C’est la raison pour laquelle, à cette période récente, la Cour Supérieure des Compte se voyait dans l’obligation de publier, pour les suites légales en février 2019 son premier rapport sur cette question.
En somme, la corruption qui affecte la population haïtienne durant ces dernières années, n’est pas un phénomène nouveau. Ses conséquences constituent en conséquence, un handicap majeur pour l’avancement du pays. Dans le but de combattre ce fléau, de nouvelles stratégies en matière de communication doivent être mises en branle ; en vue d’aider par conséquent, les institutions œuvrant dans la lutte contre la corruption en Haïti. Aussi, le renforcement de la justice s’avère d’une importance capitale pour pallier à ce phénomène qui émerge dans la société et s’impose entant que normes et principes, et du coup qui constitue selon plus d'un un cancer pour Haïti.
À quoi peut-on espérer quand, dans un pays pauvre comme Haïti, la corruption impacte toutes institutions confondues et tous les secteurs du pays ?
Michel GENE