Le Sénat lance un appel à l’union en vue d’un vrai projet national

A l’occasion du 218e anniversaire de l’indépendance d’Haïti, le 1er janvier 2022, le président du tiers du Sénat, Joseph Lambert, a invité la population haïtienne à conjuguer ses efforts pour la concrétisation d’un vrai projet national.

Publié le 2022-01-03 | lenouvelliste.com

Si 2021 a été une année très difficile, marquée notamment par l’aggravation des conditions matérielles d’existence de la grande majorité de la population haïtienne et un climat sécuritaire dégradant, Lambert nourrit de très grands espoirs pour l’année 2022.  « Nous pouvons faire mieux et nous devons faire mieux. Notre pays a soif d’un débat national, un débat qui doit nous permettre de parler vrai, de parler franc, (…) parler de la réalité, celle qu’on doit transformer, celle qu’on doit rendre meilleure pour le bonheur à construire », a déclaré le numéro un du Sénat de la République, dans un message de vœux adressé à la nation pour l’année 2022. Il appelle à prendre des décisions, car, croit-il, « le peuple haïtien doit commencer l’expérience de la vie institutionnelle ».

« Pendant environ quatre ans, les troubles sociopolitiques ont saccagé notre société qui, depuis le deuxième lundi de janvier 2020, s'est écartée de l'ordre démocratique ». Le vide constitutionnel a empêché de doter le pays d'un gouvernement légal « pour suppléer à cette absence inattendue », a déploré le président du Sénat, soulignant combien Haïti fait face à un défi  immense. « Il y a une leçon à retenir. Nous avons le devoir de construire notre pays et cet effort viendra de notre capacité à envisager de nouvelles manières de faire pour vivre ensemble, car il nous est impossible de vouloir continuer à faire les mêmes choses, à répéter les mêmes erreurs qui aboutiront certainement aux mêmes résultats », a-t-il affirmé.

Dans son allocution pour ce nouvel an, le parlementaire a dit nourrir l'espoir que le peuple parviendra à construire le vivre-ensemble et un avenir commun. Il souhaite le retour d’un climat sécuritaire propice à la tenue d'élections crédibles pour renouveler le personnel politique. Par ailleurs, deux accords continuent de soulever de vives discussions dans la société, dans le milieu politique. Le bureau de suivi de l’accord du 30 août a installé, le 12 décembre 2021, un Conseil national de transition (CNT) dont l’objectif est de mettre en place un exécutif bicéphale composé d’un président et d’un Premier ministre, une façon de rompre avec le régime actuel au pouvoir.
Pour rappel le Premier ministre Ariel Henry a initié l’accord du 11 septembre « pour une gouvernance apaisée et efficace », auquel ont adhéré, entre autres, plusieurs partis politiques de l’opposition. Ces derniers ont intégré un nouveau gouvernement mis en place le 24 novembre dernier, en dehors d’un consensus national.

Contre vents et marées, Ariel Henry met le cap sur l’organisation, cette année, d'élections dans le pays, annonçant la formation d’un nouveau Conseil électoral provisoire. Divers secteurs estiment que la réalisation d’élections est impossible dans le contexte actuel caractérisé par l’insécurité généralisée.



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