Les principaux obstacles au fonctionnement de la CNDDR provenaient du Palais national, affirme Jean Rebel Dorcénat

À en croire Jean Rebel Dorcénat, membre de la Commission nationale de désarmement, démantèlement et réinsertion (CNDDR), différentes personnalités au palais national avaient pris l’habitude de pousser les gangs à semer la terreur afin de soutirer de l’argent des autorités.

Publié le 2021-10-14 | lenouvelliste.com

Les bandes armées contrôlent presque tout le pays et commettent des crimes en toute impunité. Tandis que la Commission nationale de désarmement, démantèlement et réinsertion (CNDDR) a été créée dans l’objectif entre autres de désarmer ces groupes. Pour Jean Rebel Dorcénat, membre de la CNDDR, ce n’est pas la volonté qui manquait à cette structure malgré les menaces qui planent sur les membres de cette commission.

« Ils nous ont confié un travail. Il faudrait nous donner l’opportunité de mettre en œuvre notre plan d’action. Ainsi ils verront si nous n’avions pas la volonté », a déclaré Jean Rebel Dorcénat à l’émission Panel Magik, sur Magik 9, le mercredi 13 octobre 2021. À entendre le commissaire, les obstacles au bon fonctionnement de la CNDDR venaient de toutes parts, et particulièrement du Palais national. « Nou menm nan CNDDR, premye kote nou t ap pran frap se nan Palè nasyonal », a sèchement révélé M. Dorcénat.

D'après M. Dorcénat plusieurs personnalités au Palais national prenaient l’habitude de pousser les groupes armés à semer la pagaille dans les rues afin de soutirer de l’argent des autorités en place pour en redistribuer aux gangs, prétextant qu’elles allaient calmer la rue. « C’est la faiblesse de nos institutions qui nous rabaisse à ce niveau. Nous devons être clairs là-dessus, car n’était cette faiblesse institutionnelle ajoutée au fait que des politiciens et des membres du secteur privé qui alimentent les gangs, nous n’aurions jamais atteint ce niveau », a-t-il soutenu.

Pour une autre fois, Jean Rebel Dorcénat a fait savoir que la CNDDR avait remis un rapport contenant des données stratégiques à la Primature depuis le gouvernement de Jean Michel Lapin. Ce rapport, a-t-il ajouté, fournit des informations sur les principaux acteurs impliqués dans le commerce des armes à feu dans le pays. Aucun suivi n’a été accordé à ce rapport, laisse entendre le commissaire Dorcénat.

Les gouvernements n’ont jamais accompagné la Commission nationale de désarmement, de démantèlement et de réinsertion à ce niveau, regrette M. Dorcénat. « Si nous allons négocier avec un groupe qui ne veut pas coopérer, nous soumettrons un rapport aux autorités qui développeront un plan pour agir comme elles devraient », a-t-il soutenu.

La CNDDR dispose désormais d’un plan d’action si l’on croit Jean Rebel Dorcénat, lequel devrait permettre de dégager une certaine synergie entre les différentes institutions sectorielles. Ce plan d’action, a-t-il expliqué, doit permettre à la commission d’entreprendre des actions sociales. En effet, a souligné M. Dorcénat, l’on ne peut pas combattre l’insécurité par des opérations policières. Il faut une présence stratégique de la police dans les rues, a-t-il invité.



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