Réflexions autour de « Les Présidents du président » de Hugues Boisrond

Publié le 2022-01-14 | lenouvelliste.com

Paru en septembre 2020, sous la plume de mon ancien étudiant à la Faculté d’ethnologie, département de psychologie, le livre éclaire la lanterne de plus d’un, comme l’a voulu l’auteur, tout en permettant, suite à une lecture assidue, de découvrir nombre de phases cachées lors des élections et même avant chez nous.

Le texte, dans son ensemble, met à nu tout un cortège de coups et de contre-coups auxquels doit faire face tout éventuel citoyen désireux de se porter candidat à la présidentielle de la première république noire du monde, où, se précisent de plus en plus et chaque jour, les éléments confortant dans sa position et à l’échelle morbide le « complexe de l’indépendance » pour paraphraser ainsi le Dr. Legrand Bijoux.

L’auteur a su trouver les concepts qu’il faut pour traduire dans un schéma convenable, ce que les potentiels candidats appellent par euphémisme programmes/ projets, sans jamais arriver à en faire la démonstration aux électeurs, peu importe le moment du scrutin et jusqu’à la consécration finale, c’est-à-dire aux portes du Palais national.

Autant dire et il est clair de se le rappeler : Quel est le candidat au pays, depuis les élections post 7 février, que, par impropreté de termes, on dénomme « démocratiques », mais qui au fond, dénoncent l’absence totale de politiciens de pur sang chez nous, tout en y reconnaissant que, les gens se sont laissé berner par le diable en soutane, car, aucun candidat n’a eu de programmes jusqu’à celui qui a été assassiné dans sa résidence, en juillet dernier.

De l’avis de certains historiens maîtrisant la question politique, sous un angle qui s’apprécie et se mesure à l’aune du savoir et de la compétence, ont taxé de nuls tous les gouvernements qui se sont succédé après le 7 février, exception faite, pour celui du professeur Manigat.

A l’heure qu’il est, la lecture du livre de Edmond Paul « Les causes de nos malheurs » est vivement recommandée et est aussi d’actualité.

La politique chez nous, selon Hugues Boisrond, est comme une action inachevée ou encore, une pièce de théâtre, où, la fin de la scène ne peut être annoncée, tant les acteurs sont hors-jeu et sans substance.

L’auteur dans sa quête éperdue de neutralité, a largement conduit sur des  pistes, où, les différents titres comme : la construction d’une candidature présidentiable, l’art de déplacer les pions sur l’échiquier politique, trahison ou coup politique, le pouvoir est là, où, on ne le soupçonne pas, l’incontournable Oncle Sam, règner à tout prix, qu’importe que ça soit sur les ruines, le pouvoir de booster les résultats….sont tout à fait éloquents dans l’histoire des élections présidentielles au pays, où, les candidats à grands coups de billets de mille gourdes, sont capables de faire renverser la vapeur à leur avantage, tout en semant la discorde dans les rangs de l’adversaire direct, quand ce n’est pas le cas de tentatives d’empoisonnement, de chantages, d’arrestations injustifiées et d’attaques ou de fouilles au bureau ou à la résidence du candidat à la recherche de ce qui n’existe pas.

Il est facile de comprendre que les vrais problèmes du pays sont posés ailleurs et que les solutions ne sont nullement fondées ou élaborées à la dimension des points constatés, tant que perdure chez les politiciens le réflexe des non-vérités qui tient la route du début à la fin, en passant par les divers moments de la campagne électorale.

Une bien triste vérité que tout le monde connaît et face à laquelle, l’on demeure impuissant.

Le livre se ferme sur les tribulations d’une jeune compatriote trainant une longue histoire d’interruption de grossesse volontaire, après de multiples déconvenues amoureuses qu’elle a dû supporter malgré elle, sans avoir connu le mode de vie escompté dans un milieu où, le strict minimum tient sa place sur la liste des difficultés insolubles.

Le livre, somme toute, retrace avec minutie et précaution le long parcours des candidats jusqu’aux portes du Palais, sans mettre de côté, le niveau d’inhibition contrôlable chez l’auteur, tel que je le connaissais à la Faculté.

Intéressant à lire.

Robert Moïse
Auteur


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