Haïti/SIDA

La distribution multi-mensuelle des ARV aux Pvvih, un programme efficace

Publié le 2021-10-08 | lenouvelliste.com

La prise en charge des personnes vivant avec le Vih (Pvvih) est en nette amélioration en Haïti depuis l’implémentation du programme de Distribution multi-mensuelle (DMM) des antirétroviraux. Du coup, les cas d’échec thérapeutique seraient en baisse grâce à l’accessibilité et la qualité des ARV. Les témoignages de plusieurs bénéficiaires permettent d’apprécier les retombées  de la DMM.    

Nous sommes à la Clinique JC Ménard, située à la rue Jean-Baptiste (Turgeau/Port-au-Prince) où des patients viennent récupérer leur stock d’ARV pour une période de trois, de six ou de huit mois. L’enthousiasme se lit sur leur visage, tout en s’engageant à prendre régulièrement leurs médicaments pour devenir indétectables et rester en bonne santé toute leur vie, ce qui encourage d’autres personnes présentes à ladite Clinique à se faire dépister volontairement.       

Vêtu d’un jeans bleu et d’un maillot noir à manches longues à capuche, Pierre[1], 26 ans, est venu récupérer ses médicaments un lundi matin. Le jeune homme explique qu’il a intégré la DMM en mai 2021, et depuis ses déplacements ont grandement diminué, n’étant pas obligé d’aller chercher les ARV tous les mois. Grâce à ces molécules, son système immunitaire est fort, et ne développera pas d’infections opportunistes, se réjouit-il.  D’où la nécessité de se faire tester pour connaitre son statut sérologique, comme il l’a fait à la suite des conseils de quelques amis.

Père d’une fillette de six ans, Pierre applaudit des deux mains le programme de Distribution multi-mensuelle, qui, affirme-t-il, écarte toute possibilité de rupture de stock même en cas de perturbations de toutes sortes dans le pays. « Je prends régulièrement mes médicaments même si au tout début je ressentais quelques malaises comme de petits étourdissements. Maintenant tout va bien », a déclaré Pierre. Comme pour conclure, il dit accepter sa nouvelle façon de vivre et s’engage à respecter le protocole de prise des médicaments défini par le personnel médical.

Pour sa part, Madame Jean-Paul[2], 42 ans, indique qu’elle prend ses ARV dans le plus grand secret ne voulant pas révéler son statut de Pvvih à quiconque. La mère de quatre enfants, dont le mari est décédé, a été testée séropositive en 2018. Elle est depuis placée sous traitement antirétroviral. A l’instar de beaucoup d’autres patients Vih/positif, les premières doses lui ont causé certains malaises. Avant, elle devait récupérer ses médicaments tous les mois, ce qui constituait pour elle un autre malaise. Le programme DMM, déclare-t-elle, a changé sa vie, affirmant que le fait d’avoir en sa possession des ARV, de façon continue, facilite une prise régulière. Résultat: elle vit en bonne santé. Cependant, elle souhaite une amélioration dans sa situation socioéconomique pour le moins difficile.

« Les Pvvih, à peine enrôlées, ont reçu des médicaments pour trois mois, et ont rendez-vous dans 15 jours pour vérifier s'ils n'ont pas d'effets secondaires ou autres. On fait la charge virale à partir de  trois mois sur le TAR en vue de contrôle l'adhérence.  le virus est détectable, elles recevront des ARV pour seulement trois mois. Le patient indédectable reçoit des médicaments pour six mois et plus », a expliqué le Dr Jermitha, coordonnatrice de la Clinique JC Ménard et ses antennes. Elle précise que les patients enrôlés dans le programme DMM reçoivent les médicaments en fonction du résultat de la charge virale. Les patients bénéficient d’un service complet vu qu’ils ont à leur disposition non seulement des médecins et infirmières, mais aussi des pairs-éducateurs qui assurent leur formation sur les Ist/Vih/Sida, les ARV et la santé sexuelle, et également des pairs-navigateurs qui assurent la distribution multi-mensuelle des ARV à domicile.     

Institut Panos

[1]Nom d’emprunt pour garderl’anonymat

[2]Ibid

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