La vision du Docteur Léon Audain sur l’éducation nationale et l’instruction nationale

Publié le 2022-09-02 | lenouvelliste.com

En Haïti, depuis plusieurs années, nous connaissons une période où l’éducation ne semble plus rimer avec certaines valeurs intellectuelles, civiques et morales et où l’Instruction nationale reproduit la photographie du délabrement de l’État et des débâcles d’une société dans sa chute vertigineuse. Cependant, il est à la fois étonnant et déconcertant de constater qu’il y a environ 115 ans, un citoyen avait déjà clairement exprimé une vision très moderne sur ces deux sujets : l’Éducation Nationale et l’Instruction Nationale. Bien des débandades ne seraient pas survenues et bien des errements auraient été évités si certains des conseils d’un observateur aussi avisé que Léon Audain avaient été suivis. L’homme prenait plaisir à écrire et ses textes passent pour être des documents que le temps ne peut jaunir dans notre pensée et que les années ne sauraient enfouir dans les recoins de nos bibliothèques.  

Dans un livre paru en 1908, « Le mal d’Haïti : ses causes et son traitement », le docteur Audain, qui ne se contentait pas d’être médecin, semble avoir touché la plaie du doigt et proposé bien des solutions en prescrivant son traitement. Ce livre constitue, tout au moins dans les premiers chapitres, un plaidoyer pour une éducation anglophone de l’élève haïtien. Déjà, à son époque, Léon Audain avait vu venir le dynamisme économique du côté des Anglo-saxons et du Japon. Les premiers chapitres reproduisent des conférences prononcées et un ensemble d’articles publiés dans les journaux de l’époque. Le livre traite, entre-autres de différents sujets comme : l’esprit d’initiative, la rapide évolution du Japon, la liberté individuelle, la question de race, les mœurs haïtiennes, l’unité nationale, l’armée et la défense nationale, etc.

« Pourquoi verser dans le passé ? », diraient certains. Comme un chauffeur qui conduit un véhicule ne peut tout naturellement s’empêcher de jeter un regard dans le rétroviseur, on ne peut également ne pas puiser dans l’histoire pour mieux préparer l’avenir. La vision du Dr Audain et la clarté de ses idées valent ce regard rétrospectif. Comme l’a si bien dit Jean-Louis Auguste Commerson, auteur dramatique de la première moitié du 19e siècle : «  Le passé, c'est la lampe qui éclaire l'avenir. » Les difficultés de l’heure nous obligent à effectuer un arrêt sur ces deux thématiques : l’éducation nationale et l’instruction publique selon la vision du Dr Audain. Ce, non sans présenter l’homme derrière l’œuvre.

Léon Audain, le médecin et l’intellectuel engagé…

Selon le « Dictionnaire biographique des personnalités Politiques de la République d’Haïti » de Daniel Supplice, le docteur Léon Audain est né à Port-au-Prince le 17 décembre 1863. Après ses études de médecine à Paris, il retourne en Haïti en 1891 non seulement pour exercer sa profession de médecin, mais aussi pour faire avancer la médecine dans le pays. Très actif dans le monde médical, il gravit tous les échelons jusqu’à être promu directeur de l’École de médecine en 1898, puis directeur de l’École nationale de médecine de Port-au-Prince en 1902. Sans se circonscrire dans le monde de la médecine, il se frotta et fit son immersion dans le monde  boueux et sinueux de la politique en tentant sa chance comme candidat à la députation en 1902. Dans ce livre dont il est question, Léon Audain ne pût se retenir de peindre un tableau pathétique de cette période électorale au cours de laquelle le burlesque et l’absurde personnifiés se concurrencent et caracolent à tour de rôle.

