Le projet GERE supporte des institutions publiques haïtiennes dans la lutte contre la corruption

Publié le 2021-12-27 | lenouvelliste.com

Le Projet d'appui à la gestion efficace des ressources de l’État (GERÉ), financé par l’USAID, supporte les institutions publiques haïtiennes impliquées dans la lutte contre la corruption. Le  Ministère de l'Intérieur et des Collectivités territoriales (MICT), la Cour supérieure des Comptes et du Contentieux administratif (CSCCA), la La Commission nationale des Marchés publics (CNMP), le Ministère de l'Economie et des Finances (MEF) et l'Office de management des ressources humaines (OMRH) ont bénéficié l’appui du projet au cours de la période 2020-2021 en vue du renforcement de leur capacité dans le domaine du contrôle interne.

L’appui donné à chaque institution varie selon son champ de compétence ou son domaine d’intervention. Selon les constats des responsables du projet, la Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif (CSC/CA) a entamé il y a plusieurs années quelques réformes et améliorations, principalement basées sur les recommandations du diagnostic institutionnel réalisé par le PNUD en août 2005. « C'est dans ce souci  continu d'amélioration de ses performances et de la qualité de ses audits que le projet GERE a apporté un appui technique au CSC/CA pour accroître sa capacité à remplir son mandat constitutionnel et son rôle dans la prévention de la corruption », précise un rapport sur les avancées du projet.

En ce qui concerne la Commission nationale des marchés publics (CNMP), une nouvelle unité d’audit interne a été créée grâce à l’appui du projet GERE. La nouvelle unité d'audit interne aide la CNMP à achever le cycle de contrôle des marchés publics qui a été identifié comme un domaine à haut risque de corruption, considérant l'étude de cas PetroCaribe. Les responsables du projet estiment que le processus d'audit doit aider à améliorer la transparence et réduire la corruption en augmentant le respect des contrôles et réglementations internes.

Au cours de la même période, le projet GERE a acquis l'ensemble du matériel et des fournitures de bureau pour aménager les locaux de la cellule d'audit et finalisé le contrat initial des 5 auditeurs. GERE a  aidé la CNMP à identifier, embaucher et former le personnel technique et à fournir des équipements pour aider la cellule à fonctionner. Il a été convenu que GERE paiera les frais mensuels des commissaires aux comptes pendant 8 mois.

Dans le cas de l'Office de management et des ressources humaines (OMRH), selon le rapport, suite à cet appui du projet GERE, il a identifié la gestion du patrimoine de l'Etat comme un domaine nécessitant une amélioration majeure. Du fait de leur mauvaise utilisation, ces actifs immobilisés n'atteignent généralement pas la durée de vie fixée pour les biens de leurs catégories respectives. Ils sont souvent utilisés à des fins autres que les besoins d'utilité publique. « En conséquence, la nécessité d'une gestion rationnelle des biens de l'État a été prise en compte dans le cadre du Programme de modernisation de l'État 2018-2023 (PME-2023), favorisant une administration axée sur les résultats », se félicitent les responsables du projet dans le rapport.

D’un autre côté, le projet GERE a soutenu l'OMRH dans la production et le lancement du « Manuel de Gestion des Ressources Matérielles de l’Etat » avec les principales institutions publiques afin d'améliorer la documentation, d'accroître la responsabilisation et d'améliorer le système d'inventaire des actifs du gouvernement.

Toujours dans le cadre de l’appui aux institutions publiques impliquées dans la lutte contre la corruption, le projet GERE a appuyé  le consortium Papyrus/Groupe Croissance pour accompagner le ministère de l’Economie et des Finances (MEF) dans le processus participatif d'élaboration du budget de l'Etat pour l’année fiscale 2020-2021. Le MEF a collecté les opinions des citoyens à travers 10 groupes de discussion sur les processus budgétaire, en particulier le PREPOC. Les groupes de discussion ont été organisés avec des représentants du secteur privé ainsi que des groupes de femmes, de l'université, du secteur agricole, du secteur privé, des femmes ex-ministres et secrétaires d'État, des personnes à mobilité réduite et du secteur de la construction.

«Bien qu'ils aient apprécié les efforts du MEF, les participants reflétaient un sentiment d'insatisfaction à l'égard de l'approche du gouvernement, qu'ils considéraient comme non participative. Les secteurs ont exprimé leur volonté de participer au processus mais ont estimé que le MEF devrait adopter une approche technique de la préparation du budget basée sur les besoins réels de la population et sur des politiques publiques bien définies », rapporte le document.

À travers le projet GERE, le consortium Papyrus/Groupe Croissance a utilisé les recommandations de ces discussions pour éclairer l'approche future du MEF en matière de planification budgétaire afin de permettre la transparence dans les transactions gouvernementales et la prise en compte des besoins de tous les secteurs pour une approche de développement inclusif et une meilleure gouvernance.

Les institutions partenaires, selon les responsables du projet GERE, commencent déjà à témoigner leur satisfaction. « Selon notre méthodologie, elles identifient les besoins et priorisent les alternatives les plus viables, capitalisant sur la connaissance de leur institution et de leur milieu de travail », font-ils remarquer. Le changement dans le domaine de la gouvernance c’est un processus, mais les tendances sont déjà très prometteuses.



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