Gonaïves: des milliers de personnes dans les rues contre le pouvoir en place

La ville des Gonaïves a connu une nouvelle journée mouvementée ce mercredi 28 septembre 2022. Plusieurs milliers de personnes sont descendues dans les rues pour continuer d'exiger la démission du Premier ministre Ariel Henry et des membres de son gouvernement. Comme annoncé, l'ancien chef rebelle des mouvements de 2004 contre l'ancien président Jean Bertrand Aristide, Wilfort Ferdinand dit Ti Will, escorté de plusieurs sympathisants, était à la tête de la manifestation. 

Publié le 2022-09-28 | lenouvelliste.com

Plusieurs milliers de personnes ont investi les rues de la ville des Gonaïves ce jeudi 22 septembre 2022 afin de continuer de réclamer la démission du chef du gouvernement Ariel Henry et des membres de son gouvernement. Ayant à leur tête Wilfort Ferdinand dit Ti Will, ancien chef rebelle du quartier de Raboto lors des mouvements de 2004 qui ont renversé le président Jean Bertrand Aristide au pouvoir, les manifestants ont marché pendant des heures dans différentes rues déserte et sombres de la cité de l'indépendance où les barricades enflammées et les tessons de bouteilles sont éparpillés partout en donnant à la cité l'aspect d'une ville assiégé par la guerre.

Bien avant de gagner les rues ce mercredi, Wilfort Ferdinand, avec sa bande ont passé la nuit entière de ce mardi 27 septembre 2022 à réaliser une veillée symbolique où ils chantaient, dansaient autour d'un boucan de feu alors que des détonations se faisaient entendre dans divers quartiers de la ville.

Après la dernière cérémonie de ce mercredi matin, nombreux ont été les gens qui ont foulé le macadam avec des propos injurieux à l'endroit du Premier ministre Ariel Henry et surtout des membres de son gouvernement, particulièrement le ministre des Affaires étrangères Jean Victor Généus qui est devenu la nouvelle cible des protestataires après son discours très contesté devant le Conseil de sécurité des Nations unies.

 " Le ministre n'a pas honte de dire que la situation est sous contrôle en Haïti devant le Conseil de sécurité des Nations unies où des dirigeants présents ont rappelé leurs ressortissants parce qu'ils ne peuvent pas garantir leur sécurité, a lancé un protestataire. Plus d'un an à la tête du pays sans pouvoir résoudre le problème de l'insécurité ni organiser les élections, et pire encore augmenter dans des circonstances aussi difficiles le prix du carburant montre que ce Premier ministre est un démon. Il faut qu'il parte peu importe les conditions", a-t-il ajouté.

Dans sa déclaration, Wilfort Ferdinand dit Ti Will, précise que sa lutte ne vise en aucun cas les autorités policières et judiciaires. Il encourage les gens à manifester pacifiquement. Une idée qui pourrait changer de forme si le Premier ministre persiste à rester au pouvoir. " Notre mouvement est pacifique. Nous encourageons la jeunesse à se mettre debout afin de mener une lutte commune. Si Ariel Henry refuse de partir, le grand Nord sera coupé du reste du pays et nous le ferons militairement en faisant appel à tous les anciens soldats de 2004", a menacé Ti Will. 

De son côté, le responsable du Syndicat des propriétaires et chauffeurs de taxi moto de l'artibonite (SPCTMA), Willio Datus Joachim, se dit satisfait du déroulement des deux journées de grèves annoncées. Il encourage la population à continuer à manifester ce jeudi 29 et le vendredi 30 septembre prochains afin de forcer le Premier ministre à quitter la Primature.

John-Becker Jean
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