Si le Dr Audain réalise alors qu’il n’est « doué » pour ce genre de compétition, il continue tout au moins de prêter ses services dans la diplomatie haïtienne. Il a servi comme ministre plénipotentiaire à Berlin et à Paris. De retour en Haïti après cette carrière diplomatique, il devient secrétaire d’État de l’Instruction publique sous le gouvernement de Sudre Dartiguenave pendant une brève période de moins de quatre mois, soit de janvier au mois de mai 1916. Il a été déchanté et n’a même pas eu le temps d’introduire sa vision de l’éducation nationale et de l’instruction nationale. Comme il est souvent le cas en Haïti et pour paraphraser l’historien Roger Gaillard, Dr Léon Audain a été mis en déroute par les intrigues de ceux qui tenaient les arcanes du pouvoir. Dans un fascicule de 26 pages publié en 1916 et intitulé «  Choses d’Haïti (Explications et Conseils) », il a expliqué comment, de retour de voyage, il a été éberlué de voir son nom absent du cabinet ministériel tandis que le Président Sudre Dartiguenave ne pouvait lui dire de quoi il en était. Pour protester et exprimer sa réprobation, il n’a pas démissionné de son poste et il n’a pas été révoqué non plus. Léon Audain, selon ses explications, semblait ne pas prêter le flanc aux courtisaneries de palais en tenant un langage franc à Dartiguenave. Audain termine ce texte explicatif en tenant une fois de plus ce franc langage à Dartiguenave : « Méfiez-vous, Excellence, des conseils intéressés qui pourront vous être donnés dans le sens contraire ; aimez ceux qui ont le courage de dire la vérité et immortalisez-vous dans l’amour de ce bon petit peuple d’Haïti par le plus beau et le plus opportun des gestes qu’il y ait à faire. »   

Ces déboires politiques sont loin d’occulter l’œuvre de ce distingué médecin qui a travaillé dans des hôpitaux à Paris et qui a présenté sa thèse de doctorat sur « l’hémostase préventive dans les opérations chirurgicales », Par ses publications dans des journaux de l’époque et par ses travaux de recherche, Léon audain a révolutionné la pratique de la médecine en Haïti. Il a écrit, en outre, plusieurs ouvrages sur des sujets médicaux tels que :  

 .- Technique instrumentale concernant les sciences médicales, revue des méthodes et instruments usités en chirurgie, micrographie, physiologie, hygiène, etc., par G.-E. Mergier,… avec la collaboration de MM. le Dr Mosny, F. de Grandmaison … Paris: O. Doin, 1891.

 .- Des Formes cliniques de la filariose génitale chez l’homme, de leur pathogénie, de leur traitement, par le Dr Léon Audain… Port-au-Prince: Imprimerie de Vve J. Chenet, 1894.

 .- Pathologie intertropicale, doctrines et clinique. Port-au-Prince: Imprimerie J. Verrollot, 1904.

 .- Étude hématologique et clinique: Les hémomicroblastocytes ou microcytes. Port-au-Prince: Imprimerie Verrollot, 1906.

 .-  Fièvres intertropicales; diagnostic hématologique et clinique. Port-au-Prince: Verrollot, 1909.

 .-  L’organisme dans les infections. Aperçus nouveaux d’hématologie et de pyrétologie. Paris: A. Maloine, 1912.

 .-  Les bases rationnelles de la médication leucogène dans les infections médicales et chirurgicales. Paris: Maloine, 1916.

Quoiqu’il s’adonnât à sa carrière de médecin, Dr Léon Audain était un observateur averti du milieu social haïtien et un éducateur né. Ce qui lui a permis de développer sa pensée et de structurer sa vision sur l’Éducation Nationale et l’Instruction Nationale bien avant bien avant d’être membre du Cabinet de Dartiguenave. En tant que Secrétaire d’État de l’Instruction publique, il a remplacé à ce poste Louis Borno, éminent avocat du Barreau de Port-au-Prince et futur président d’Haïti. Son passage au Secrétariat de l’Instruction publique n’a duré que « l’espace d’un cillement. ».   

