Le Panama, le Costa Rica et la République dominicaine demandent aux États-Unis de freiner la migration haïtienne

Publié le 2021-10-22 | lenouvelliste.com

Les présidents du Panama, du Costa Rica et de la République dominicaine ont appelé mercredi les États-Unis d’Amérique à prendre des « mesures concrètes » pour freiner la migration des Haïtiens à travers l'Amérique latine en direction de la frontière américaine.

« Nous lançons un appel particulier aux États-Unis d'Amérique, en tant que l'un des principaux pays de destination de la plupart des flux migratoires qui traversent nos territoires, à unir leurs forces dans la solution commune de réponses concrètes à ce phénomène », ont appelé les trois chefs d’État préoccupés par les risques auxquels sont exposées ces personnes migrants.

Réunis dans le cadre de l'Alliance pour le développement en démocratie, à Panama City, le 20 octobre 2021, les présidents Carlos Alvarado du Costa Rica, Laurentino Cortizo Cohen du Panama et Luis Abinader Corona de la République dominicaine, ont fait de leur préoccupation quant à l'augmentation des flux migratoires irréguliers, sans précédent dans les trois pays.

« Nous réitérons le besoin urgent d'une approche immédiate, dans le cadre d'une approche globale et avec la responsabilité partagée effective de tous les pays de la région des Amériques qui se sont constitués en route d'origine, de transit et de destination, alors que nos pays ne peuvent relever ce défi isolément, en sauvegardant les droits humains des migrants. Nous réaffirmons qu'il s'agit d'un problème régional qui nécessite une solution régionale », peut-on lire dans la déclaration commune publiée à l’issue de la rencontre.

Le président panaméen Laurentino Cortizo a déclaré que le mouvement d'un grand nombre d'Haïtiens à travers l'Amérique centrale est un « problème insoutenable ».

« Il s'agit d'un problème régional, les solutions doivent être régionales et nous attendons des États-Unis une participation beaucoup plus efficace », a-t-il déclaré, en marge de sa rencontre avec ses homologues costaricain et dominicain, Carlos Alvarado et Luis Abinader, respectivement, à Panama City.

Les trois dirigeants ont insisté sur la nécessité d'impliquer les États-Unis et les Nations Unies dans le déploiement d'investissement en Haïti, en particulier dans les infrastructures publiques, qui pourrait générer des emplois et stimuler le développement économique dans un pays en proie à la pauvreté, la violence et les crises institutionnelles.

« Nous pensons que la communauté internationale doit mener une série d'actions coordonnées en Haïti, et nous proposons une feuille de route », a déclaré Carlos Alvarado.

« Nous réitérons notre profonde préoccupation face aux défis posés par la crise politique, économique-sociale, alimentaire et sécuritaire en République d'Haïti », poursuit la déclaration commune dans laquelle les trois dirigeants proposent à la communauté internationale, avec la participation des autorités haïtiennes, une série d’actions urgentes visant particulièrement la création d'emplois.

Parmi ces actions pour lesquelles l’implication immédiate de la communauté internationale est sollicitée à la fois pour leur élaboration et leur exécution, on peut citer : le désarmement et le renforcement de la sécurité, en prélude à la tenue d'élections libres et transparentes ; un plan global de développement et de construction d'infrastructures publiques génératrices d'emplois massifs et améliorant la qualité de vie de la population haïtienne ; le financement d'un programme communautaire pour récupérer les bassins versants, reboiser et restaurer les écosystèmes, entre autres.

La semaine dernière, la sous-secrétaire américaine à la sécurité civile et aux droits de l'homme, Uzra Zeya, s'est rendue en Haïti et au Panama, où elle a un lancé appel pour endiguer le flux de migrants à travers la frontière de la jungle du Darien entre le Panama et la Colombie, qui est devenue un couloir de migration.

Selon les chiffres officiels panaméens, plus de 107 000 personnes ont traversé le Darien Gap en 2021 pour rejoindre l'Amérique centrale en route vers les États-Unis.

C'est presque autant que les six années précédentes. En effet, les autorités panaméennes estiment que 150 000 migrants empruntent chaque année cette route dangereuse, où les groupes criminels sévissent.



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