La profonde quête de lumière de la peintre Jessie Vincent

La peintre Jessie Vincent a organisé, samedi 2 juillet 2022, le vernissage de son exposition baptisée « Luminescence » à l’hôtel Karibe Convention Center. Environ une vingtaine de tableaux de l’artiste a été soumis aux regards des amateurs d’art.

Publié le 2022-07-03 | lenouvelliste.com

Quand on s’immerge dans l’œuvre de Jessie Vincent, on en ressort ébloui avec, en plus, un lot de questionnements sur l’art et sur l’existence de l’homme en particulier de l’homme haïtien dans ce monde complexe. L’œuvre de Jessie exploite avec habileté le registre de l’émotion, du plaisir et de la méditation pour plonger le regardeur dans une expérience singulière avec les toiles. Dans cette salle de l’hôtel Karibe Convention Center, le samedi 2 juillet dernier, l’œuvre de Jessie, corps à corps entre l’émoi et l’espoir, est à la fois ce qui nous révèle nos blessures profondes et leur pansement. Cette œuvre révèle aussi un besoin et une quête de lumière, expression des sentiments émanant de l’âme profonde de l’artiste.  

 

L’exposition s’est intitulé « Luminescence ». L’eau, comme source de vie, la femme et, évidemment, la lumière dominent l’œuvre de Jessie Vincent exposée au Karibe. Les toiles présentent des sujets à la recherche ou imprégnés de lumière ou encore aidés par la providence. La présence divine, caractérisée par des interventions salvatrices, traverse l’ensemble de l’œuvre de Jessie qui l’assume. « Je suis croyante. Je crois que Dieu est partout, il est en nous et autour de nous », confie la peintre. 

 

Chacune des toiles exposées traduit une partie de la vie de l’artiste et de son histoire. « Luminescence » nous invite à chercher la part de lumière que nous avons en nous et à la projeter au milieu des sentiers enténébrés de nos vies. Disciple de Fravrange Valcin (Valcin II), éminent peintre haïtien, Jessie n’a pas seulement voulu peindre de beaux tableaux, elle a surtout voulu nous interpeller, nous faire rêver ou simplement nous mettre sur la voie de l’espoir. 

 

L’une de ses toiles qu’elle a titrée « Supplication » présente une femme avec des chaussures en calebasse qui implore le divin au milieu de toutes sortes de remontrances et d’adversités dont elle est objet. Au milieu de cette vague de supplice, l’aide providentielle vient à elle par le truchement d’un ange qui la fait atteindre une autre dimension. Cette figure de la femme qui cherche une porte de sortie dans le spirituel n'est pourtant pas une manière passive de représenter la femme, croit l’artiste. « La prière est très importante. Une personne qui prie n’est pas passive », soutient-elle. 

 

Qu’il vienne de la providence ou de la force intérieure de l’être, l’espoir est de taille dans cette collection de toiles présentée par Jessie Vincent.  Ce sont des toiles, en ces temps de noirceur et de dures épreuves, qui nous disent que demain peut ne pas être pire. C’est un travail d’une grande dimension artistique, a commenté, Nazaire Pierre-Louis, l’un des héritiers du mouvement Saint-Soleil, présent à l’exposition.

 

Née en 1980 à Saint-Michel-de-l’Attalaye, Jessie Vincent a appris le dessin et la peinture avec le célèbre Valcin II. La peinture est entrée dans sa vie très jeune et ne l’a jamais quittée depuis.  Elle est née pour peindre, croit-elle. L’art, pour elle, est source de vie. 

 



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