Libéré par la Jamaïque, un suspect clé dans l’assassinat du président Moïse arrêté et formellement accusé par les Américains   

Publié le 2022-01-04 | lenouvelliste.com

Mario Antonio Palacios Palacios, alias « Floro », ex-militaire colombien de 43 ans, un des suspects clés dans l’assassinat du président Jovenel Moïse, détenu à la Jamaïque où il s'était rendu illégalement, arrêté lundi à son arrivée à Panama par des agents du département de la Sécurité intérieure des Etats-Unis, est formellement accusé ce mardi par un juge fédéral américain de conspiration pour tuer le président haïtien Jovenel Moïse. Mario Antonio Palacios Palacios, conduit devant un juge fédéral ce mardi, a été  formellement accusé. Une plainte pénale, rédigée par le FBI, accuse Palacios de conspiration en vue de commettre un meurtre ou un enlèvement en dehors des États-Unis et de fournir un soutien matériel entraînant la mort, sachant que ce soutien serait utilisé pour mener à bien un complot visant à tuer le président haïtien Jovenel Moïse.

La plainte pénale avait été déposée sous scellés devant un tribunal fédéral le 24 novembre 2021. Les scellés ont été levés ce mardi. Le procureur adjoint Walter Norkin a accusé Palacios d'avoir commis un "crime grave" et a déclaré qu'il risquait potentiellement la prison à vie s'il était condamné.Il a fait valoir que M. Mario Antonio Palacios devrait être placé en détention avant le procès, mais cette question sera abordée plus tard au tribunal. En attendant, en raison de la pandémie de COVID-19, Palacios restera en isolement au centre de détention fédéral de Miami pendant au moins deux semaines. Les charges contre Palacios sont liées à l'assassinat de Jovenel Moïse dans sa résidence à Port-au-Prince. Selon la plainte pénale du FBI, un groupe d'une vingtaine de Colombiens et un autre groupe de personnes ayant la double nationalité haïtienne et américaine basées à Haïti ont participé au complot visant à enlever ou à tuer le président haïtien. Un co-conspirateur, possédant la double nationalité haïtienne et américaine, s'est rendu aux États-Unis le 28 juin 2021 afin de fournir à d'autres personnes une demande écrite d'assistance pour faire avancer le complot visant le président haïtien, indique ladite plainte. "Comme l'indique la plainte, alors que le complot visait initialement l'enlèvement du président dans le cadre d'une prétendue opération d'arrestation, il a finalement abouti à un complot visant à tuer le président haïtien", selon un communiqué de presse publié par le ministère de la Justice des USA après la comparution de Palacios devant le tribunal fédéral de Miami. 

La plainte allègue que Palacios et d'autres "sont entrés dans la résidence du président en Haïti avec l'intention et le but de tuer le président Moïse, et en fait le président a été tué". Palacios a échappé à l'arrestation et s'est rendu à la Jamaïque, où il a été détenu pour infraction à la législation sur l'immigration jusqu'à son expulsion vers la Colombie, via le Panama, lundi soir. Palacios, selon les enquêteurs de la Police nationale d’Haïti, était l'un des Colombiens qui auraient pénétré dans la chambre du président Moïse, l'a torturé et l'a abattu de plusieurs balles. Sa femme, Martine Moïse , a été gravement blessée. Si plus d’une quarantaine de personnes suspectes, dont 18 Colombiens, sont écrouées dans le cadre de ce dossier, l’instruction se poursuit. Le juge d'instruction n’a pas encore rendu son ordonnance. Haïti a initialement arrêté 44 suspects dans le cadre de cet assassinat. L'un d'entre eux est décédé de maladies liées au Covid-19, et quatre autres ont récemment été libérés par le juge d'instruction chargé de l'enquête. Aucune de ces personnes n'a cependant été inculpée. Entre-temps, le juge Gary Orélien, en charge de l’instruction de l’assassinat du président Jovenel Moïse, a, selon la presse, mis en liberté provisoire quatre policiers écroués, en l'occurence Eddy Amazan, Jacques Sincère, Cicéron Cedernier, Wilner Cangé. 

Roberson Alphonse Avec Miami Herald 

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