L’Éducation Nationale et l’Instruction Nationale selon le Dr Léon Audain

Le fait d’établir la différence entre l’Éducation Nationale et l’Instruction Nationale traduit non seulement la finesse intellectuelle de notre médecin en ce début du 20e siècle, mais aussi atteste  de sa maîtrise du sujet. D’entrée de jeu et parlant d’éducation, le Dr Léon Audain adopte la définition de Rousseau : « l’éducation est l’art de former des hommes. » Et sur ce, il a tenu à distinguer l’éducation physique, l’éducation morale et l’éducation intellectuelle. L’éducation physique et morale commune donnée aux enfants dans les lycées ne vaudront jamais l’éducation physique et morale privée. Quant à l’éducation intellectuelle commune, il ne présente pas trop d’inconvénients puisque l’enfant aura toujours la possibilité de se spécialiser à l’avenir. Partant de ce constat, le Dr Audain pose donc la question suivante : Quand commence l’éducation ? Quand finit-elle ? S’il plaide pour laisser l'enfant à sa mère, « il faut, au contraire, dit-il, dès son jeune âge, en lui laissant une certaine liberté adroitement dirigée, créer en lui l’esprit d’initiative et développer autant que faire se pourra l’idée de responsabilité… Il faut que nos enfants apprennent de bonne heure à se tirer d’affaire dans des circonstances puériles de leur existence, afin que, devenus hommes, ils sachent vaincre les difficultés de la vie, lutter et triompher. Pour cela, il faut leur laisser une certaine liberté, comme il faudra donner au peuple haïtien la liberté pour que l’esprit d’initiative devienne à Haïti une qualité populaire… Car en développant chez les Haïtiens cette qualité maîtresse systématiquement et intensément, nous ferons de la bonne éducation, car au vouloir de Rousseau « nous formerons des hommes.»

Sans vouloir se leurrer pour une société égalitaire, le Dr Audain conseille de proscrire « la distribution des prix » pour ne pas développer « la vanité des uns » et « la tendance des autres au découragement puis à cette résignation muette et souvent haineuse.» Toute éducation qui voudra être nationale s’adressera plus particulièrement au redressement de nos instincts nationaux; toute éducation qui voudra être bonne devra avoir pour base ce qu’on nomme le devoir. Dès sa plus tendre enfance, apprenons donc au jeune Haïtien à aimer la vertu, à détester le vice ; à chérir la loyauté, à abhorrer la déloyauté ; à admirer le courage, à mépriser la lâcheté ; à respecter le bien d’autrui, à défendre énergiquement les siens ; apprenons-lui la nécessité du sacrifice pour les siens, pour la patrie et surtout pour l’humanité ; enseignons-lui de bonne heure ce qu’est la dignité humaine en bannissant à jamais de nos écoles les punitions corporelles. »  Par ces lignes, Audain pose déjà en filigrane la base de l’instruction Nationale.

Quant à la thématique de l’Instruction Nationale, le tableau peint par Audain n’est pas luisant, il est sombre. La Constitution du 9 Octobre 1889 prescrit en son article 24 la liberté de l’enseignement, l’obligation de l’enseignement primaire et la gratuité de l’enseignement secondaire. Commentant ces dispositions constitutionnelles quant à la liberté et à la gratuité de l’instruction, le Dr Léon Audain est conscient « que nous sommes loin de cette belle conception de l’Instruction Publique! Cette branche de l’Administration est mal comprise, mal organisée et les prescriptions constitutionnelles sont si peu efficaces que bien peu des habitants, non seulement des campagnes, mais même des villes, ont reçu la plus primaire des instructions. Pour bien enseigner, il faut savoir et savoir enseigner. »

Il n’hésite pas à prendre à défaut les autorités de l’époque. À un ministre qui prétend que le Département de l’Instruction nationale était un bureau de bienfaisance, notre médecin répond de façon ironique et cinglante: «Il le pourra un jour, lorsque l’Instruction nationale sera considérée à sa juste valeur ; lorsque son budget sera avec celui de l’agriculture, le plus gros budget de la République ; lorsque les professeurs seront très largement rétribués ; lorsque des caisses de retraite mettront leurs vieux jours à l’abri de la misère, des vexations, lorsqu’en un mot nous aurons modifié dans le sens désirable les assises de notre budget ». Suivez mon regard.

