Religion, violence et insécurité en Haïti 

Publié le 2021-10-25 | lenouvelliste.com

Je suis pasteur Protestant évangélique, et je prêche la Parole pour porter les gens à découvrir la volonté du Créateur du ciel et de la terre pour leur vie.  J’annonce à tous l’évangile qui est la bonne nouvelle du royaume du Dieu d’amour offert à tous pour résoudre le problème du mal moral et spirituel qui affecte tout le monde. 

Cette bonne nouvelle proclame la délivrance des âmes des humains à travers Jésus-Christ qui est mort et est ressuscité comme sacrifice suprême et ultime pour le monde entier.  Le christianisme est une religion de liberté et on ne force personne à rejoindre l’église.  Mais tous ceux qui entendent la Parole et qui croient au Seigneur Jésus, l’Esprit les transforme pour vivre à part comme enfants de Dieu, pour adorer et servir le Père céleste, miséricordieux et compatissant. 

Le commandement de l’amour dans l’évangile nous interpelle aussi à prendre soin de ceux qui sont vulnérables, tels les orphelins, les veuves et les opprimés, à proclamer et défendre la justice et dénoncer les mauvaises pratiques des hommes.  Comme pasteur c’est ma mission de prêcher ce message de délivrance et de paix par la puissance de Jésus-Christ le Seigneur et Sauveur du monde.

Les détracteurs du Christianisme en Haïti brandissent souvent que ce serait une religion du Blanc importée pour exploiter les peuples.  Cette objection est avancée souvent afin de promouvoir la religion du vaudou comme celle qui serait vraiment liée à l’identité haïtienne, étant venue de l’Afrique, transplantée par les esclaves eux-mêmes.

Je reconnais que la religion chrétienne a effectivement été utilisée par certains hommes de l’Histoire pour des fins égoïstes et que cela a causé des torts à des peuples en plusieurs endroits du Monde, particulièrement en Haïti quand nous considérons le Code Noir qui a instrumentalisé la religion pour imposer la soumission des esclaves.

Toutefois, le message de l’évangile a été entendu et accepté librement par beaucoup. Des malades sont guéris dans le nom de Jésus. Des miracles sont opérés et des gens sont sortis délivrés d’attaques maléfiques dans le nom de Jésus. Des gens ont retrouvé la paix intérieure et la stabilité sociale dans le nom de Jésus.  Pour moi c’est une preuve que le message divin est bien vrai, et qu’il a un impact efficace et transformateur lorsqu’il est compris et appliqué par quiconque confesse que Jésus-Christ est Seigneur.

Entre autres preuves, l’éducation de la majeure partie du peuple est assurée par des écoles d’une institution chrétienne. La plupart des hôpitaux et des centres de santé qui fonctionnent encore dans le pays sont des initiatives d’institutions chrétiennes. Et, j’en passe. Le vrai chrétien pratique l’amour et la non-violence, même l’amour pour ses ennemis à l’exemple de son Seigneur Jésus-Christ.

En fait, toute religion a cette capacité de mobiliser ses adeptes à aspirer à ce qu’elle considère comme bon et beau.  Dans ce sens, je reconnais le vaudou comme étant une religion importante et très significative pour les Haïtiens, et pour beaucoup d’autres peuples indigènes et africains. Il aura joué un rôle prépondérant de ralliement dans la lutte contre l’esclavage en Haïti. Cette religion façonne la Cosmovision animiste de la culture et accompagne ses adeptes dans les moments clés de leur vie.

Toutefois, aujourd’hui, avec la montée vertigineuse de l’insécurité et la violence dans le pays, on aurait souhaité que toutes les forces vives de la société, et en particulier toutes religions auraient contribué à un apaisement et même à la refondation de la nation.  Pourtant les observateurs constatent que quasiment tous les chefs et membres des gangs armés exhibent des mouchoirs ou autres talismans pour s’identifier à la religion vaudou.  Ils organisent des cérémonies pour réclamer la protection des loas (esprits) du vaudou avec la bénédiction de houngans ou autres religieux vodous.  Je voudrais alors questionner les représentants officiellement établis de cette religion quant à leur positionnement face à cette crise de l’insécurité et de kidnapping.

Enfin, de manière générale je me demande: Quelle tendance de responsabilité subsiste encore en Haïti en 2021?  Le proverbe haïtien affirme: “_Kote ki gen granmoun, kay pa boule._”  Où sont les “granmoun” de notre génération?  Ou mieux, qu’est-ce qu’il faudra pour que des “granmoun” responsables se réveillent? La société attend qu’ils disent et assument: “c’en est assez; à partir de maintenant nous mettons le cap dans la bonne direction du rêve haïtien.”

Jacky Chéry

Jacky Chéry
Auteur


Réagir à cet article