« Scale Up 305 », un nouveau tremplin pour les entrepreneurs de la communauté haïtienne de Miami

La chambre haïtiano-américaine de commerce de la Floride (HACCOF) a procédé, le mercredi 6 avril 2022, à la cérémonie d’inauguration de « Scale Up 305 », un incubateur d'entreprises qui a pour mission d’accompagner les entrepreneurs et les PME au sein de la communauté haïtienne et haïtiano-américaine dans le comté de Miami-Dade. L'honneur de couper le ruban symbolique est revenu, notamment à la présidente de HACCOF, le Dr Lumana Joseph, à la maire de Miami-Dade, Daniella Levine Cava, au commissaire du comté, Jean Monestime et au consul général d'Haïti à Miami, Stéphane Gilles.

Publié le 2022-04-12 | lenouvelliste.com

Le mercredi 6 avril, des jeunes professionnels se sont mêlés à des entrepreneurs chevronnés ainsi qu’à des personnalités influentes de la communauté haïtienne de la Floride pour le lancement de l’incubateur « Scale Up 305 » par la chambre haïtiano-américaine de commerce de la Floride (CHACCOF). Ce projet, financé par le comté de Miami-Dade à hauteur de USD 600 000, est bien sûr un accomplissement de taille pour la chambre qui a été mise sur pied en février 2005. « Quand le Miami-Dade county a fait appel à nous et nous a proposé la somme de 600 000 dollars américains pour lancer ce projet, nous avions tout de suite sauté sur l’occasion. Cela a exigé beaucoup de travail, mais nous l’avions vu comme une opportunité pour faire avancer la communauté haïtienne », affirme le Dr Lumana Joseph, présidente de la HACCOF.

Le financement a été obtenu depuis octobre 2021, mais ce n’est qu’en janvier 2022 que la lettre le confirmant est parvenue à la chambre. Il a fallu alors mettre des bouchées doubles pour soumettre les papiers nécessaires, trouver l’espace et l’aménager. Et, ce 6 avril, la maire de Miami-Dade, Daniella Levine Cava, le commissaire du comté, Jean Monestime et le consul général d'Haïti à Miami Stéphane Gilles, entre autres, étaient aux côtés de la présidente de HACCOF, le Dr Lumana Joseph, pour lancer officiellement « Scale Up 305 ».

Le bâtiment inauguré au 10750 NW Sixth Ct, à Miami, en Floride, est avant tout un espace de travail partagé comportant 28 postes de travail attribués, 4 bureaux standard et une salle de conférence disponible sous conditions. Mais les services de « Scale Up 305 » vont au-delà de ceux d’un simple co-working space. « Avec la pandémie de Covid-19, il y a eu beaucoup d’opportunités pour des entreprises d’obtenir des prêts et des subventions. Nous avions alors réalisé que de nombreuses entreprises de la communauté haïtienne n’ont pas pu bénéficier de ces avantages parce qu’elles n’avaient pas les structures nécessaires et les documents de base pour être qualifiés. Nous avions senti qu’ils avaient besoin d’aide dans ce domaine », explique la CEO de Lumana Physical Therapy & Wellness Center. C’est ainsi qu’a pris chair la volonté de créer une structure pouvant accompagner les entrepreneurs haïtiano-américains et haïtiens dans l’établissement de leurs compagnies.

« Scale Up 305 » offrira une formation qui s’étendra sur 6 semaines et qui sera dispensée à un ensemble de 80 à 100 personnes réparties sur 4 groupes qui suivront la même formation à tour de rôle. Les applications sont ouvertes à des entrepreneurs évoluant dans tous les domaines basés dans le comté de Miami-Dade. Les dossiers reçus seront évalués par un comité et les plus qualifiés seront retenus pour prendre part aux séances. Un formulaire est actuellement disponible en ligne, sur le site de la HACCOF pour tous les intéressés. 35 applications ont d’ailleurs été envoyées avant même le lancement officiel de l’incubateur.

« On a obtenu le financement pour la première année. Mais le but est d’arriver à maintenir l'incubateur bien après cette période », précise Hervé Bony, trésorier de la chambre, qui souhaite voir des compagnies florissantes émerger après ces premières séances de formation avec à leur tête des entrepreneurs satisfaits désireux de partager à la fois leurs connaissances et leur expérience avec de nouveaux membres. « Ce programme vise avant tout les business de la zone », souligne-t-il en faisant référence au comté de Miami Dade, mais le comptable souligne que le fait qu’une chambre haïtiano-américaine a été retenue pour mener le projet indique bien que la communauté haïtienne ne sera pas en reste. « Fort souvent, quand il y a ce genre de programmes à Miami, le pourcentage de compagnies haïtiennes qui sont recrutées, qui y participent et en tirent des bénéfices est peu élevé. Nous souhaitons changer la donne », insiste-t-il.

« Nous avons une vision spécifique qui est d’aider les entrepreneurs de la communauté haïtienne à Miami en général pour ensuite aller vers les entreprises basées en Haïti », a par ailleurs fait savoir celle qui a rejoint la HACCOF en 2017 comme membre du conseil d’administration avant d’en devenir la trésorière, la vice-présidente, puis la présidente depuis avril 2021. Un point sur lequel la rejoint Carl Momplaisir, vice-président de la chambre et ancien directeur général de Digicel Business à Port-au-Prince, qui dit miser sur le dynamisme de cette nouvelle équipe dont certains membres ont, comme lui, vécu en Haïti, ce qui leur a permis de créer des liens particuliers avec leur pays d’origine.

« Nous voulons créer un pont entre la communauté des affaires d’Haïti et celle de la Floride, et permettre à ceux qui émigrent aux États-Unis de mieux s’intégrer en leur offrant l’encadrement nécessaire à toute nouvelle entreprise, les mettre en contact avec la communauté haïtienne déjà sur place », a expliqué l’ancien président du comité de la diaspora de la Chambre de commerce américaine en Haïti (AmCham Haïti). Ainsi, selon lui, l’incubateur et la chambre pourront les diriger vers les aides et formations disponibles pour les nouvelles entreprises, leur apprendre comme enregistrer leur compagnie, payer leurs taxes dans le temps, etc.

« Il y a toujours des migrations haïtiennes qui se font et nous voulons toujours être disponible pour encadrer les investisseurs qui quittent Haïti et viennent s’installer à Miami. Ils n’auront plus à se casser la tête pour intégrer le système américain », renchérit pour sa part Jeff Lozama, lui aussi membre du conseil de HACCOF.



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