Report (C12) / COMMERCE INTERNATIONAL

Report de la conférence ministérielle (CM12) de l’Organisation mondiale du commerce.

Publié le 2021-11-30 | lenouvelliste.com

Ce n’est que partie remise pour l’organisation mondiale du commerce (OMC). En effet sans coup férir, la douzième (12eme) conférence   commerce qui devait se tenir cette semaine, du 30 novembre au 3 décembre 2021 dans la cité de Calvin, en Suisse, a été reportée pour cause de variant Omicron sur le continent européen. Il importe de rappeler que c’est pour la deuxième fois en deux années que ce sommet n’arrive pas à avoir lieu, du fait que le monde traverse un grave problème sanitaire qui n’a pas cessé de paralyser, parfois par intermittence, la vie collective et surtout à ralentir les échanges commerciaux mondiaux. Cette réunion allait recevoir plusieurs milliers de personnalités politiques, d’observateurs, et de journalistes.

La nouvelle du report de la ministérielle de l’Organisation mondiale du commerce a été rendue publique officiellement par Anabel Gonzalez, directrice adjointe de l’institution, déclarant que :« la santé, l’équité et l’inclusive ont présidé à la décision. C’était la bonne décision.»Décision que tous les membres ont approuvée. Était-elle par consensus? Instantanément, comme les réseaux sociaux, c’est la fermeture des frontières en Europe par les responsables politiques en temps pour éviter sa propagation. La question de la pandémie allait être débattue par les membres de l’institution et drôle de coïncidence c’est un variant qui a contrarié le sommet.

Pour la réalisation de ce rendez-vous de haut niveau du commerce mondial, la directrice Ngozi Okonjo-Iweala s’était donnée beaucoup pour sa réussite. Mais, tout s’est basculé en quelques heures avec le variant Omecron découvert en Afrique du Sud, et identifié dans quelques pays d’Europe.  L’organisation mondiale de la santé (OMS) a vite réagi en déclarant que ce variant est considéré comme « inquiétant », « préoccupant ».Cent fois sur le métier, madame la directrice, redoublez d'effort. A l’impossible, nul n’est tenu.

Il ne fallait pas croire que tout allait se dérouler à Genève, comme sur des roulettes. En veux-tu, en voilà! Il s’agissait de négociations commerciales, donc des intérêts de puissances en présence.

En prélude à la manifestation reportée, le ministre délégué au commerce des États unisFranck Riester, mercredi dernier, s’exprimant sur la question des subventions,a déclaré, dans la capitale politique américaine : « Je pense que l’élan n’est pas vraiment au même niveau pour la pêche » et a ajouté : « qu’il faut plus de temps aux membres de l’organisation pour travailler sur cette problématique ». Le ministre n’a pas ménagé ses propos à l’égard d’un probable report de la conclusion de l’accord sur la pêche et de parler plutôt de la nécessité d’une réforme de l’OMC, martelant: « il fallait que les pays puissent plancher sur les raisons pour lesquelles ce système n’est pas efficace et quel serait le « bon moyen d’aider ce secteur important pour tous les pays ». Le ministre délégué voit pour le moment en la réglementation de ce secteur une «problématique sensible ». Ne peut-on pas déceler déjà un refus patent de l’administration américaine sur la question de la suppression des subventions à la pêche? Pour lui, il faut plus de temps pour  aborder cette problématique.

Les subventions sont antérieures à la création de l’OMC donc aux accords de ladite organisation. Il faut se rappeler, il y a l’institution et les accords. Les pays avaient pris l’engagement d’éliminer certaines. On dit souvent que les promesses n’engagent que ceux qui y croient. Kwè nan sawwè. Après plus de deux (2) décennies de fonctionnement de l’OMC, les subventions demeurent et font encore débat. Certains pays les considèrent comme des droits acquis. Ils ne veulent pas renoncer à cette pratique qui cause des distorsions aux échanges. Les économies les plus organisées sont passées maitres.

Il était prévu au cours de cette rencontre des ministres du commerce que les États Unis étaient prêts à relancer l’organe de règlement des différends (ORD) de l’OMC paralysé depuis une année. En ce sens, la représentante américaine du commerce Katherine Tai avait déclaré quelques jours avant la ministérielle reportée ce qui suit : « nous pensons que nous pouvons réussir à réformer si nous créons une OMC plus flexible, si nous changeons la façon dont nous abordons les problèmes collectivement, et si nous restaurons la fonction de délibération de l’organisation ». A bien regarder, la première manche de la réforme pour les États-Unis concerne la flexibilité de l’institution. Il faut comprendre que le concept de consensus ne fait plus recette aux yeux des Américains. Ils ne jurent que par l’élimination d’un des socles du système commercial multilatéral (SCM) de l’OMC, donc des négociations commerciales à Genève : le consensus. Pour certains experts, le consensus est vraiment un obstacle lors des prises de décision à l’organisation avec un nombre croissant de membres. Mais comment ça va se  faire, cette réforme tant souhaitée par certains membres? Sera-t-elle au bénéfice de tous?

Madame Tai a reconnu que l’organe de règlement des différends (ORD) a pour objectif de « faciliter des solutions» consensuelles. Cependant, plus loin elle a ajouté qu’« il est révélateur qu’au fil des temps le règlement des différends soit devenu synonyme de litige » et « les litiges n’en finissent pas et sont couteux » Si l’hyperpuissance américaine voit les choses sous cet angle que dire les petites économies qui n’ont pas les moyens de payer les cabinets spécialisés de Genève?

En tout état de cause, le coronavirus (covid19) et son variant Omicron viennent de jouer, une deuxième fois de suite, en deux ans, à l’organisation mondiale du commerce un mauvais tour en la forçant à reporter son sommet mondial du commerce de 2021. Ils s’érigent en perturbateurs d’évènements mondiaux.Les ministres ont compris qu’ils ne peuvent pas se battre avec un ennemi sans visage ni livrer une bataille s’ils ne sont pas sûr de l’emporter. La sagesse recommande qu’on fasse passer le temps. C’est cette posture qu’ils ont adopté à la fin de la semaine dernière, à Genève,en laissant passer l’orage et le temps de l’incertitude sanitaire.

Smith Nicolas, kreyol5@ yahoo.fr
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