Sécurité : « Si l’on donne du matériel pour la police, il faut être sûr que ce matériel soit orienté vers la police et reste au sein de la police »

Publié le 2022-01-05 | lenouvelliste.com

Le sénateur des Français établis hors de France, Damien Regnard, quitte Haïti ce jeudi 6 janvier après un séjour de trois jours à Port-au-Prince. Le parlementaire s’est entretenu avec des membres de la communauté française en Haïti ainsi que le Premier ministre Ariel Henry avec qui il a abordé « les différents défis auxquels doit faire face Haïti : justice, sécurité, enjeux politiques, élections... »

« La priorité reste la sécurité. Le Premier ministre a été très clair là-dessus. La sécurité reste une priorité pour le Premier ministre, la France également. C’est un sujet que j’ai eu l’occasion d’aborder avant de venir ici », a confié Damien Regnard mercredi au Nouvelliste.

Concernant l’appui de la France pour aider à résoudre le problème, le sénateur français a beaucoup insisté sur la « traçabilité ». « Il faut du matériel. Le matériel est comme la formation. Il peut venir s’il y a une traçabilité. Si l’on donne du matériel pour la police, il faut être sûr que ce matériel soit orienté vers la police et reste au sein de la police », a indiqué Damien Regnard, qui plaide pour « une police en nombre qui soit fiable, crédible, aussi bien vis-à-vis du gouvernement que de la population. Une police non corrompue. Il faut qu’elle soit équipée bien évidemment pour faire face à des gangs qui sont surarmés avec du matériel très performant qui semble arriver directement des Etats-Unis de façon régulière ».

Le parlementaire français insiste : « Je me déplace beaucoup, quand on fournit de l'aide à certaines armées dans le cadre des conflits… on veut être sûr que les gilets pare-balles vont être donnés aux soldats et ne vont pas rester dans des entrepôts ou être détournés ou revendus. Je crois que le problème de traçabilité est primordial. La France est prête à aider, les autres partenaires aussi (Canada, USA, Mexique...). Mais il faut qu’il y ait en face une possibilité de traçabilité et de certitude que cette aide va sur du long terme et non pas sur une opération d’image et de communication qui serait voué à l’échec après quelques semaines ou quelques mois. »

« Je crois qu’il y a une volonté de faire quelque chose, au niveau européen également, mais on veut être sûr que cette démarche soit comprise et acceptée, et puisse déboucher sur des perspectives politiques. Et ça, c’est de la responsabilité d’Haïti, continue le parlementaire. Il revient à Haïti de dire si vous nous donnez ça, on va vous donner une traçabilité, un compte-rendu… on ne peut pas demander en permanence ou attendre une aide internationale si de l’autre côté, on n’est pas sûr que cette aide soit destinée directement aux populations… », a ajouté plus loin Damien Regnard. Il a estimé que le Premier ministre Ariel Henry avait fait montre d’une « grande transparence » pendant les échanges qu’ils ont eus. « Mais, encore une fois, il faut qu’il y ait des demandes exprimées, concrètes », conseille M. Regnard.

Qu’en est-il des élections ?

Damien Regnard a confié avoir abordé la question des élections avec le Premier ministre Ariel Henry. « J’ai demandé s’il y avait un calendrier électoral, il m’a dit que le processus de consultation pour travailler sur la Constitution, sur un CEP était en cours, qu’il était trop tôt aujourd’hui pour parler de calendrier. Il ne souhaitait pas annoncer des dates officielles. Mais je pense que le Premier ministre dans son explication, de sa vision de l’avenir, c’est d’essayer un peu de reconstruire cette confiance, cette base sur laquelle on peut recréer un processus électoral. L’absence de perspective, de calendrier électoral…, de pouvoir se projeter,  rend toutefois toute aide ou toute discussion un peu bancale », a indiqué le parlementaire, qui constate « une population en attente de tranquillité, de paix… »



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