Plus de 11 000 cas suspects de choléra en Haïti, environ 40% des cas confirmés concernent des enfants

Environ 2 mois après la résurgence du choléra en Haïti, les cas continuent d'augmenter à un rythme qui inquiète les principaux acteurs évoluant dans le secteur de la santé.

Publié le 2022-11-23 | lenouvelliste.com

Environ 2 mois après la résurgence de l'épidémie choléra, l'UNICEF alerte sur le sort des enfants. "Environ 40% des cas confirmés concernent les enfants qui portent le fardeau le plus lourd depuis le début de l'épidémie", alerte l'UNICEF.

11 648 cas de diarrhée aiguë aqueuse ont été recensés au cours de ces deux derniers mois. Parmi les cas suspects qui répondent à la définition du ministère de la santé publique et de la population, environ 10 000 ont été hospitalisés pour un total de 202 décès, un lourd tribu pour les centres hospitaliers en proie à de multiples crises, notamment les troubles sociopolitiques et la pénurie de carburant.

"Depuis plusieurs semaines, Haïti est frappé par une épidémie de choléra. Dans la capitale Port-au-Prince et dans plusieurs autres régions du pays, le nombre de malades du choléra augmente significativement. D'autres organisations doivent se joindre d'urgence à la lutte contre le choléra", lance l'organisation Médecins sans Frontières en guise de cri de détresse.

"Médecins Sans Frontières est actuellement l'un des rares fournisseurs d'aide humanitaire internationale opérant dans le pays. Nos équipes travaillent 24/7 pour prendre en charge le plus grand nombre de patients possible qui sont atteints du choléra, mais une aide beaucoup plus importante est nécessaire. Il faut mobiliser davantage d'organisations et de bailleurs de fonds, mais aussi mettre les ressources essentielles -- telles que la vaccination -- à la disposition des équipes médicales et de la population en Haïti", soutiennent les centres hospitaliers de MSF dans cet appel à l'aide.

Au total, nous avons mis en place 6 unités de traitement du choléra qui, ensemble, peuvent admettre et traiter 389 patients. "Les unités de traitement du choléra que nous avons mises en place en Haïti seront bientôt au maximum de leur capacité", explique Mumuza Muhindo. coordinatrice nationale de MSF en Haïti. "Depuis la fin du mois d'octobre, nous traitons en moyenne 270 patients par jour dans nos centres. Au total, nous avons admis plus de 8 500 patients et enregistré 97 décès depuis le début de l'épidémie ; l'évolution est très inquiétante." 

"Cette épidémie de choléra est symptomatique de la situation humanitaire et sanitaire catastrophique d'Haïti. Le pays traverse depuis des années une crise politique, économique et sécuritaire sans précédent. Port-au-Prince est contrôlé par des gangs violents, les principales routes de liaison avec le reste du pays sont contrôlées par des groupes armés. Port-au-Prince est pleine de déchets qui n'ont pas été ramassés depuis des mois. Des quartiers comme Brooklyn, à Cité Soleil, sont complètement coupés par les ordures. Les canaux et les égouts contaminés débordent, provoquant des inondations massives, qui empêchent également les camions-citernes d'atteindre le quartier", déclare Mumuza Muhindo.

"Outre le traitement des patients et l'accès à l'eau potable et à des installations sanitaires adéquates, soulignent les médecins sans frontières. La vaccination est également extrêmement importante pour lutter contre le choléra. Plusieurs centaines de milliers de doses de vaccin ont été allouées à Haïti par l'ICG, mécanisme international de coordination de la réponse vaccinale. Nos équipes sont prêtes à lancer une campagne de vaccination en soutien aux autorités sanitaires."

Ce cri de désespoir de MSF face à l'augmentation des cas de choléra en Haïti survient après que le gouvernement haïtien et ses partenaires avaient lancé un appel à l'aide à l'attention de la communauté internationale. "Le gouvernement, les Nations Unies et leurs partenaires lancent aujourd’hui un appel de 145,6 millions de dollars pour soutenir le pays dans la réponse d’urgence face à la nouvelle vague de choléra et apporter une aide vitale à 1,4 million de personnes vivant dans les zones les plus affectées", lisait-on dans une note le 15 novembre dernier.



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