Bedjine et K-Dilak au Festi-Noël : Petite sensation

Publié le 2021-12-22 | lenouvelliste.com

Alors oui, je l'ai vue sur scène, la sensation du moment : Bedjine et K-Dilak, le couple qui met le HMI en émoi. Et mes attentes n’ont pas été comblées.

On est mardi soir. Dans les conditions normales de température et de pression, je serais profondément endormie à minuit. Mais on est en décembre. Le nouvel an est à seulement 11 jours et j'ai fait fi de mes peurs ; j’ai laissé faiblir ma détermination quand certaines de mes connaissances m'ont proposé cette sortie.

Il est donc mardi 21 décembre, un peu après minuit, et je suis exceptionnellement dans les rues. Ce soir, au Palais municipal de Delmas, se tient un festival. Le Festi Noël, qui est à sa toute première édition. Il n'y a pas eu des festivals à la pelle cette année au pays et le public a très vite assimilé ce fait. On a bien sûr vu plus grande affluence au Palais municipal qui au fil des années a accueilli bien de grands événements, mais avec le climat sécuritaire, on pourrait presque être étonné d’avoir vu autant de monde réuni dans cette zone qui n'a pas la meilleure réputation qui soit. Oh, mes salutations à cet ami qui m'a lancé, mine de rien, un « aaan nan zòn sa a ou prale ? Mais je ne veux surtout pas t'effrayer », alors que je m’apprêtais à sortir.

Alors oui, revenons à ce cher duo... En fait est-ce vraiment un couple ? Ils ne l'ont à date pas confirmé. Du moins pas à ma connaissance. Mais certains ont laissé libre cours à leur imagination et ça a bien servi à leur popularité. Ce soir, au Palais municipal de Delmas, les lumières du stage se sont allumées sur K-Dilak. Il s'est introduit avec « Pa gad ale m » et en a profité pour tester certains de ses premiers succès. Puis, Bedjine, robe transparente noire, a fait son entrée sur « Engra ». L’interprétation ne dure que quelques secondes. Dommage.

Elle enchaîne avec « Koupe m sa ». Tandis que lui fait office de supporteur de premier rang sur le podium, la dame fait son show. Mais... « pa gen tan, pa gen tan », lâche brusquement K-Dilak, invitant leur accompagnateur à changer le son. On passe donc à « Kita nago ». Puis... ce même « pa gen tan, pa gen tan »... Et là, la sonorisation arrête de coopérer. Avec un tel « mache prese », j'aurais moi aussi fait de même. Mais les artistes ne lâchent pas prise. Ils poursuivent avec « Koupab ». K-Dilak, né Joubiteneese Dessalines, se fait Richard Cavé, sans le charisme, sans l'expérience, sans le charme et bien sûr sans ces yeux qui font accepter tout...  Bedjine donne tout pourtant. Un peu trop même. Mais l’ensemble n’est pas des plus réussis. Le public, bon enfant, chante malgré tout.

Quand « Pouki n te marye ? » est entamé, je ne pense pas être la seule à m'être demandé « mais pour combien de temps ? ». Puis s'en est suivi « Pwomèt », la seule interprétation qui est véritablement exécutée par le duo. « Se lè w gen hit ou ka fè sa », lâche Bedjine. C'est peut-être vrai. Mais c'est aussi la formule parfaite pour laisser les fans repartir sur leur faim, perplexes, frustrés... Aussi, qu’en est-il de la présence sur scène ? De la connexion qu’on pourrait attendre de ce fameux « couple » ? Il faudra plus que ces petits tours de rein timides de Bedjine devant un K-Dilak qui la regarde avec l'air d'un conquérant, pour me convaincre.

Arriver à faire avec les 20-30 minutes accordées à chaque groupe et artiste dans nos festivals qui commencent tard et se transforment rapidement en course contre la montre n’est pas chose aisée. Avoir des hits à la pelle ne suffit pas toujours pour « byen pase ». Il faut surtout arriver à trouver la bonne formule pour secouer le public et réussir son passage éclair sur scène. D'autres « gwo djaz » confirmés, menés par des musiciens chevronnés (suivez mon regard…) n'ont toujours pas su trouver cette fameuse formule. Maintenant que les invitations, les gigs pleuvent, Bedjine et K-Dilak devraient repenser leur stratégie-festival. Moi, je refuse de rester sur cette première et plutôt mauvaise impression. Je dois à tout prix les revoir sur scène, dans une soirée où ils auront effectivement le temps de faire le show, et ce, avant la fin de l’année !



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