Le cabinet du juge Garry Orélien et deux greffes cambriolés

Le cabinet du juge Garry Orélien, le greffe du cabinet d’instruction et le bureau du greffier en chef du tribunal de première instance, Me Mozart Tassy, ont été cambriolés dans la nuit du 27 au 28 octobre 2021. Selon une source ayant requis l’anonymat, les responsables du tribunal ignorent pour l’instant si des pièces à conviction ont été emportées. La Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ) devrait ouvrir une enquête pour trouver les présumés coupables.

Publié le 2021-10-28 | lenouvelliste.com

Des inconnus sont entrés par effraction au cabinet du juge d’instruction Garry Orélien qui enquête notamment sur le dossier du feu président Jovenel Moïse. Le greffe du cabinet d’instruction et le bureau du greffier en chef ont été également cambriolés, a fait savoir une source au journal. « Non seulement le cabinet d’instruction du juge Garry Orélien, mais aussi le greffe du cabinet d’instruction et le bureau du greffier en chef ont été cambriolés. Cela fait au total trois compartiments dans le bâtiment », a-t-il indiqué.

« Dans le bureau du juge Garry Orélien, on a essayé de perforer le coffre-fort anti-feu. Ils ne sont pas arrivés à leur fin. Nous attendons des techniciens de la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ) pour ouvrir une enquête », a poursuivi notre contact. La date précise à laquelle l’acte a été perpétré n’est pas encore connue. Toutefois, on a appris qu'« un gardien est témoin de l'acte. Il a alerté le doyen qui a fait appel au juge de paix pour constat ».

Le juge de paix de la section sud de Port-au-Prince a dressé un procès-verbal de constat en présence du doyen du tribunal de première instance. Les espaces ont été retournés, a rapporté notre source. De ce fait, « un inventaire doit être réalisé afin d’évaluer les dossiers et pièces qui ont été emportés par les inconnus ».

Joint par le journal, le greffier Mozart Tassy a déclaré qu’il a appris la nouvelle par téléphone et qu’il ne pouvait pas se rendre sur les lieux en raison de sa santé. « La DCPJ vient tout juste de m’appeler », a-t-il expliqué. Il a confié qu’il essayait d'entrer en contact avec le doyen du tribunal qui n’était malheureusement pas disponible au téléphone. Le journal non plus n’arrivait pas à joindre le magistrat Bernard Saint-Vil pour des commentaires.

« Les agents de sécurité qui montent la garde la nuit au tribunal devraient fournir des informations », a fait remarquer un greffier au tribunal de première instance, qui avait confirmé au Nouvelliste le cambriolage. Le tribunal est, en principe, surveillé par des policiers et des agents de sécurité qui relèvent du ministère de la Justice.

Dans la nuit du lundi 19 octobre 2020, des inconnus s’étaient introduits au greffe du cabinet d’instruction et avaient emporté des documents importants dans le cadre de l’enquête sur l’assassinat de l’ancien bâtonnier Monferrier Dorval. Le doyen du tribunal, le magistrat Bernard Saint-Vil, avait fait savoir qu’une enquête était en cours sur ce vol et annoncé que la sécurité du tribunal serait renforcée.

Si cette enquête est déjà bouclée, les résultats ne sont pas encore publics. Les vols de corps du délit et de pièces à conviction deviennent récurrents au tribunal de première instance de Port-au-Prince. En 2020, le greffier Ainé Martin avait dénoncé « une légèreté » des acteurs face à cette « pratique récurrente ». Il avait aussi déploré le fait qu’aucune suite n’a été donnée et qu’aucune responsabilité n’a vraiment été fixée.



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