Grève de syndicats de transport, les activités une nouvelle fois paralysées à Port-au-prince

Après une semaine de calme apparent, les activités ont été une nouvelle fois paralysées dans la région métropolitaine de Port-au-Prince ce lundi 26 septembre. En dépit du fait que les rues n’ont pas été barricadées, le commerce, le transport en commun étaient au point mort. Les portes des institutions de l’administration publique, des banques, des supermarchés et certaines maisons de transfert sont restées fermées. Très peu de motocyclettes ont été constatées dans les rues. Certains motards interrogés disent observer le mot d’ordre de grève lancé par des syndicats du transport en commun. D’autres ont indiqué qu’ils ne pouvaient plus travailler à cause de l'essence qui se fait rare sur le marché informel.

Publié le 2022-09-26 | lenouvelliste.com

Au niveau de la route de Delmas, de Nazon, de Bourdon, de Lalue de Gérald-Bataille, entre autres, les rues étaient pratiquement vides. Par ailleurs, au niveau de l'intersection la route de Delmas et Delmas 30, des individus ont dressé des barricades de pneus enflammés et lancé des pierres en direction de quelques motards. Quelques centaines de manifestants ont été remarqués en milieu de journée au niveau de Maïs-Gâté. Il n’y a pas eu d’incidents majeurs signalés. 

Pourtant, dans la commune de Carrefour, au sud de Port-au-Prince, plusieurs milliers de personnes sont descendues dans les rues pour protester contre la décision du gouvernement d’augmenter le prix du pétrole à la pompe.

Le journal a observé un renforcement des patrouilles policières dans les rues de la capitale. En plus des points fixes, des agents de l’ordre de différentes unités spécialisées de la Police nationale d'Haïti ont été constatés.

Le syndicaliste Mehu Changeux de l’Association des propriétaires et chauffeurs d’Haiti (APCH) qui a supporté le mot d’ordre de grève lancé par le Front Unifié des Transporteurs et des Travailleurs d’Haïti (FUTRAH) se dit satisfait de cette première journée. « Le mot d’ordre a été respecté à 90 pour cent dans les villes de provinces et à 80 pour cent dans l’Ouest. On ne compte pas s’arrêter en chemin. Nous resterons mobilisés jusqu’à ce que le gouvernement dirigé par Ariel Henry entende la raison. Notre objectif est de forcer le gouvernement à revenir sur sa décision d’ajuster à la hausse les prix des produits pétroliers », a déclaré Mehu Changeux en interview au journal ce lundi après-midi. 

Depuis l’annonce du gouvernement d’ajuster le prix du pétrole, les stations d'essence sont totalement hors service. Le parc industriel de Caracol qui emploie plus de 12 500 personnes ferme ses portes ce dimanche 25 septembre à cause de l’épuisement des réserves carburant de sa centrale électrique, a appris Le Nouvelliste. 

L’Association des professionnels du pétrole (APPE)  a appelé l’Etat à rendre accessible le terminal de Varreux pour que les stocks, en quantité suffisante actuellement, puissent avitailler tous les stations-services avant de pouvoir les rouvrir avec les nouveaux prix, afin d'éviter qu'elles ne soient prises d'assaut et/ou détruites, peut-on lire dans une lettre du président de l’APPE, Randolph Rameau, au ministre de l’Economie et des Finances, Michel Patrick Boisvert, le 22 septembre 2022.

« Les compagnies pétrolières ont importé des carburants et disposent actuellement de stocks suffisants pour ravitailler les stations-services et leurs clients industriels. Cependant le blocage du terminal de Varreux ne permet pas aux camions d'y accéder et de charger les carburants pour les distribuer », selon cette correspondance.

Jean Junior R. CELESTIN celestinjunior30@gmail.com
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