Explosion d’un camion-citerne

Cap-Haïtien : plus de 60 morts, le gouvernement annonce trois journées de deuil national

Publié le 2021-12-14 | lenouvelliste.com

Le Premier ministre Ariel Henry a annoncé trois journées de deuil national « sur toute l'étendue du territoire, à la mémoire des victimes » de l'explosion d'un camion-citerne au Cap-Haïtien, qui a fait plus de 60 morts et plusieurs dizaines de blessés dans la nuit du lundi 14 au mardi 15 décembre.

« J’ai appris, avec désolation et émoi, la triste nouvelle de l’explosion, hier soir, au Cap-Haïtien, d’un camion-citerne qui transportait de l'essence et qui a causé, selon un bilan partiel, une quarantaine de morts, des dizaines de blessés, ainsi que d’importants dégâts matériels », a écrit le Premier ministre Ariel Henry sur son compte Twitter.

« Au nom de mon gouvernement et celui de toute la population haïtienne, y compris la diaspora, je présente mes condoléances émues aux parents des victimes, ainsi qu’à toutes celles et à tous ceux qui sont directement ou indirectement affectés par ce drame », a ajouté le Premier ministre.

La Primature a annoncé que « des hôpitaux de campagne seront rapidement déployés au Cap-Haïtien pour fournir les soins nécessaires aux victimes de cette terrible explosion ».

Le bilan de l’explosion du camion-citerne ne cesse de s'alourdir. Selon le maire adjoint du Cap-Haïtien, Patrick Almonor, au moins 62 morts ont été enregistrés, environ 20 maisons incendiées. Ce nouveau bilan est toutefois partiel, car les personnes qui sont calcinées à l'intérieur de leurs maisons ne sont pas prises en compte, a précisé M. Almonor.

Tôt dans la matinée, les blessés se comptaient par dizaine au principal centre hospitalier de la deuxième ville du pays, après l’explosion d’un camion-citerne transportant du carburant dans la zone de Samarie, entrée est de la ville du Cap-Haïtien.
La plupart des blessés sont hospitalisés dans la cour de l’hôpital, faute d’espace. Sur place, le Dr Calhil Turenne a lancé des alertes.

« On a besoin de gaz, de sérums, d'intracats… On est débordé », a déploré le médecin.

Des alertes relayées par la présidente de la commission municipale de la ville, Yvrose Pierre, qui établit le contact avec les médias et les journalistes mobilisés en la circonstance.

« L’hôpital Justinien est à bout de souffle. Il nous faut un kout men pressant pour sauver les rescapés ».

Le constat n’est pas différent à l’hôpital de la Convention Baptiste d’Haïti (HCBH) au carrefour La Mort (rebaptisé carrefour La Vie par les riverains).

L’explosion a eu lieu aux environs de minuit, a rapporté le délégué départemental Pierrot Augustin, qui a déploré l’incident. « C’est bien dommage, la ville n’était pas préparée à ce genre de tragédie », s'est plaint le représentant de l’exécutif dans le Nord, qui n’était pas en mesure de dresser un bilan de l’incendie.

Également sur place, Patrick Almonor, un membre de la commission communale du Cap-Haïtien, a rapporté que des riverains cherchaient à prendre du carburant après l'accident du camion-citerne qui avait tenté d'éviter une motocyclette.

« Les riverains ont afflué vers le camion lorsque l’explosion s’est produite », a fait savoir Patrick Almonor.

Dans les environs du lieu de l'incendie, 40 corps calcinés gisaient au sol, parmi eux plusieurs femmes et enfants. « On est loin d'avoir un bilan à pareille heure car il doit y avoir des morts à l’intérieur des maisons incendiées », a rapporté un sapeur-pompier.

« On a connu l’enfer », ont rapporté des riverains 

« J’étais en plein sommeil, aux environs de minuit trente, lorsqu’on m’a réveillé pour m’alerter de l’incendie», a raconté Calixte, un riverain de Nan Bannann, un quartier limitrophe de celui où le drame a eu lieu. Selon ce chauffeur de tap-tap, le camion a d’abord chaviré et plusieurs passants en ont profité pour remplir des récipients lorsque l’explosion a eu lieu.

Pieds nus, Darline a raconté avoir eu le temps de se servir  de la cargaison. « Je venais tout juste de me déplacer après avoir rempli un récipient lorsque le camion a explosé », a rapporté la dame, encore sous le choc de l’explosion. Les sapeurs-pompiers se sont succédé pour tenter de circonscrire l’incendie. Pendant plus de trois heures d’horloge, les flammes étaient visibles dans presque tous les recoins de la ville.

Gérard Maxineau
Auteur


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