Miragoâne: la manifestation contre la vie chère dispersée par la police

Publié le 2022-08-29 | lenouvelliste.com

Des milliers de personnes étaient à nouveau dans les rues, dans le chef-lieu du département des Nippes, ce lundi 29 août pour continuer à dénoncer la cherté de la vie, la rareté du carburant et l’insécurité. Ayant débuté leur course au carrefour Lacroix, les manifestants qui étaient empêchés de se rendre au centre-ville par la police, ont pris la direction de Chalon, en passant par carrefour Desruisseaux.

La foule qui s’est renforcée à Chalon, a tenté vainement une nouvelle fois de se rendre au centre-ville, à son retour de cette localité de la première section communale. Les policiers qui avaient entrecroisé leurs véhicules à proximité du tribunal de paix de Miragoâne, ont fait usage de gaz lacrymogène pour disperser la foule, alors que les manifestants s’approchaient les mains en l’air. Ce qui a provoqué un vent panique à Desruisseaux où des riverains couraient dans toutes les directions. Contraints de rebrousser chemin, certains protestataires ont pris la direction de Berquin alors que d’autres rentraient chez eux.

« Ces policiers sont payés pour agir ainsi. Comment osent-ils utiliser du gaz lacrymogène contre des affamés qui protestent pacifiquement ? », a tempêté un manifestant.

Touché par le gaz lacrymogène, le professeur Wilfince Mombrun critique, lui aussi, le comportement des policiers. « La police prouve qu’elle est, avec le Premier ministre, le bras alimentant l’insécurité et le kidnapping. Il y a beaucoup de gangs et de corrompus au sein de la Police nationale d'Haïti (PNH), voilà pourquoi les opérations policières ont du mal à réussir », a martelé le psychologue visiblement en colère, insistant sur le fait qu’il s’agissait d’une manifestation pacifique.

Après la dispersion du cortège qui prenait la direction du centre-ville, les agents de la PNH ont intimé l’ordre aux citoyens de rentrer chez eux. « Rantre lakay nou. Sinon n ap pran gaz, gaz ak baton », a lancé un agent de l’Unité départementale de maintien de l'ordre (UDMO), dans un porte-voix, depuis sa patrouille.

Après avoir défait des barricades dressées au carrefour Desruisseaux, les agents des forces de l’ordre se sont rendus à Berquin, localité de la première section communale où des centaines de protestataires s'étaient dirigés en vue de poursuivre la manif. Mais la police a, une nouvelle fois, dispersé la foule à coup de gaz lacrymogène. Environ dix personnes ont été interpellées à Berquin, confirme la police des Nippes, via son porte-parole. Il s’agit de : Vitielo Dupervil, Kendy Jean-Baptiste, Stanley Michel, Kilton Pierre, Kenson Céné, Ronaldson Succès, Ben Kenchily Oresca, Loukenson Tézé et Tegov Journal. Selon Astrel Calixte, ils sont accusés d’avoir lancé des pierres en direction d'une patrouille policière. L’officier de police indique au passage que la police n’a pas été légalement informée de la tenue de la manifestation.

Notons que ce mouvement de protestation fait suite à une trêve de trois jours observée, après le sit-in organisé jeudi dernier, dans le cadre la mobilisation lancée le lundi 22 août par un groupe de jeunes de la commune, pour dénoncer la cherté de la vie, la rareté du carburant et l’insécurité. Pour l’occasion, les activités fonctionnaient au ralenti dans la Cité de Fernand Hibbert. Elles étaient au point mort au principal marché public de la commune. Des institutions qui fonctionnaient ont dû fermer leurs portes plus tôt que d’habitude. Des barricades ont été signalées un peu partout dans la commune, en marge de cette manifestation dispersée par la police.

Yoco Lortéus  ylorteus@gmail.com
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