Miragoâne: manifestation de support au commissaire Muscadin 

Des milliers de personnes ont gagné les rues lundi après-midi dans la cité de Fernand Hibbert pour exprimer leur solidarité avec le commissaire du gouvernement Jean Ernest Muscadin qui est dans le viseur du ministère de la Justice et de la Sécurité publique (MJSP) et d'organismes de défense des droits humains, notamment la Fondation Je Klere (FJKL) suite à l’exécution jugée extrajudiciaire du présumé bandit Elvain Saint-Jacques, alias Zo Pwason après son arrestation le mardi 31 mai dernier à Fond-des-Nègres. 

Publié le 2022-06-07 | lenouvelliste.com

« Si Muscadin ale, n ap mete dife ». «Muscadin p ap fè wonnpòt », « Muscadin se papa nou », scandaient entre autres les manifestants qui lançaient des propos malsains à l’endroit du Premier ministre Ariel Henry sur tout le parcours. 

Partis de la localité de Reynolds, les manifestants, qui étaient munis de branches d’arbres, ont parcouru plusieurs artères du centre-ville avant de prendre la direction de Desruisseaux. Sur tout le parcours, ils réclamaient le maintien en poste de Jean Ernest Muscadin. « Si Muscadin n’était pas là, nous serions tous morts. Il ne dort pas pour veiller sur nous la nuit », a lâché un protestataire. Arrivés devant le commissariat de la commune, les protestataires réclamaient la restitution des armes et badges aux policiers de l’Unité départementale de maintien de l’ordre (UDMO), frappés de mesure conservatoire dans le cadre de l’assassinat de Zo Pwason. 

« Komisè, remèt UDMO yo zam yo », criait la foule composée de simples citoyens, d’autorités locales, d’écoliers et d'étudiants. 

«Depuis la venue de Muscadin, on ne cambriole plus les dépôts au centre-ville. Les petits marchands se lèvent à n’importe quelle heure pour aller vaquer à leurs occupations. On entend moins souvent le bruit des rafales d’armes », a fait remarquer le vice-délégué de l’arrondissement de Miragoâne qui participait à la manifestation. Rappelant avoir eu du mal à se rendre à l’hôpital en raison de barricades, après avoir été blessé par balle le 18 novembre 2018 lors d’une manifestation antigouvernementale à Miragoâne, Daniel Ponyon dit croire que les organismes de défense des droits humains pourraient trouver mieux à faire au lieu de s’attaquer à celui qui, a-t-il souligné, a rétabli la paix à Chalon. Le vice-délégué de Miragoâne exhorte les autorités concernées à « doter le commissaire du gouvernement des moyens nécessaires pour que ce dernier puisse mieux faire son travail ».

Tant attendu lors de cette manifestation organisée en sa faveur,  le commissaire Muscadin à rejoint ses supporters dans les parages du carrefour Desruisseaux, aux environs de 5:30 p.m. « Men papa lavi », scandaient les manifestants débordant de joie alors que le chef du parquet de Miragoâne descendait du véhicule à bord duquel il se trouvait avant de reprendre la direction du centre-ville à la tête de la foule, entouré de ses gardes du corps. 

Interrogé en marge de cette manifestation qui s'est déroulée sans incident majeur, Me Jean Ernest Muscadin, qui a salué l’expression de solidarité de la population à son égard, a dit croire que cela est dû à ses efforts pour maintenir un climat sécuritaire dans la région. « Ils sont satisfaits de mon travail parce que je choisis de ne pas dormir la nuit pour qu’eux puissent dormir en toute quiétude », a rappelé le représentant de la société, indiquant être à la recherche des bandits 24 heures sur 24. «Faites-moi confiance. Tant que je suis commissaire du gouvernement, le département des Nippes restera un cimetière pour les bandits », a réitéré Me Muscadin. En ce qui concerne sa convocation par le ministre de la Justice et de la Sécurité publique, il a confirmé que la convocation a été reportée sine die. Entre-temps, les protestataires envisagent de maintenir la mobilisation pour obtenir le maintien en poste du commissaire du gouvernement de Miragoâne. 

Yoco Lortéus  ylorteus@gmail.com 
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