« Haiti is a nation of artists » de Jacquil Constant sera projeté samedi 21 mai à Cannes 

Le cinéma haïtien sera présent au Festival de Cannes pour la 75e édition ce 21 mai 2022 grâce à « Haiti is a nation of artists », premier documentaire de cinquante minutes du réalisateur américain d’origine haïtienne Jacquil Constant. « Haiti is a nation of artists » sera diffusé dans le cadre du Festival pavillon d’Afrique qui fait son retour sur la côte d’Azur. Jacquil Constant, 46 ans, natif de Brooklyn, New York, vit depuis six ans en Californie, capitale du cinéma mondial. Avant la projection, le réalisateur a accordé une interview au Nouvelliste.

Publié le 2022-05-19 | lenouvelliste.com

Le Nouvelliste : Quels sont vos sentiments à l’approche de la diffusion de votre documentaire à Cannes ?

Jacquil Constant : C'est comme un rêve devenu réalité de pouvoir projeter mon long métrage documentaire Haïti est une nation d'artistes. Le Festival de Cannes est le plus grand festival de cinéma au monde. Il est extraordinaire que ce film soit une sélection officielle pour le Pavillon Afrique, plateforme qui renforce la diaspora africaine par le réseautage et le mentorat.

L.N : Qu’est-ce qui vous a poussé à réaliser ce film documentaire ?

J.C. : J'ai réalisé ce documentaire parce que je voulais changer le récit d'Haïti. Ce documentaire répond aux médias grand public qui ont affiché des images d'Haïtiens après le tremblement de terre dévastateur de janvier 2010. De plus, je veux que ce documentaire soit vu à travers les yeux d'un cinéaste haïtien-américain qu'Haïti a une riche histoire culturelle avec de l'art.

L.N. : Parlez-nous un peu du projet.

J.C. : « Haiti is a nation of artists » (Haïti est une nation d'artistes) est une lettre d'amour à tous les Haïtiens d'Haïti et de la diaspora haïtienne. Je veux que les Haïtiens soient fiers de la riche culture et de l'histoire de leur communauté. Je veux que le monde connaisse la contribution d'Haïti à la production d'art noir grâce à son histoire et à sa culture. Ce projet a changé ma vie en m’exposant aux fantastiques peintres, sculpteurs, conservateurs et galeristes haïtiens.

Vous connaissez le dicton selon lequel l'art imite la vie. Je suis devenu un conservateur d'art haïtien, un galeriste et auteur d'un long métrage documentaire à travers l'histoire en développement sur Haïti est une nation d'artistes.

L.N. : Quel est votre objectif avec un projet pareil ? Quelles sont vos attentes ?

J.C. : Mon objectif est que ce documentaire remporte des prix dans divers festivals de cinéma. Je veux encourager les Haïtiens à faire plus de films qui changent le récit d'Haïti. C'est une bénédiction de continuer à produire des films car c'est une passion en tant que cinéaste et directeur exécutif du Festival international du film d'Haïti. Je veux pouvoir continuer à faire des films sur l'humanité de la culture haïtienne.

Mon prochain film sera un film narratif. Un jour, mon objectif est d'avoir une école de cinéma en Haïti et de donner aux étudiants l'opportunité de devenir cinéastes.

L.N. : Et quels sont vos projets futurs ?

Je prévois de tourner le premier film narratif en Haïti, à New York et en Californie. Je veux continuer à renforcer le cinéma haïtien à travers la réalisation, la conservation et le leadership par le biais de mon organisation à but non lucratif. Je veux avoir un écosystème d'art et de cinéma haïtien robuste pour une industrie durable. J'ai lancé la Haitian Bricolage Gallery pour présenter des artistes haïtiens à Los Angeles et à l'international.

Propos recueillis par Frantz Duval

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