Un sommet en Colombie sans Haïti pour débattre des flux migratoires haïtiens

Un sommet ministériel régional sur la crise migratoire provoquée par le flux des migrants haïtiens notamment s’est ouvert, le mercredi 20 octobre 2021, à Bogota, en Colombie en présence du secrétaire d’État américain, Antony Blinken. Selon ce qu’a confié au Nouvelliste une source haut placée du pouvoir, le gouvernement haïtien n’a pas été mis au courant de ce sommet.

Publié le 2021-10-20 | lenouvelliste.com

En présence du secrétaire d’Etat américain, Antony Blinken, en visite en Colombie, le président de ce pays, Iván Duque, a exhorté les organisations internationales à faire une intervention « structurelle » en Haïti qui génère « espoirs et revenus » et à effectuer un recensement pour savoir combien de migrants il y a dans les pays américains.

« Je fais une demande claire ... aux agences de coopération afin que nous puissions dans les pays faire un véritable recensement du nombre de migrants que nous avons sur nos territoires. Sans informations précises, nous n’aurons pas de politiques publiques précises, ce recensement est nécessaire », a déclaré le président lors de l’installation de la Conférence ministérielle sur les migrations à Bogotá.

« Aujourd’hui, nous avons besoin d’une action qui nous permette de générer de l’espoir et des revenus en Haïti, nous avons besoin d’une mobilisation industrielle et de reprendre le projet de parc industriel de Caracol, qui a été lancé il y a 10 ans. Si nous ne trouvons pas une solution qui donne une lueur d’espoir, nous aurons un phénomène plus important dans toute la région », a poursuivi le président colombien appelant des organisations telles que la Banque interaméricaine de développement, la Banque mondiale (BM) et la Banque de développement de l’Amérique latine (CAF) à faire une intervention « structurelle » en Haïti.

Au cours de ce sommet, la secrétaire d’État américaine, la ministre colombienne des Affaires étrangères et vice-présidente Marta Lucía Ramírez, et d’autres ministres des Affaires étrangères des Amériques discutent de la crise migratoire du continent due au transit de milliers de migrants haïtiens et d’autres nations, ainsi que des mesures possibles pour arrêter cet exode.

Le flux de migrants, principalement haïtiens, empruntant la route du Nord pour se rendre aux États-Unis d’Amérique en traversant une douzaine de pays de l’Amérique latine et centrale, a considérablement augmenté ces derniers mois. Plusieurs pays de la région, submergés par ce flux, dont la Colombie, se retrouvent dans l’incapacité de fournir une aide humanitaire et à l’entrée de ces migrants en provenance du Brésil et du Chili, pays vers lesquels ils ont migré après le tremblement de terre de 2010.

Ces dernières semaines, les États-Unis ont expulsé des milliers de migrants haïtiens qui attendaient à leur frontière sud avec le Mexique. Entre janvier et août de cette année, selon des données officielles, plus de 67 100 personnes ont traversé la dangereuse jungle de Darien, la frontière entre le Panama et la Colombie, se dirigeant vers le nord dans l’espoir d’atteindre l’eldorado américain.

« Nous allons profiter de la présence du secrétaire d’Etat, Antony Blinken, en Colombie pour avoir une réunion avec les ministres des Affaires étrangères des pays des Amériques par lesquels passent les flux de migrants », a déclaré la ministre Marta Lucía Ramírez qui a plaidé pour que « ce phénomène doit être abordé sous différents angles » et a défendu le « principe de co-responsabilité » face à cette crise de la migration.

La ministre colombienne des Affaires étrangères a rapporté qu’elle s’était entretenue ces derniers jours avec son homologue panaméenne, Erika Mouynes, pour tenter de parvenir à un nouvel accord et évaluer l’augmentation du nombre de migrants quotidiens pouvant traverser la frontière car le quota actuel est de 500, ce qui a généré l’accumulation de plus de 15 000 migrants du côté colombien.

« Les pays ne peuvent pas continuer à envoyer des gens dans le nord comme s’il y avait une capacité illimitée pour les recevoir là-bas. Nous devons voir comment nous assumons tous une partie de notre propre migration, car il y a beaucoup de citoyens de nos pays qui doivent avoir plus d’emplois et d’opportunités sociales, ce qui est le moyen de faire face au problème de la migration de manière structurelle », a poursuivi la chancelière colombienne appellant les pays de la région à mettre hors d’état de nuire les mafias qui participent à la traite des êtres humains.

« Nous devons intégrer la police, Interpol, ainsi que les bureaux des procureurs d’autres pays pour empêcher aux réseaux de trafic de migrants de les exposer à la mort, à un naufrage, à des situations précaires avec risque de perdre leur vie », a ajouté la ministre Ramirez.

La ministre colombienne des Affaires étrangères a également alerté sur ce qui se passe à Necoclí, où se trouvent environ 19 000 migrants. « L’Équateur les a laissés passer et le Panama ne peut pas tous les assumer », a-t-elle déploré, préconisant une stabilisation du passage des migrants au Panama. « L’idée est que tous les pays agissent, car chaque nation doit avoir une responsabilité », a souligné Marta Lucía Ramírez qui dit miser sur ce sommet pour trouver des solutions aux flux migratoires inhabituels de la région.

Pour l’heure, le ministère des Affaires étrangères de la Colombie n’a pas fourni aux médias de détails spécifiques sur l’identité des ministres des Affaires étrangères de la région qui seront présents.

 Sources combinées 



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