30 ans de fête pour T-Vice à El Rancho

En tandem avec Kaï, le groupe T-Vice a marqué ses 30 ans avec son traditionnel « All white party », le samedi 6 août 2022, à l’hôtel El Rancho. Les deux formations musicales ont servi du bon temps au public jusqu’au petit matin.

Publié le 2022-08-08 | lenouvelliste.com

Les Vice 2K ont cette année troqué le cadre du Royal Decameron contre la cour de l’hôtel El Rancho. « La situation du pays oblige », avait expliqué Roberto Martino, peu de jours avant la fête. Une situation qui, visiblement a aussi impacté le déplacement du public ce samedi soir.

10 heures 30 P.M. Aucune voiture ne fourmille sur l’Avenue Panaméricaine. Ni ces dames perchées sur leurs talons aiguilles obligées d’habitude de continuer le trajet à pied à cause de l’embouteillage. Tout est calme, voire trop calme même, pour une affiche pareille.

Pourtant, à l’intérieur, c’est le contraste parfait. L’atmosphère est à la fête. Le décor est planté, la sonorisation est au top et les fêtards, tout de blanc vêtus, n’attendent que le coup d’envoi pour célébrer ses trois décennies de la bande des Martino. Après tout, 30 ans, ce n’est pas donné à tout groupe dans cette chère « industrie musicale haïtienne » où les formations musicales se forment, se déforment et se dissolvent. 30 années cela se fête. Même dans un pays sur le qui-vive.

Et Kaï l’a compris. Chargé de l’ouverture de la soirée après les propos de bienvenue de Marc Anderson Brégard, le groupe de l’année 2021 n’a pas ménagé le public. Du plaisir, du début à la fin, avec un Richard Cavé tout à fait épatant qui endosse désormais ses responsabilités de lead vocal comme un grand. Depuis quand l’homme aux beaux yeux s’est-il autant métamorphosé devant son groupe ?

Bref ! Il faut croire qu’il était temps que l’ex CaRiMi abandonne son keyboard pour passer en frontman. Parce que le résultat est tout simplement admirable. Durant tout le déroulement de la prestation de Kaï, on a eu droit à un Richard plus qu’à l’aise dans son nouveau statut, qui va jusqu’à valser sur les vagues de la vantardise. Oh oui ! « Groupe de l’année, album compas de l’année… », s’enorgueillit-il.

Après l’avoir vu épuiser sa playlist du jour (« Malade », « Demisyone », « Criminel », « Jije m », « Nou pa moun ankò » et « Koupab »), qui peut bien le lui reprocher. Charité bien ordonnée commence par soi-même.

Après l’intermède assurée avec brio par DJ Uno, les heureux élus se mêlent de la partie. Chorégraphie d’entrée, Roberto s’amène dans son costume deux pièces blanc. Sa motivation déborde. Comme en 1992.

En honneur à ce début chaste, il va plonger dans le répertoire d’antan de T-Vice et commence avec « Sensation ». Avant de revenir à 30 ans plus tard avec « Kite m montre w ». Ce voyage entre le passé et le présent se fera encore et encore, à travers le répertoire des poulains de Jessie AlKhal.

« Kite m viv », « Ma chérie je t’aime » (par Tchoukito), « Se jan w jere l la », « San limit », « Regle zafè w », « Elikoptè », « Tu me touches », « Moving on », « Gason Makomè » contribuent bien dans ce dit cocktail, marqué notamment par le passage sur scène de Roro de Djakout#1 et T-Klod de Kaï, entre l’ancien et le nouveau T-Vice. Le T-Vice version drum machine des 4As et celui qui s’est réinventé complètement pour devenir un groupe avec des musiciens au complet.

C’est aussi ça toute la beauté de ses trois décennies. S’inventer, trébucher, se réinventer. Reynaldo et Co incarnent le parfait exemple.



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