Luis Abinader : « Il est urgent de s'occuper d'Haïti pour des raisons humaines et de sécurité »

Publié le 2021-09-24 | lenouvelliste.com

« La question haïtienne ne concerne plus seulement la République dominicaine, mais désormais ce sont tous les pays qui doivent se mettre ensemble pour s'occuper d'Haïti », a déclaré vendredi matin Luis Abinader, président de la République dominicaine, dans des propos relayés par le quotidien Listin Diario.

Selon le média dominicain, le président Abinader a fait cette déclaration à la sortie d'une célébration que à Santo Cerro, La Vega, à l'occasion commémoration du jour de Notre-Dame de Las Mercedes. Il s’en est pris pour l’occasion au nombre incalculable d’ateliers, de séminaires organisés par la communauté internationale sur Haïti. Luis Abinader a fait part de sa volonté de prendre à bras-le-corps le dossier de la sécurité et d’apporter de l'aide par voie terrestre et aussi par voie maritime car, selon lui,  il n'y a pas de sécurité par voie terrestre.

Le chef de l'Etat dominicain a ajouté qu'il faut intervenir pour « pacifier la nation voisine ». Cependant, il a souligné que le gouvernement dominicain ne peut fournir que du soutien, du temps et de l'espace, car pour des raisons historiques, diplomatiques et prudentielles, il n'est pas nécessaire de participer à un groupe qui va pacifier ce territoire.

Alors que les conflits en Haïti affectent directement et indirectement les Dominicains, le président a promis de continuer d'insister pour que les nations de la région s'impliquent dans le sauvetage d'Haïti, qu'il qualifie d'« urgent », tant pour des raisons humaines que des raisons sécuritaires.

La division au sein de la classe politique fait douter le président qu’Haïti parviendra à la paix de manière indépendante. On ne peut pas faire grand-chose dans une société dont les autorités n'ont pas de contrôle sur ce qui se passe sur ce territoire, qui est « contrôlé » par des gangs armés, a déclaré le président dominicain.

Abinader a par ailleurs indiqué que mardi prochain, le Conseil national des migrations se réunira pour adopter des mesures spéciales.

La République dominicaine a reçu le soutien de pays comme le Panama, où il y a environ 19 000 Haïtiens illégaux, et le Costa Rica, informe Listin Diario. En effet, le Costa Rica, le Panama et la République dominicaine ont signé mercredi dernier une alliance pour le dialogue et la coopération sur les questions de développement et de démocratie, et ont également plaidé pour des solutions à la situation en Haïti qui provoque une crise migratoire dans la région.

Cette « Alliance pour le renforcement de l'institutionnalité démocratique » a été signée à New York par le président du Costa Rica, Carlos Alvarado ; celui du Panama, Laurentino Cortizo, et celui de la République dominicaine, Luis Abinader, au bureau de la Mission permanente de la République dominicaine auprès des Nations unies.

De retour en République dominicaine jeudi dernier, après avoir participé à la 76e Assemblée générale des Nations unies, le président Luis Abinader a déclaré au reste des pays membres qu'il n'est plus temps d'attendre, de faire des analyses ou des ateliers, mais d’agir.



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