Les cours de l’Institut français en Haïti transférés à l’Université Quisqueya

Publié le 2022-06-29 | lenouvelliste.com

Après deux mois de négociations, le centre de développement professionnel ProUniq de l’Université Quisqueya et l’Institut français en Haïti (IFH) ont signé une convention de partenariat le lundi 27 juin 2022 pour maintenir une offre de cours de français en présentiel à Port-au-Prince. Avec les mêmes standards, les mêmes enseignants, ce partenariat consiste en une translation de l’expertise pédagogique de l’institut à l’Université Quisqueya.

À compter de la rentrée en septembre 2022, le catalogue des cours de français jusqu’ici proposé par l’Institut français en Haïti (IFH) sera dispensé, en intégralité et en présentiel, par le poole ProUniq sur le campus de l’université Quisqueya à Port-au-Prince. À cause de l’insécurité qui sévit dans l’aire métropolitaine, les cours de l’IFH sont dispensés en ligne depuis le début de l’année 2021. Avec cette convention de partenariat signé au centre des biens culturels de l'Université Quisqueya ce lundi, un public plus large, d’horizons divers, constitué de professionnels, étudiants, personnes désireuses de s’installer dans un pays francophone, entreprises, pourront suivre les cours dans le même standard du cadre européen de référence pour les langues. Une première session intensive sera offerte à la mi-juillet pour le niveau B2.

Jacky Lumarque, recteur de l’université Quisqueya, n’a pas caché sa satisfaction pour la signature de cette convention qui, dit-il, matérialise son rêve de voir l’université dispenser des cours dans le même standard et les mêmes conditions que l’Institut français en Haïti. Le recteur, qui avoue n’être pas toujours satisfait de l’enseignement du français à l’université Quisqueya, reconnait que ce partenariat est un grand défi. « Haïti évolue dans un contexte de diglossie. En acceptant ce défi, je fais le pari d’offrir aux jeunes un meilleur enseignement dans les meilleures conditions d’apprentissage », a indiqué le professeur Lumarque.

« C’est en effet une alliance opportune qui nous permettra de renforcer notre offre à nos étudiants qui apprennent dans une langue qu’ils maitrisent peu et pour les meilleurs à moins de 80 pour cent. Devant un tel constat, l’uniQ et ProuniQ se sont positionnés pour accueillir ce catalogue de cours allant du niveau A1 (utilisateur élémentaire) jusqu’au niveau C2 d’utilisateur indépendant, expérimenté », se réjouit Mme Sybille Colimon, directrice de ProUniq.

Sur les raisons pour lesquelles les cours ont été transférés à une université privée et non pas une université publique, Pascal Hajaali explique qu’un centre de formation, quel qu’il soit, demande de l’organisation, de la rigueur, de la réactivité. « Nous avons cherché l’efficacité, l’efficience. Nous avons pensé l’avoir trouvé à l’université Quisqueya plutôt qu’ailleurs », a déclaré le directeur de l’IFH et conseiller culturel et de coopération de l’ambassade de France en Haïti. À en croire son recteur, l’Institut français en Haïti n’a pas tort de jeter son dévolu sur l’Université Quisqueya. « Nous sommes la seule université laïque en Haïti qui soit vraiment à but non lucratif et qui n’est pas la propriété d’une personne. Nous ne sommes pas une entreprise d’affaires. Nous sommes une fondation de droit privé reconnue d’utilité publique, peut-être la plus publique des universités haïtiennes, avec la seule différence que l’on n’a pas de financement de l’État », a fait savoir Jacky Lumarque.

Depuis janvier 2021 les activités de l’Institut Français en Haïti sont au point mort. Le directeur de l’IFH et conseiller culturel et de coopération de l’ambassade de France en Haïti en a profité pour apporter des clarifications. « Je tiens à affirmer que l’institut n’est pas fermé. Si vous souhaitez poursuivre vos études en France, ou passer votre certification, vous pouvez le faire au sein de l’institut », a expliqué Hajaali, précisant que la France souhaite réduire la présence de ressortissants en Haïti. La France souhaite également limiter la présence de public haïtien, a-t-il dit, comme pour expliquer les raisons d’absence de spectacles en présentiel à l’institut depuis quelque temps.

Jean Junior R. CELESTIN celestinjunior30@gmail.com
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