Guerre des accords : Montana ne veut pas de dialogue multilatéral, estime la Primature

Publié le 2022-08-03 | lenouvelliste.com

Après trois rencontres infructueuses, marquées par des divergences profonde sur le mode de gouvernance, la commission du dialogue de l’accord du 11 septembre conclut que Montana ne veut pas de dialogue multilatéral. Dans un communiqué rendu public le lundi premier août 2022, cette commission a révélé que pour l’équipe de Montana le dialogue doit se faire uniquement entre la Primature et Montana, après, s’il est nécessaire, ils rencontreront les autres acteurs. Alors que, à l’inverse, la commission  créée par le Premier ministre Ariel Henry le 25 juin veut que tous les acteurs s'asseyent sur la table pour enclencher ce qu’elle appelle un dialogue multilatéral.

Louis Gérald Gilles, membre de la commission de dialogue de l'accord du 11 septembre, se dit étonné d’apprendre que Montana annonce son retrait des discussions. Le Dr Gilles, qui a dit exprimer des doutes sur leur volonté de dialoguer, dénonce des manœuvres dilatoires de la délégation du Bureau de suivi de l’accord de Montana (BSA). Selon lui, Montana se sert de la question de la gouvernance pour se rétracter.« La commission a informé les membres du BSA qu’elle est prête à discuter de l’architecture du pouvoir exécutif moyennant d’impliquer tous les acteurs. Voulant être le seul protagoniste, Montana ne veut plus être sur la table des discussions politiques  », a expliqué Louis Gérald Gilles, contacté par le journal ce mercredi.

« L’accord de Montana veut le rétablissement des trois pouvoirs de l’État avec un exécutif bicéphale pendant la transition. Il exige qu’il y ait un organe de contrôle qui remplace le Parlement avec comme prérogative de convoquer et de révoquer les ministres. Pour nous, c’est une source d’instabilité », ont précisé des membres de la commission de dialogue de l’accord du 11 septembre dans le communiqué dont une copie a été acheminée à la rédaction du journal.

Face à la posture adoptée par la délégation de l’accord du 30 août, la commission du 11 septembre s’est mise d’accord pour surseoir aux discussions, revoir l’agenda des négociation et de faire une contre-proposition à l’équipe de Montana, ont-ils souligné dans ledit communiqué. Dans un document de négociations politiques envoyé le jeudi 21 juillet 2022 aux membres de l’accord de Montana, l’équipe au pouvoir propose que les négociations se déroulent autour « des mécanismes pour arriver à se mettre d’accord sur un projet national commun pour la période de transition en cours ; définir l’environnement politique de la transition selon une architecture de gouvernance consensuelle ; la question de l’insécurité, la réduction drastique de la violence armée et le démantèlement des gangs armés et de leurs réseaux d’approvisionnement ». Jacques Ted St Dic, membre du Bureau de suivi de l’accord de Montana, a confié au journal, le mardi 26 juillet 2022, que Montana n’entendait pas répondre à la dernière contre-proposition d’agenda de négociations de la délégation de la Primature. 

En conférence de presse le mardi 2 août 2022, au local de l’Académie de formation et de perfectionnement des cadres (AFPEC) à Pacot, Jacques Ted  St Dic a indiqué que Montana en a assez des manœuvres dilatoires de la Primature qui n’a aucune volonté réelle de faire avancer le dialogue pouvant déboucher sur des négociations politiques. Le Bureau de suivi de l’accord (BSA) de Montana annonce avoir pris ses distances par rapport aux négociations politiques avec la Primature

Pour les membres du BSA, l’équipe au pouvoir n’a aucune volonté de résoudre la crise. « L’État constitue une barrière à la résolution de la crise politique. L’État fait obstacle au renouvellement du système politique, condition nécessaire pour réaliser les élections, la création de richesses », a déclaré M. St Dic.

« Fondamentalement le pouvoir ne veut pas que le pays se réconcilie avec lui-même, il ne souhaite non plus que le pays organise la conférence nationale. Les hommes au pouvoir sont hantés par l’idée d’élaborer une constitution, de définir les modalités de la mise en place d’un Conseil électoral. Ils veulent le pouvoir pour pouvoir tout contrôler », a-t-il ajouté.

« J’encourage mes frères et sœurs de l’équipe Montana à retourner sur la table de dialogue. Il est temps de prioriser les intérêts du pays sur ceux des groupes. La commission du dialogue du 11 septembre attend Montana pour poursuivre les discussions… », a déclaré André Michel sur Twitter ce mercredi.

Jean Junior R. CELESTIN  celestinjunior30@gmail.com 
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