Des Haïtiens troquent de la nourriture avec des Dominicains contre des armes à la frontière, révèle le père Gardy Maisonneuve

Selon le père Gardy Maisonneuve, responsable du Centre Karl Lévêque, beaucoup d’armes sont entrées en Haïti en passant par les points frontaliers, notamment à Fonds-Verrettes où les Haïtiens troquent de la nourriture avec les Dominicains contre des armes.

Publié le 2021-10-20 | lenouvelliste.com

Le père Gardy Maisonneuve, responsable du Centre Karl Lévêque, un organisme de droits humains, a fait de grandes révélations à l’émission Panel Magik, sur Magik 9, le mercredi 20 octobre 2021. En effet, selon le défenseur des droits humains, dans toute la zone de la frontière entre Haïti et la République dominicaine, notamment à Fonds-Verrettes et dans la zone de la forêt des pins, des Haïtiens livrent de la nourriture qu’ils produisent dans ces zones aux Dominicains qui leur donnent des armes en échange.

« Il y a certains Haïtiens qui donnent aux Dominicains les denrées qu’ils produisent contre une arme en échange. Autrefois, ils offraient des 9mm, mais maintenant ils donnent des armes de gros calibre », a révélé Gardy Maisonneuve. Selon lui, le Centre Karl Lévêque a recueilli ces informations de ses contacts dans la zone frontalière depuis environ trois mois. L’organisation a pris le temps de mener ses investigations en vue de les vérifier avant de les divulguer, a expliqué le père Maisonneuve.

Il n’y a aucun contrôle dans certaines zones comme Fonds-Verrettes ou Forêt-des-Pins, indique Gardy Maisonneuve. « Dans la zone de Malpasse, des armes de gros calibre passent la frontière. Ils offrent de l’argent aux agents frontaliers pour les corrompre. L’État n’a aucun contrôle », a affirmé le militant de droits humains.  Selon Gardy Maisonneuve, le Plateau central est l’une des zones avec beaucoup plus d’armes en circulation. « N’importe qui peut avoir une arme. Il suffit de donner à un soldat dominicain un peu d’argent », a-t-il ajouté, appelant à résoudre le problème de l'insécurité avant de parler des élections.

En ce sens, le responsable du Centre Karl Lévêque tire la sonnette d’alarme afin que les autorités puissent avoir une idée de la provenance des armes dans le pays. « Nous savons que c’est en vain, mais nous sonnons quand même l’alarme », a-t-il dit.

Le défenseur des droits humains a dépeint une situation caractérisée par une corruption gangreneuse à la frontière. Selon lui, les autorités sont au courant de la situation mais ferment les yeux l­à-dessus. « Ils pensent être en sécurité car dès qu’ils ont deux ou trois personnes qui les suivent, ils se croient chefs », a déclaré le père, qui a dénoncé par ailleurs une complicité internationale dans cette situation. « Il y a une sorte de complicité entre ceux qui se disent amis du pays et les bandits », s’est-il offusqué.

Le père Gardy Maisonneuve a révélé par ailleurs que les Dominicains cherchent à déstabiliser le pays afin d’en tirer profit. Ainsi, selon lui, certains leaders politiques et religieux du pays ont été invités en République dominicaine où ils se sont vu offrir de grosses sommes d'argent et des moyens pour déstabiliser Haïti.

Le défenseur des droits humains invite les Haïtiens à faire preuve d’intelligence et à s’unir afin de défendre les intérêts supérieurs de la nation. En effet, selon lui, aucun pays étranger ni même voisin ne va défendre les intérêts du pays à notre place.



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