Insertion demandée/

Allocution de la Ministre autour de la Journée Internationale pour l’Elimination des violences faites aux Femmes et aux filles (25 Nov. 2022)

Publié le 2022-11-24 | lenouvelliste.com

Mesdames, Messieurs

Haïti à l’instar de la communauté internationale, commémore chaque année la date du 25 novembre qui ramène la Journée Internationale pour l’Elimination des Violences faites aux Femmes et aux Filles. Cette violence se produit au foyer, dans la rue, à l'école, au travail, pendant les conflits, comme en temps de paix. Entre 40 et 50% de femmes subissent des avances sexuelles, des contacts physiques non désirés ou d’autres formes de harcèlement sexuel au travail. La violence à l’égard des femmes et filles est à la fois une manifestation extrême de l’inégalité et de la discrimination fondée sur le genre. Elle est un outil terrible utilisé pour préserver le statut d’infériorité des femmes tant dans le droit que dans les faits.   Aucune femme ou fille n’est totalement à l’abri de cette pandémie mondiale.

Pour sensibiliser les populations sur l’ampleur du phénomène et ses conséquences néfastes sur la vie des femmes et des filles, les féministes, notamment celles de l’Amérique Latine ont choisi en 1981 la date du 25 novembre comme journée de lutte contre la violence, en mémoire des trois sœurs MIRABAL, militantes contre le régime dictatorial de Rafael TRUJILLO qui furent brutalement assassinées en République dominicaine le 25 novembre 1960, sur les ordres du Chef de l’Etat. Toujours dans cette dynamique, le 17 décembre 1999, la résolution 48/104 de l’Assemblée des Nations Unies, a fixé le 25 novembre comme la journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes.

Cette résolution invite notamment les gouvernements, la société civile les organisations internationales, les ONG, les organisations de femmes, les jeunes, le secteur privé, les media, et l’ensemble du système des Nations Unies à joindre leurs forces pour faire face à cette pandémie mondiale de la violence à l’encontre des femmes et des filles.

En dépit des avancées en termes de sensibilisation collective sur l’interdiction de toute forme de violence sexiste contre les femmes, y compris les violences sexuelles, le harcèlement sexuel et le viol, les femmes du monde entier continuent d’être agressées sexuellement, violées, menacées ou touchées de façon inappropriées, au moins une fois dans leur vie, et la plupart de ces cas attirent rarement l’attention du public et les coupables ne sont presque pas traduits en justice. De nombreuses victimes font face à une re-victimisation qui est le résultat d’une culture visant à blâmer la victime, qui a tendance à stigmatiser les victimes et dissuader nombre d’entre elles de dénoncer le crime subi.

La commémoration de la Journée internationale de la violence à l’égard des femmes cette année est placée sous le thème des Nations Unies : « Tous unis ! L’activisme pour l’élimination de la violence à l’égard des Femmes et des Files ». Elle donne lieu au lancement de la campagne annuelle « 16 jours d’activisme contre la violence basée sur le genre à l’égard de femmes et des filles » qui s’échelonne jusqu’au 10 décembre. Cette campagne appelle à une action mondiale pour accroitre la sensibilisation et le soutien à cette question et créer des opportunités de discussions sur les défis et les solutions.

Mesdames et messieurs,

La violence sexiste, y compris toutes les formes de violence sexuelle contre les femmes et les filles est interdite par les instruments internationaux relatifs aux droits de la personne, tels que la Déclaration sur l’élimination de la violence à l’égard des femmes, la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDEF) et les traités régionaux tels que la Convention interaméricaine sur la prévention, la sanction et l’élimination de la violence contre les femmes (Convention de Belem Do Para). La ratification par Haïti des Conventions CEDEF et Belem Do Para démontre son engagement à promouvoir les droits des femmes et des filles, à les protéger de tous les abus dont elles pourraient être victimes, spécialement la violence à leur égard.

Le MCFDF reconnait que pour obtenir un changement durable en matière de prévention, de sanction et d’élimination de la violence à l’égard des femmes, il faudra une action collective, dans laquelle tous ont un rôle à jouer. Tous, hommes et femmes, représentants du gouvernement, de la justice, agents de la force publique, société civile, secteur privé et organisations internationales, doivent y prendre part.  En tant qu’organe central de l’Etat chargé de concevoir, de définir, d’appliquer et de faire appliquer les politiques publiques en matière des droits des femmes. le MCFDF s’est embarqué depuis plusieurs années dans la campagne internationale  du Secrétaire Général des Nations Unies, mettant en exergue les 16 jours d’activisme pour sensibiliser l’opinion et attirer l’attention des acteurs de la vie nationale sur les violences faites aux femmes et aux filles.

Mesdames, Messieurs,

A côté du thème des Nations Unies, le Ministère à la Condition Féminine et aux Droits des Femmes (MCFDF) entend commémorer cette journée autour du thème national « Nan tѐt ansanm nap rive konbat tout kalte vyolans sou fanm ak tifi, ann pote kole ». Le Ministère saisit cette occasion pour condamner avec vigueur, une fois de plus, toutes formes de violences symboliques, physiques, psychologiques et sexuelles dont les femmes et les filles sont victimes dans notre société. Souvan nan sosyete a leu yon fanm viktim vyolans seksyѐl, yo toujou banalize zak la ridikoiize l. akize viktim lan  tankou se li ki pwovoke agresѐ a komѐt zak la, se sa yo rele nan gwo langaj syantifik « la culture du viol » nan lide pou yo aksepte vyòl la tankou yon bagay ki nòmal.

