Claude Joseph accuse le Premier ministre Ariel Henry de faire obstacle à l’enquête sur l’assassinat de Jovenel Moïse

Pour Claude Joseph, il n’y a aucune volonté politique pour l’aboutissement de l’enquête relative à l’assassinat du président Jovenel Moïse. Au contraire, l’ancien Premier ministre par intérim qui se revendique jovenéliste, accuse Ariel Henry de faire obstruction à la justice dans ce dossier.

Publié le 2021-12-15 | lenouvelliste.com

L’ancien Premier ministre par intérim Claude Joseph s’est présenté, mardi 14 décembre, au cabinet d’instruction pour répondre aux questions du juge instructeur Garry Orélien, dans le cadre de l’enquête sur l’assassinat du président Moïse. Une audition reportée compte tenu des conditions qui n’ont pas été réunies. Toutefois l’ancien chef de la Primature par intérim croit normal qu’il ait reçu l’invitation du juge et se dit disposé à répondre à ses questions autant de fois que nécessaire.

Intervenant sur Magik 9, le mercredi 15 décembre 2021, Claude Joseph a indiqué avoir constaté que le juge qui instruit le dossier de l’assassinat de Jovenel Moïse n’est pas encadré. Ce qu’il considère comme un indicateur de l’absence de volonté politique pour faire avancer cette affaire. Le Premier ministre Ariel Henry affiche un comportement suspect dans le cadre de ce dossier, a avancé Joseph.

« Tous ceux qui ont été proches du président Jovenel Moïse et qui luttaient pour faire avancer l’enquête, le Premier ministre [Ariel Henry, Ndlr] les a écartés », a soutenu Claude Joseph, qui répondait aux questions de Roberson Alphonse à la matinale de Magik 9. M. Joseph a avancé par ailleurs plusieurs éléments qui justifient le comportement suspect, selon lui, d’Ariel Henry.

« Vous avez révoqué un ministre de la Justice. Vous avez remercié un commissaire du gouvernement. Vous m’avez révoqué, moi qui étais la seule personne du gouvernement qui luttait pour que le président puisse trouver justice », a-t-il énuméré. En outre, a soutenu Claude Joseph, le Premier ministre Ariel Henry avait déjoué sa demande adressée aux Nations unies pour aider le pays à bien mener cette enquête en demandant à Helen M. Lalime, cheffe du Bureau intégré des Nations unies en Haïti de ne pas accorder suivi à cette demande.

Pour Claude Joseph, il n’y a aucun doute que le Premier ministre Ariel Henry fasse obstruction à la justice. Selon ses dires, le juge d’instruction est dans une situation extrêmement difficile.

Concernant l’enquête du New York Times, Claude Joseph, qui dit recevoir des menaces sans pour autant citer d’où elles proviennent, défend feu Jovenel Moïse mais se garde de rejeter les conclusions de l’article. Il présente le président Moïse comme quelqu’un qui rêvait d’une autre Haïti et qui travaillait au milieu de nombreuses contraintes. Il a soutenu par exemple que le Premier ministre Ariel Henry a été le choix de Michel Martelly.

« Je ne veux pas que l’article nous fasse oublier les autres aspects. Le crime est transversal. C’est un crime qui traverse plusieurs familles politiques. Nous devrions regarder le combat que menait le président contre des oligarques corrompus », a signalé Joseph, qui croit que les faits rapportés dans l’article du New York Times constituent des indices sur lesquels le juge d’instruction devrait travailler. « Je sais que le président Moïse menait un combat avec acharnement contre les oligarques corrompus du pays, je sais qu’il n’aurait pas épargné des gens qui étaient censés être à ses côtés et qui étaient impliqués dans des affaires louches », a-t-il ajouté.

Claude Joseph dit nourrir de grands doutes sur l’enquête par rapport, a-t-il ajouté, au niveau du crime qui a été commis et le non-encadrement du juge d’instruction. L’ancien PM par intérim, qui s'est dit être frustré par rapport au déroulement de l’enquête, a laissé entendre qu’il a été exclu du gouvernement à cause de la question de justice pour Jovenel Moïse qui représente, selon lui, un irritant qui a toujours causé la grogne à chaque fois qu’il l’avait soulevée à la Primature.



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