L’UNICEF célèbre sur fond de crise la Journée mondiale de l’enfance dans le Sud

Publié le 2021-11-22 | lenouvelliste.com

C’est dans un contexte très particulier, où le pays fait face à une crise sans précédent, que le Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF) a célébré la Journée mondiale de l’enfance le samedi 20 novembre 2021 dans le département du Sud, fortement touché par un séisme le 14 août dernier. Cette célébration s’est tenue aux Cayes en présence d’un représentant du ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle (MENFP), de l’Institut du bien-être social et de recherches (IBESR), de la mairie des Cayes, du représentant de l’UNICEF en Haïti, Bruno Maes, de ses ambassadeurs ,  des jeunes de U-report et d’enfants  issus de diverses associations du département. 

Selon le représentant de l’UNICEF en Haïti, Bruno Maes, la Journée mondiale de l’enfance est célébrée à un moment où le pays est rongé par de multiples crises et l'urgence affectant les enfants et la population en général. L’une des plus aiguës est née du tremblement de terre du 14 août 2021 qui a détruit et endommagé près de 130 000 ménages, plus de 13 250 écoles, 90 structures sanitaires et affectant au moins 650 000 personnes dont 350 000 enfants, a affirmé Bruno Maes. 

Le représentant de l’UNICEF a relaté que, depuis le séisme, nombreux sont les enfants qui vivent un traumatisme profond. Certains ont perdu leurs parents, leurs amis mais aussi leur lieu de rencontre quotidien qui faisait leur fierté, à savoir leurs écoles. Depuis 2020, Haïti connait une violence urbaine qui affecte les enfants en termes d’accès aux services sociaux de base. Tels que ceux relatifs à l’éducation, la santé, la protection, l’eau, l’hygiène et l’assainissement, a-t-il ajouté.  La lutte doit se poursuivre afin que chaque enfant ait accès à tous ses droits. Le Fonds des Nations unies pour l’enfance se tient aux côtés de l’État haïtien pour renforcer les politiques publiques visant l’amélioration des conditions de vie des enfants, le bien-être des enfants, a précisé le représentant de l’UNICEF en Haïti, Bruno Maes. 

Ary Louis, représentant de la ministre de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle (MENFP), Marie Lucie Joseph, a profité de l’occasion pour envoyer une pensée spéciale aux enfants qui sont morts  le 14 août dernier.  Selon lui, les adultes ont fait leur temps, il est temps d’encourager les enfants, de les accorder l’opportunité de venir nous remplacer. À travers son organe, le membre du cabinet de la ministre du MENFP a fait savoir que la ministre prend encore l’engagement d’assumer ses responsabilités. Elle promet de mobiliser davantage d’énergie et de moyens dont le ministère dispose en vue de travailler pour atteindre deux grands objectifs : maximiser l’accès aux enfants à l’école et améliorer la qualité de l’éducation. 

32 ans après l’adoption de la convention relative aux droits de l’enfant, les enfants d’Haïti jouissent-ils de tous leurs droits ? Sont-ils protégés contre la violence ? Vont-ils dans de bonnes écoles leur permettant de participer au développement du pays s'est demandé Sarah Ludgina Pierre qui prenait la parole au nom des enfants lors de la cérémonie.  Quelques mois après le tremblement de terre du 14 août, les enfants ne peuvent toujours pas aller à l’école ni recevoir des soins de santé que nécessite leur cas, a-t-elle alerté. 

Selon l’enfant de 13 ans, il est inadmissible qu’aller à l’école soit un luxe.  Qu’un enfant obtienne des droits de santé, qu’il puisse manger et dormir en paix dans la sécurité ne doit plus être un conte de fée pour les enfants, a déclaré Sarah Ludgina Pierre. Au nom de tous les enfants haïtiens, sans prendre de gants, la petite fille exhorte les autorités haïtiennes à faire du respect et de la mise en application de la convention internationale relative aux droits de l’enfance, une priorité. 

Pour clôturer dans le bonheur la célébration de la Journée mondiale de l’enfance, les deux ambassadeurs de bonne volonté de l’UNICEF, BIC et Jean Jean Roosevelt ont égayé les enfants et les jeunes autour  d’une série de musiques saines  les incitant à rester dans le droit chemin et du coup éviter les nombreuses tentatives visant à dévier la jeunesse haïtienne en panne de repère depuis plus d’une génération.                                  

Verdieu Jordany Jr
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