Lite kont vyolans kap fèt sou ak tifi a, pa inikman yon lit pou rekonfòte viktim nan men se pou edike sosyete a pou l konprann vyolans sexsyèl la kòm yon gwo problèm sosyal ak moral nan peyi a. Lite kont vyolans kap fèt sou fanm ak tifi se yon travay ki difisil e ki gen anpil danje ladan l se pou sa nou bezwen anpil sipò ak kolaborasyon poun fè fòmasyon nan lekòl, sansibilizasyon nan medya pounn explike ki sa vyolans ye, sou diferant fòm li prezante e ki dwa victim yo genyen. Tifi yo viktim pwèske chak jou san yo pa konnen si se vyolans yap sibi. Se sak fè paran yo tou dwe sansibilize pou yo ka bay yon bon ekzanp nan kay la.

C’est d’ailleurs pourquoi, Il me revient l’honneur, de féliciter et exprimer ma gratitude aux différents partenaires techniques et financiers qui apportent toujours leur soutien au MCFDF dans la lutte pour l’élimination de la violence faite aux femmes et aux filles, ainsi que la défense de leurs droits. Je dis merci à tous ceux et celles qui œuvrent pour la promotion des droits humains en Haïti. Votre travail démontre votre engagement en faveur de la question de l’égalité des genres et la construction d’une société mieux intégrée sans violence.

Mesdames, Messieurs,  

Permettez que je réaffirme l’engagement de l’Etat dans le processus d’élimination de la violence de genre, et rassurez-vous que des efforts abondants ont été souscrits en faveur de l’amélioration d’un environnement juridique, afin de contribuer à la réduction des inégalités sociales basées sur le genre. Pour ce faire, le MCFDF s’est dévoué dans les séances de formation pour les (magistrats, médecins, professeur-e-s, élèves, policier-e-s etc..) afin qu’ils/elles puissent jouer un rôle majeur dans la lutte contre les violences basées sur le genre. Malgré tout, il nous reste beaucoup de défis à relever en dépit de nos 28 années d’existence, en vue de l’élimination de la violence basée sur le genre. Nous avons tous et toutes la conviction que le pays ne peut progresser si celles qui représentent plus de la moitié de notre société sont marginalisées et subissent la maltraitance. Cependant, nous avons besoin beaucoup plus d’actions pour la construction d’une société plus juste et plus inclusive.

Il convient de saluer les efforts inlassables de toutes celles qui m’ont devancé comme titulaires du Ministère, accompagnées de nos valeureux et valeureuses cadres qui ont mis leurs expertises à la disposition du Ministère en le dotant d’outils importants afin de combattre la violence à l’égard des femmes et des Filles tels que :

La Politique d’Egalite Femmes Hommes ;

le Plan d’Action National Hommes Femmes ; 

les Plans Nationaux de Lutte contre les Violences à l’égard les Femmes ;

Des textes de lois votes par le parlement dont la Paternité, Maternité et Filiation, le Décret du 6 Juillet 2005 contre les violences sexuelles ;

Des rapports pays sur les différentes conventions ratifiées par Haïti.

Mesdames et Messieurs, la journée internationale contre la violence à l’égard des femmes est commémorée cette année dans une situation difficile. En ma qualité de Ministre à la Condition Féminine et aux Droits des Femmes, je ne saurais passer sous silence la violation des droits des femmes et des filles et le viol systématique répété qu’elles subissent de la part des bourreaux sans foi, ni loi. Dans ce contexte particulier ou l’intolérance des uns et des autres ont une influence négative sur l’exercice des droits des femmes, la commémoration ce 25 novembre et le lancement des 16 jours d’activisme tant au niveau central qu’à travers tous les Départements par l’entremise des Coordinations départementales démontrent la volonté du gouvernement de combattre le phénomène de la violence basée sur le genre. Ces 16 jours s’étendront autour des actions de sensibilisation, de formation, de réflexions, de causeries, de débats, des rencontres communautaires etc.., pour une meilleure protection des droits des femmes et des filles.

Je remercie les partenaires techniques et financiers, les Organismes des Nations Unies chargés de faire progresser l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes et de faire face aux conséquences physiques et émotionnelles de la violence basée sur le genre. Je remercie également toutes les personnalités présentes à cette cérémonie, tous ceux et toutes celles qui ont répondu à cette invitation, cela dénote votre implication à la cause qui nous réunit aujourd’hui à savoir, la lutte contre la violence à l’égard des Femmes et des Filles. Je vous rappelle que le combat contre la violence basée sur le genre est loin d’être gagné, il doit être effectué tous les instants et par toutes les instances selon leur champ d’intervention. Les progrès subsistent, mais il nous demande encore beaucoup d’énergie pour des avancées attendues, c’est pourquoi nous ne devons pas baisser les bras.

 Je renouvelle mes remerciements à toute l’équipe du Ministère qui s’est dévouée pour la réussite de cette activité par leur marque de responsabilité. Chère assistance, en vos rangs grades, titres et qualités, votre présence à cette commémoration renouvelle votre engagement à joindre vos forces à celles du MCFDF pour l’élimination de la violence à l’encontre des femmes et des files. Malgré le contexte de crise que connaissons tous et toutes, vous êtes plus que jamais au rendez-vous. Vivre dans une société sans violence de genre est une condition pour l’instauration d’un monde pacifique, prospère et durable. Nous devons en effet, tous et toutes nous lever femmes et Hommes pour dire non à ce phénomène avilissant et déshonorant, qui menace la cohésion de nos familles, de notre nation, et du monde.

Ainsi, je déclare ouverts les 16 jours d’activisme, avec pour démarrage cette activité qui nous a réuni en ce jour.

Je vous remercie !

Auteur


Réagir à cet article