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Agissons maintenant contre la violence faite aux femmes et aux filles en Haïti

Publié le 2022-11-25 | lenouvelliste.com

Les femmes et les filles sont plus que jamais vulnérables à la violence en Haïti, particulièrement en ce temps de crise multidimensionnelle marqué par la violence des gangs armés et une détérioration des conditions sociales et économiques de la population.

En cette première journée des 16 jours d'activisme contre les violences faites aux femmes et aux filles, l'Union Européenne et les Nations Unies disent ASSEZ! Ansanm, an n kwape vyolans!

La violence à l’encontre des femmes et des filles constitue une violation grave de leurs droits humains fondamentaux. Elle porte atteinte non seulement à leur intégrité physique, mais aussi à leur dignité. 

Dans le contexte familial, près d’une femme sur trois en Haïti est victime de violence physique, et parmi les femmes en union qui ont subi des violences sexuelles, le partenaire est l’auteur dans plus de la moitié des cas. Les enfants non plus ne sont pas épargnés par ces violences.

Dans l’espace public, les niveaux de violence à l’égard des femmes sont également alarmants. Depuis plus d’une année, la détérioration de la situation sécuritaire, particulièrement la région métropolitaine de Port-au-Prince et ses environs, a accru l’exposition des femmes et des filles au risque de violence, et notamment la violence sexuelle. Nombreuses sont celles qui sont victimes de viols individuels et collectifs dans les zones sous le contrôle ou l’influence des gangs armés, notamment Martissant, Cité Soleil, Croix-des-Bouquets, Tabarre et Village de Dieu – pour ne citer que ces zones. La violence sexuelle est en général utilisée par les gangs armés comme une arme pour assoir leur contrôle et leur pouvoir sur les communautés.

Les femmes représentent plus de la moitié de la population haïtienne. Investir dans la promotion et la défense de leurs droits humains fondamentaux, ainsi que dans l’amélioration de leur statut social, est nécessaire pour assurer leur contribution au développement du pays. Diverses initiatives mises en œuvre par le gouvernement témoignent d’une volonté politique d’adresser la problématique. Il convient de souligner entre autres l’adoption d’un plan d’action national de lutte contre la violence envers les femmes.

Dans le cadre de cette réponse nationale, l’Etat d’Haiti bénéficie depuis l’année 2020 de l’appui de l’Initiative Spotlight, une initiative mondiale de l’ONU soutenue par l’Union Européenne. Grâce aux ressources mobilisées dans le cadre de ce partenariat, le gouvernement, les Nations Unies et des organisations de la société civile, mettent en œuvre plusieurs actions visant à contribuer à l’éradication de la violence contre les femmes et les filles.

Au cours des trois dernières années, l'Initiative Spotlight en Haïti avec leurs partenaires a permis d’enregistrer des progrès importants dans la mise en place de jalons nécessaires à l’atteinte de l’objectif de l’élimination des violences, particulièrement dans les communautés touchées.

Les communautés bénéficient d’un meilleur accès à l’information et à l’éducation sur la prévention de la violence, grâce au développement des capacités de divers groupes d’acteurs sociaux, y compris les médias, et des actions de sensibilisation sur les droits de la femme, les normes sociales favorables à l’égalité femme-homme et sur les masculinités positives.

Les femmes et les filles victimes de violence ont un accès renforcé à un ensemble de services d’assistance, incluant le soutien psychologique et social, la prise en charge médicale, l’assistance légale, l’hébergement temporaire et la relocalisation, la réintégration scolaire et l’accompagnement socio-économique.

Des organisations féministes et de défense des droits des femmes sont mieux outillées en vue d’accroitre leur contribution à la promotion et la protection des droits des femmes, ainsi qu’à la lutte contre la violence.

Malgré les avancées, nombreux sont les défis qui restent à relever. Les initiatives en cours doivent se poursuivre et se renforcer avec plus d’engagement du gouvernement, les institutions publiques et des partenaires locaux. Elles doivent aussi veiller à trouver des réponses urgentes à la crise des violences sexuelles dans le contexte actuel sans diminuer l’attention au fléau de la violence au foyer. De même, la réponse humanitaire, pour faire face aux besoins immédiats des victimes, doit aller de pair avec le travail continu de réduction de violence et de développement à moyen et long terme pour changer les dynamiques sociales et culturelles enracinées qui perpétuent les violences faites aux femmes et aux filles et renforcer la capacité des institutions publiques de façon durable. Les efforts doivent se concentrer sur le renforcement des actions de prévention de la violence faite aux femmes et aux filles, y compris dans le contexte de la violence armée, sur l’augmentation de la couverture des services d’assistance aux survivantes de violence, ainsi que sur la lutte contre l’impunité des auteurs de violence à l’encontre des femmes

Si ces défis demeurent des priorités pour l’Initiative Spotlight, l’engagement d’autres partenaires aux côtés du gouvernement est nécessaire pour mieux y répondre. En ce 25 novembre, journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes, les Nations Unies et l’Union Européenne se tiennent aux côtés du gouvernement, des organisations de la société civile et de chaque femme et fille en Haïti pour marquer cette journée importante et lancer du même coup la campagne des 16 jours d'activisme pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes et des filles. Le thème retenu au niveau mondial pour la campagne de cette année « Tous UNIS ! L’activisme pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes et des filles » interpelle les acteurs de tous les secteurs (partenaires gouvernementaux, société civile, secteur privé et partenaires au développement) à se mobiliser davantage pour créer les conditions susceptibles d’accélérer les actions devant aboutir à l’éradication de la violence faite aux femmes et aux filles dans le pays d’ici à 2030.

« Nan tèt ansanm nap rive konbat tout kalte vyolans sou fanm ak tifi,

ann pote kole !

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