Choisir les autres membres du conseil présidentiel, prochaine étape de l’accord de Montana 

Selon Lesly Voltaire, membre du parti politique Fanmi Lavalas, les signataires de l’accord de Montana mettent le cap, pour l’instant, sur le choix des autres membres du conseil présidentiel qui doit diriger la transition dans l’esprit de cet accord. 

Publié le 2022-02-08 | lenouvelliste.com

Le 30 janvier 2022, le Conseil national de transition (CNT), mis en place dans le cadre de l’accord de Montana, a organisé des élections à l'issue desquelles Fritz Alphonse Jean et Steven Irvenson Benoit ont été respectivement élus président et Premier ministre pour diriger la transition. Néanmoins, en vertu du rapprochement du Protocole d’entente nationale et de l’accord de Montana (PEN-Montana), la période de la transition devrait être dirigée par un conseil présidentiel de 5 membres, dont le président élu de l’accord de Montana. 

« La prochaine étape consiste à choisir les autres membres du conseil présidentiel », a fait savoir Lesly Voltaire de Fanmi Lavalas, membre du comité de suivi de l’accord de Montana. « Il y a PEN qui doit désigner son représentant; le gouvernement d’Ariel Henry qui enverra son représentant. Entre PEN et nous (selon l’accord de Montana, ndlr), nous devons choisir les deux membres restants », ajoute le professeur Lesly Voltaire, qui précise que les deux autres membres seront issus des secteurs patronal, de l’université, de l’Église catholique, selon des critères pré-établis. 

« Nous sommes en négociation avec ces secteurs », avance Voltaire, qui assure que certains d'entre eux leur ont même fait des promesses. Le consensus Montana-Pen devenu effectif, viendra le moment de l’appliquer. Pour ce faire, Lesly Voltaire pense que le Premier ministre Ariel Henry doit faire le dépassement et accepter de s'asseoir avec les représentants de la société civile et des partis politiques. « Lui qui prône un large consensus en Haïti, qu’il fasse le premier pas », affirme Voltaire, un des trois représentants de près de 72 partis du forum politique de l’accord de Montana. 

Lesly Voltaire dézingue le Premier ministre qui, selon lui, n’arrive même pas à respecter les termes de l’accord du 11 septembre. « Nous lui avons écrit, mais il ne nous a pas répondu. Il montre qu’il veut s’isoler. Quand il s’isole, il ne fait que renforcer la société civile », estime le dirigeant politique.  

« Le pays est en train de s’effondrer entre ses mains. Il n’est pas président, il ne peut pas nommer les juges ni appeler le peuple dans ses commices », ajoute Voltaire, qui pense qu’il y a un problème à résoudre en se référant notamment au 17 février prochain qui ramène la fin du mandat des juges. Lesly Voltaire critique par ailleurs le comportement du PM qui, estime-t-il, se comporte comme un « apre Dye » #2, dans la mesure où il concentre entre ses mains l’ensemble de tous les pouvoirs de l’État ». 

« Nous entrons dans une transition où nous devrions donner un exemple, un simulacre de démocratie avec les trois pouvoirs. Mais lui, il tient entre ses mains les trois pouvoirs », dénonce-t-il. Pour Lesly Voltaire, le 7 février 2022 marque un tournant. « Aujourd’hui, nous sommes face à une situation où il n’y a aucun dirigeant légal, légitime et constitutionnel. Il n'y aura plus de juges à partir du 17 février. « Nous sommes face à un effondrement de l’État où tout le monde devrait s’unir pour trouver une issue », croit le professeur Voltaire. « Nous voulons un consensus national. Nous demandons au Premier ministre de facto de rejoindre notre accord avec ses alliés », déclare Lesly Voltaire. 



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