Mise en place d’une cellule pour combattre la détention préventive prolongée

En conférence de presse le jeudi 23 septembre 2021, au parquet de Port-au-Prince, le nouveau commissaire du gouvernement Frantz Louis-Juste a présenté l'orientation qu’il souhaite donner au parquet de Port-au-Prince. Son cheval de bataille : la détention préventive prolongée. En ce sens, une cellule a été mise sur pied pour recueillir les doléances des justiciables et favoriser l’accès à la justice.

Publié le 2021-09-24 | lenouvelliste.com

Lutter contre la détention préventive prolongée et contribuer à résoudre le problème de l’insécurité sont entre autres les objectifs du commissaire du gouvernement Frantz Louis Juste. En conférence de presse, il a indiqué qu’une cellule composée de 11 magistrats a été mise en place pour assurer le suivi des dossiers en souffrance au parquet et aux cabinets d’instruction, visiter les commissariats chaque semaine, contrôler les garde à vue pour veiller à ce que les prisons ne soient remplies de détenus qui n'ont pas été jugés.

« Cette cellule sera à l’écoute des détenus et un centre d’appel permettra à leurs proches de fournir des informations pour les suivis au parquet », a fait savoir Me Louis-Juste. Selon l'homme de loi, le parquet entend recruter dix étudiants de facultés de droit pour la composition de ce centre d’appel qui devra recueillir les doléances et les transférer vers la cellule qui permettra au parquet de faire des suivis. La cellule est joignable via le numéro 31125510.

Parallèlement, le chef du parquet semble sonner le glas du marronnage des commissaires du gouvernement et substituts qui empêchent parfois l’organisation des audiences. « Désormais, le parquet sera dans tous les sièges au tribunal, surtout ceux relatifs à l’habeas corpus. Le parquet, à travers la cellule formée, sera présent quand c’est nécessaire », a-t-il promis, soulignant que des commissaires sont disponibles à cet effet, et pour permettre aux dossiers de suivre leurs cours.

Pour Frantz Louis-Juste, la détention préventive prolongée est « un cancer », « un problème criant dans la justice ». « Nous pensons, a-t-il poursuivi, que nous devons apporter une solution à ce problème, afin de réduire la quantité des détenus qui ne sont pas encore jugés et ceux qui ont des dossiers bloqués dans les cabinets d’instruction. »

Aussi, le magistrat dit souhaiter intervenir sur des dossiers criminels tels les cas du bâtonnier Monferrier Dorval, de Diego Charles, d'Antoinette Duclaire. « Nous allons demander dans quelle phase ils sont, pour montrer à la société que la justice marche, qu’elle fonctionne et veut donner des résultats », s’est engagé le commissaire du gouvernement Frantz Louis-Juste.



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