Les sinistrés du camp de Land des Gabions veulent rentrer chez eux 

Trois mois après le séisme, les victimes du grand Sud n'ont toujours pas reçu l'aide tant attendue. Au camp de Land des Gabions où 353 familles se sont réfugiées, les sinistrés sont à bout de souffle et déçus de l'absence des autorités responsables. Là-bas, des enfants et des adolescent.te.s passent la journée sans se rendre à l'école. Les adultes, résignés, veulent rentrer chez eux. À présent,  c'est leur principale priorité. Mais pour cela, ils attendent du soutien.

Publié le 2021-11-17 | lenouvelliste.com

Le camp du Land des Gabions abrite 300 tantes pour 353 familles. 1 245 personnes, dont 407 enfants, vivent ici dans des conditions extrêmement difficiles, a fait savoir le délégué du comité de gestion du camp, Laugaüs Emile. Cela fait deux mois depuis qu'ils n'ont reçu aucune aide ni des autorités ni d'ONG. Le visage inquiet, Laugaüs Emile rapporte que tout le monde veut partir du camp tant la vie y est pénible. Les sinistrés ont besoin d'un endroit où dormir, ils ne peuvent plus vivre dans ces conditions, a-t-il soupiré. 

Liciana Lormera vit au camp depuis le 14 août 2021 avec sa famille. Elle tient sur ses bras une petite fille de deux ans à peine. Résignée, elle a confié qu'elle n'a plus besoin d'aide alimentaire. « Nous avons besoin d'un endroit où dormir, a-t-elle répété. Quand la pluie tombe, nous ne pouvons dormir. Nous passons toute la nuit debout », s'est-elle lamentée. 

La vie dans le camp est pire que celle d'une prison. Déjà avant de venir ici, nous étions vulnérables mais nous avions un toit où dormir. Maintenant c'est pire, s'est plainte Marie Rolande Romain, membre du camp et responsable d'un club regroupant les mères sinistrées du Land des Gabions. La majorité des enfants du camp n'ont pas repris le chemin de l'école faute de moyens. Leurs parents les maltraitent assez souvent, a confié Marie Rolande Romain. 

Juste à côté du camp de fortune de Marie Rolande Romain, nous rencontrons une fillette assise avec sa mère; elle est admise en quatrième année fondamentale et aimerait retourner à l'école, mais sa mère n'en a pas les moyens. Pour Magdala Petro, la vie dans le camp est pénible. Selon elle, les sinistrés ne reçoivent aucune assistance. Une semaine après avoir payé son loyer, le tremblement de terre a détruit la maison. L'essentiel pour elle, c'est de trouver un endroit et se débrouiller.  

Ronaldo Joseph est un jeune étudiant en agronomie qui a tout perdu dans le séisme. Il a dû abandonner ses études. Il est le chef de la sécurité au camp du Land des Gabions. N'ayant reçu aucune formation en la matière, il se démène comme il peut, espérant que de l'aide viendra pour les enfants qui ne peuvent aller à  l'école ainsi que pour les victimes du camp. 

Les conditions de vie des sinistrés au camp du Land des Gabions ne sont pas différentes de celles des autres camps du département du Sud. Les victimes vivent dans la promiscuité et  dans l'indifférence totale des autorités responsables. Pour éviter le pire, des membres du comité du camp ont décidé de former un club avec les enfants qui ne peuvent pas aller à l'école. Mais cette initiative est boiteuse faute de support, a confié le délégué du comité de gestion du camp, Laugaüs Emile. 

Jordany Junior Verdieu
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