12 janvier 2010, 12 ans après, on s’en souvient !

Comme il est coutume depuis le tremblement de terre du 12 janvier 2010, une cérémonie en hommage aux victimes de ce séisme dévastateur ayant frappé Haïti a eu lieu ce mercredi 12 janvier 2022 au local de l’université Quisqueya, à Turgeau.

Publié le 2022-01-12 | lenouvelliste.com

Il est 15 heures. La cour de l’UNIQ est pratiquement déserte. Un ou deux étudiants. Pas plus. Une symphonie jouée par l’orchestre Amuzart brise le silence planant sur les lieux et rappelle que 12 ans de cela, un 12 janvier, le pays a connu l’une des catastrophes naturelles les plus meurtrières de son histoire. Que bon nombre de nos compatriotes ont péri sous le poids des décombres, à la suite d’un tremblement de terre de magnitude 7.3. Sur ce même site, des étudiants et des professeurs n’y ont pas échappé, non plus.

Dans la salle du CCC (Centre de conservation des biens culturels), étudiants, professeurs, dirigeants de l’université sont déjà sur place et attendent le coup d’envoi de cette seconde partie de la cérémonie. L’orchestre enchaîne les morceaux sans que les circonstances ne perdent rien de leur essence. Sans que les souvenirs amers de ceux et celles ayant connu ou perdu un proche de ce cataclysme ne soient estompés.

« Ce qu’on a vécu et qui est toujours difficile à raconter, c’est notre impuissance, notre incapacité devant cette douleur immense où des gens gardent quand même l’espoir qu’on va les sortir de là. J’ai vu un frère Salésien tenir bon pendant cinq jours, coincé entre deux dalles de béton, avec beaucoup de sérénité. Il ne s’est jamais plaint. Il chantait et priait », raconte le recteur de l’université Quisqueya, Jacky Lumarque, dans ses propos de circonstance tenus après la célébration eucharistique et le dépôt de la gerbe de fleurs au Mausolée.

Dans son discours, M. Lumarque a aussi rappelé qu’il était de notre devoir de penser aux victimes du 12 janvier 2010. Les victimes, ceux et celles qui, pour une raison ou une autre, se sont retrouvés au mauvais endroit au mauvais moment. « Cet espace, en quelque sorte, c’est aussi le leur. Ce sont eux qui ont contribué à le façonner, à le rendre tel que vous le voyez aujourd’hui. C’est pourquoi rendre hommage à ces gens est pour nous, comme nous le faisons chaque année, plus qu’un devoir que nous devons entretenir de génération en génération », explique-t-il, quelques minutes avant de tirer sa révérence sur des notes dignes d’un patriote invétéré.

« Ce discours qu’on entend sur nous ; du pays le plus pauvre, du pays le plus instable… ce n’est pas nous. J’aime dire que malgré tout ce que nous voyons aujourd’hui, qui n’a pas de quoi rendre fier l’observateur que nous sommes... Ce pays que nous voyons là en construction sous nos yeux par le biais de tous ces malfaisants d’ici et d’ailleurs, ce n’est pas Haïti. Voilà pourquoi nos jeunes, je vous interpelle souvent pour cette prise de conscience ; que vous êtes dans une société difficile, dans un pays difficile, mais dont le destin ne peut pas se réduire à ce que vous voyez aujourd’hui. Haïti est plus que ça. Il est plus que ce que vous voyez. Donc, vous avez un rendez-vous avec l’histoire », conclut-il.

Entretemps, ceux et celles qui ont connu cette date fatidique essayent coûte que coûte de se reconstruire. De rebondir. Mais sans jamais oublier ces 35 secondes les plus longues et difficiles de toute une vie.



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