Journée internationale contre les violences faites aux femmes : Conversations Essenti’Elles lance sa campagne

Entre spectacles artistiques, causeries, concours de plaidoirie… la plateforme « Conversation Essenti’elles », en partenariat avec d’autres institutions, a lancé ce 25 novembre, dans un hôtel de la place, la campagne des « 16 jours d’activisme contre les violences faites aux femmes et aux filles ». Cette initiative, à travers laquelle un ensemble d’activités est prévu allant de la date sus-citée jusqu’au 10 décembre prochain, vise à sensibiliser la population à cette problématique récurrente au sein de la société haïtienne.

Publié le 2021-11-26 | lenouvelliste.com

Pour marquer la Journée internationale de lutte pour l’élimination de la violence faite aux femmes et aux filles, célébrée chaque 25 novembre, des associations et organisations féministes s’activent. « Conversation Essenti’elles », une plateforme qui supporte les femmes, se veut, pour la troisième année consécutive, l’une des porte-voix de cette plaidoirie. 

La coordonnatrice générale de cette structure, Francesca Rabel, tout en se basant sur le thème retenu par l’Organisation des Nations unies dans le cadre de cette campagne, fait état de la nécessité particulièrement pour les autorités étatiques d’agir contre les violences faites aux femmes. « Sensibiliser, éduquer et se mobiliser afin d’impulser des changements de comportement au sein des rapports qui existent entre les hommes et les femmes», plaide la militante féministe qui dit constater une aggravation des cas de violence sur les femmes à la suite de la dégradation de la situation sécuritaire du pays. Elle ajoute que cette démarche permettra d’apporter des pistes concrètes de solution en vue d’endiguer ce phénomène.

« La situation d’insécurité qui gangrène le pays actuellement affecte tout le monde. Cependant elle accable d’une manière particulière et disproportionnée les femmes et les filles», regrette la responsable principale de plaidoyer et de communication d’avocats sans frontière Canada, Taina Noster, qui elle aussi intervenait dans le cadre de ce lancement. Faisant état de plusieurs cas de violences basées sur le genre enregistrées durant cette période, elle déplore l’indisponibilité et l’inaccessibilité à des données statistiques sur les cas de viol et de feminicide perpétrés dans le pays.

« Des organisations ont travaillé sur la documentation sur la question de prise en charge des victimes des cas de viol et ont produit des recommandations à ce sujet, malgré cela, plusieurs obstacles entravent l’avancement de cette prise en charge », regrette Mme Noster. Elle justifie ses allégations en s’appuyant sur les maigres dossiers qui ont été traités et ont abouti au niveau de la chaîne pénale haïtienne.

« L’impact de la violence faite aux femmes et aux filles est énorme sur le plan psychologique » de l’avis du président de l’Association haïtienne de psychologie, Pascal Jean-Charles. Il plaide par ailleurs pour la formation des professionnels juridiques, sanitaires… qui interviennent auprès des victimes en vue de mieux les assister selon leur situation.

« 16 jours d’activisme », du 25 novembre au 10 décembre 2021, durant lesquels le public aura droit à des activités notamment un concours de plaidoirie, atelier de formation, causeries, représentations artistiques, lectures scéniques… autour de la thématique de violences faites aux femmes et aux filles à l’initiative de « Conversations Essenti’elles ».

« Orangez le monde. Mettre fin dès maintenant à la violence à l’égard des femmes » est le thème retenu cette année par l’ONU pour le déroulement de cette campagne internationale lancée il y a de cela 30 années (1991). Force est de constater, cependant, que la violence faite aux femmes et aux filles constitue encore d'être un problème social majeur.



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