Parlant des écoles de campagne, notre personnage va encore plus loin en se questionnant sur le niveau de formation et de préparation des Professeurs : « Qu’y sont, même lorsque les écoles inscrites au budget existent réellement, les professeurs de ces écoles? Ce ne sont certes point des jeunes gens instruits des villes que le Département de l’Instruction publique envoie dans ces recoins presque ignorés. Ce sont le plus souvent des malheureux, originaires de ces localités, assez peu instruits pour figurer dans le milieu le moins instruit, ne possédant même pas ce mince vernis extérieur qui craquèle sans cesse sous la poussée profonde de l’ignorance, malheureux qui, poussés par l’appât de la faible rétribution que touche le maître d’école, sollicitent un emploi dont ils ne connaissent ni l’importance ni la gravité qu’ils remplissent aussi mal qu’on devait s’y atteindre. » Ces lignes précédentes ne viennent pas de la plume d’un de nos contemporains de la fin du XXe siècle ou en ce premier quart du XXIe siècle, mais bien de Léon Audain et datent de 1908. Environ 115 ans plus tard, le monde de l’enseignement ne fait que traîner et trimbaler les mêmes casseroles et ressasser les mêmes thèmes de discussions et de revendications. Au final, les enseignants grognent encore sous les toits des écoles et au faîte de la République pour les mêmes problèmes : stabilité de l’emploi, sécurité sociale, formation des maîtres, rémunération des professeurs, mise en valeur du métier d’enseignant. Il a en outre abordé la question des distances à parcourir, l’insouciance et la volonté des gouvernements de garder le peuple dans l’état d’ignorance et l’incapacité de la population à réclamer ce qui lui est dû. On pourrait continuer cette énumération et allonger les litanies de la République. Audain ne se bloque pas a constater les dégâts, il propose.  

Pour remédier à cette catastrophe, Léon Audain prescrit une approche plus rationnelle. Notre médecin articule sa vision de l’instruction publique autour de trois aspects s’accordant et coïncidant avec les différentes étapes à franchir par l’écolier, soit le jeune Haïtien: l’instruction agricole, l’enseignement moderne et réaliste et l’enseignement secondaire et des humanités.

Tout d’abord, pour Léon Audain, l’instruction agricole s’impose tout naturellement. Il part du constat que « la destinée d’Haïti est d’être agricole ». Ce, en énumérant les facteurs naturels et positifs dont le sol est doté et dont l’environnement dispose. Le développement de l’agriculture implique la formation d’une élite agricole. Mais, dit-il, cette élite ne se résoudra jamais à ces grandes entreprises agricoles tant qu’il ne règnera pas une parfaite sécurité, tant que l’état des routes ne lui permettra d’exporter le produit de ses champs, tant qu’elle sera en butte aux tracasseries, à l’arbitraire de certaines autorités dont la cupidité n’a d’égal que l’inconscience de leur devoir. » Ce discours datant de 1908 est encore plus actuel.  

Pour mieux asseoir le fondement agricole du pays, le Dr Audain recommande qu’à coté de chaque centre scolaire primaire soit placés une école d’agriculture où le jeune écolier passerait deux ou trois ans. Les mieux doués passeraient au niveau de l’enseignement secondaire agricole puis dans des lycées agricoles. Ils pourraient être envoyés à l’étranger pour ensuite devenir les responsables de fermes-écoles, lesquelles seraient placées dans les différentes régions du pays. Tout en comprenant que l’État devra consentir des fonds importants pour le démarrage d’une telle réforme et des concessions de terres aux fermes-écoles, il propose également des solutions pour en diminuer les coûts. Cette proposition de Léon Audain nous fait penser aux Écoles Moyennes d’Agriculture quasi inexistantes de nos jours.    

En second lieu, le Dr Audain identifie un problème majeur dans l’enseignement. C’est l’absence d’un échelon intermédiaire entre l’enseignement primaire et l’enseignement secondaire. Il propose l’enseignement moderne ou réaliste d’une durée de deux ou trois ans qui s’orienterait plutôt vers les sciences, la géographie et les langues vivantes. Cet échelon serait sanctionné par « un certificat ou un diplôme d’études modernes ». Ceux ayant obtenu leur certificat choisiraient de continuer vers les sciences appliquées ou vers les humanités, autrement dit vers les professions libérales. Tandis que les autres seraient orientés vers un métier moyen ou dans des écoles professionnelles. Léon Audain ne lésine pas sur le caractère dirigiste de tels choix. Il assume qu’une certaine privation s’impose en ce sens.

