Un Manifeste pour Haïti

Publié le 2022-08-01 | lenouvelliste.com

Considérant la situation suicidaire et apparemment irréversible dans laquelle est plongé notre pays, Haïti, je crois profondément qu’il est temps de reconsidérer quelques grands axes autour desquels tourne notre système de gouvernement.

Ces quelques grands axes, à reconsidérer dans un esprit patriotique, incluent:

la conception de la Présidence, un conseil gouvernemental des 9 départements, la question du Parlement et celle de l’Education.

Nous voulons accueillir vos opinions sur ces axes de gouvernement tout en proposant d’autres stratégies qui pourraient mieux aider le pays à redémarrer.

A. La Conception de la “Présidence”: Pourquoi mérite-t-elle d’être changée?

Considérez un pays comme une corporation, ou, du moins, comme une famille: les psychologues sont d’accord sur le fait que la vie de l’enfant bénéficie plus de la contribution de deux parents, plutôt que de l’un ou de l’autre. Dans le cadre d’une corporation, elle est mieux gérée par un board fonctionnel, qui contrôle les opérations du business. Dans le cas d’Haïti, ne vaudrait-il pas ou ne pourrait-on pas faire cette même considération? Si c’est le cas qu’une corporation est mieux gérée par un board, en contrôle des opérations, alors la gestion de ce pays par un seul homme doit être éliminée.

Autres raisons pour cette élimination:

Culturellement, il parait que c’est dans notre ADN de s’assumer le droit absolu de se voir seul à la tête d’une pyramide pour diriger une nation, soit comme un empereur, un président, ou un roi. Dans notre situation, il faut changer cette mentalité. Un comité dirigeant devrait plutôt contrôler les affaires de l’Etat pour une période de 10 ans. Et chaque 10 ans, le peuple devrait se prononcer sur la gestion de l’Etat selon les règles ou les normes administratives établies.

B. Le Conseil gouvernemental des 9 départements

Les 9 départements devraient être opérés par un Conseil gouvernemental et ce Conseil devait être la cellule de base des opérations de tout l’Etat. Vu ainsi comme une noble ambition, de ces départements (l’Artibonite, le Nord, le Sud) opérant dans les provinces prendrait naissance la nouvelle capitale du pays. Les gouverneurs de ces départements formeraient le Conseil gouvernemental (CG).

Pour permettre au pays de devenir fort, chaque département doit être fort. Le Conseil des gouverneurs devrait se réunir chaque année en vue de discuter des problèmes relatifs à leur département, les progrès obtenus ou non, apprendre de l’un ou de l’autre sur la façon de mieux atteindre les objectifs envisagés. L’esprit de compétition entre les départements stimulerait le dévelopement économique du pays.

C. La question de Parlement

Lamentablement, aujourd’hui le Parlement haitien est privé d’hommes et de femmes répondant à la hauteur de l’institution.

Malheureusement, ces “die-hard dinausors” guettent chaque jour une occasion de trouver une affaire qui leur permettrait de remplir leurs poches. Avec un tel niveau de corruption, ils n’écouteront aucune voix de la “diaspora. Ainsi, ils refuseront d’établir dans la constitution des statuts visant à autoriser la double citoyenneté. Nous devons réellement traiter cet état de corruption et d’inaptitude. Cela fait longtemps déjà que la ”diaspora” devrait s’intégrer dans la gestion des affaires du pays. Après tout, Haïti cesserait d’exister sans l’apport financier de la “diaspora”. L’intégration d’une diaspora intelligente travaillerait avec le Parlement en vue pour revisiter et amender les articles de l’actuelle constitution, qui limite la participation de la “Diaspora” dans la “Démocratie haïtienne”.

D. La question de l’éducation

Il y a beaucoup à faire dans ce domaine. Cependant, le composant clé doit tenir compte de notre histoire. Nos enfants, dès l’âge  de 3 ans, devraient être nourris de la noblesse et de la grandeur de notre histoire. Aucune nation ne peut se déveloper sans une totale connaissance de leur histoire. “ En réalité, il n’y a aucune nation sans la connaissance de son histoire . Autrement, c’est comme un arbre mort sans racines.

Aussi, pour des raisons pratiques, on pourrait annexer l’ espagnol au francais, et laisser l’ anglais et le créole haïtien comme les langages dominants.

Dans le cas de l’anglais, c’est un langage facilement transmissible à enseigner et à s’acquérir. Avec l’influence de l’anglais dans le monde, nos étudiants haïtiens pourraient mieux se développer dans le domaine de la science. La science est la base de toute nation en construction. De l’emphase doit être mise sur le développement des livres de science en créole. Mais, tandis que ce développement est en cours, on pourrait utiliser seulement l’anglais comme un moyen pratique d’enseignement.

En résumé, aussi longtemps que la diaspora n’est pas active dans la mise en pratique de cette idéologie, nous ne pourrons atteindre ces objectifs. Nous avons besoin d’une diaspora qui comprend les demandes de la conjoncture actuelle. Et nous devons reconnaitre que personne ne doit se mettre dans une position plus élevée que les conditions de son peuple.

Pour l'instant, considérons a “Haitian Star” in Hollywood qui déciderait de faire un tour aux Etats-Unis ou en Europe pour rencontrer nos Haitiens ou nos Haïtiano-Américains au niveau secondaire ou au niveau universitaire, on pourrait ainsi galvaniser nos jeunes sur des projets de formation de cadres, de médecins, d’ingénieurs civils ou techniques, d’agriculteurs, et d’autres entités voulant supporter le pays par l’entremise de projets de support à court terme pour un minimum de 2 ans. Et par le moyen d’un “lobby” travaillant avec le Parlement, pour créer un cadre politique favorable à la diaspora, nous pourrions changer la présente réalité, la condition tragique d’Haïti. Oui, nous pouvons changer Haïti, la torche de Lumière et de la Liberté, de la Justice, et de l’Equité et enfin parvenir à la Véritable Lumière qui puisse éclairer le “Monde”.

Rony Raphael, diplômé en Communication, avec une concentration en Sciences Politiques et Relations Internationales

Rony Raphael
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