Enfin, l’enseignement secondaire et des humanités serait dispensé dans les lycées qui comprendraient deux sections : la section de l’enseignement moderne et la section des humanités. Cette seconde section accueillerait les jeunes optant pour des disciplines comme : le droit, la médecine, le professorat, etc.…

Dans ce triptyque pédagogique, le niveau intermédiaire attire notre attention et nous fait mieux apprécier la cohérence de la vision du docteur-éducateur dans le temps. Parlant d’écoles professionnelles et à l’écriture de ces lignes, nous sommes convaincus que notre docteur-éducateur savait de quoi il parlait. Qui d’entre nous des deux dernières générations ne se rappellent pas de la qualité de la formation et du niveau technique de l’École Elie Dubois, du Centre Pilote, de l’École Professionnelle Sainte-Trinité, de l’École Professionnelle J. B. Damier ? Aujourd’hui, dans les méandres abyssaux du délitement de la société, nous avons parfois tendance à perdre le nord et à oublier ces joyaux de formation.  

À lire ce livre du Dr Léon Audain datant de 1908, il convient de constater que les fonctions régaliennes de l’État n’ont jamais été desservies au profit de la grande majorité. Et l’éducation, depuis l’indépendance à nos jours, est délaissée, nonobstant certaines volontés individuelles perdues dans ce vacarme de mauvaise gouvernance et de l’ingouvernabilité. Vingt ans après la parution du livre de Léon Audain, un éminent intellectuel haïtien doublé d’un homme d’actions, le docteur Jean Price- Mars publia « La vocation de l’élite » : véritable réquisitoire contre cette élite littéraire, disparate et dispersée. Pour le Dr Price-Mars, la vocation de l’élite est d’éduquer le peuple. Ce que les élites n’ont jamais voulu. L’histoire retiendra que le Dr Léon Audain a mis le pied à l’étrier. Coïncidence historique ou revanche de l’histoire, la rue Léon Audain, ce tronçon joignant la rue Capois et le Pont Saint- Géraud de l’avenue Christophe, a accueilli les locaux de l’Institut pédagogique national, puis ceux du ministère de l’Éducation nationale de la Jeunesse et des Sports. Ils ne sont pas légion ceux qui ont laissé leurs empreintes dans l’Administration publique haïtienne. Les années n’ont pas effacé pour autant le travail colossal réalisé par le Dr Léon Audain. En témoigne la création du Prix Léon Audain en 1996 par un autre illustre professionnel, le Dr Ary Bordes. C’est le signe que notre personnage a traversé le temps et a transmis. 

Le Dr Léon Audain nous fait penser à l’éminent ministre de l’Éducation Nationale vers les années 1980, Joseph C. Bernard, qui a marqué le système éducatif haïtien et dont la Réforme de 1979 porte le nom. La similitude entre ces deux hommes ne se limite pas seulement à leur stature d’homme d’État et leur dimension d’intellectuels visionnaires et engagés, mais porte aussi sur la réforme que l’un a voulu initier et sur celle que l’autre a initiée. Les deux hommes ont laissé leurs empreintes dans le système éducatif haïtien. La réforme Bernard mise dans les terres du système éducatif haïtien comporte, dans une certaine mesure, les sèves de la réflexion de Léon Audain. Le Dr n’a pas seulement marqué son temps, mais il a encore préparé les semences de l’Éducation nationale et d’une Instruction publique de qualité. Près de 115 ans après la publication de ce livre, nous nous trouvons encore dans les dédales pour trouver l’éducation convenable au citoyen haïtien. Combien de temps nous faudra t-il pour de vraies politiques publiques en matière d’éducation ?  

Clément Jude CHARLES

Auteur


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