Séisme-Solidarité

L'AUF octroie plus d'un million d’euros à des universités dans le grand Sud

Des institutions universitaires, membres de l’Agence universitaire de la francophonie (AUF), bénéficient d’un soutien de plus d'un million d’euros de la part de cette agence, dans un plan d’action de solidarité avec Haïti pour la région Sud frappée par le séisme du 14 août 2021. Une cérémonie a été organisée, vendredi 10 août, en présence de la ministre de l’Éducation nationale, des responsables de l’AUF, des représentants des Universités publiques en région (UPR) et d’acteurs du milieu de l’éducation.

Publié le 2021-09-10 | lenouvelliste.com

Ce plan présenté aux journalistes est articulé autour de différents axes répondant d’une part aux besoins urgents (immédiats), et de l'autre, de ceux de l’après-urgence. Il s’agit d’une manière d’appuyer les établissements d’enseignement supérieur de la région Sud du pays. Les institutions bénéficiaires sont l’Université publique du Sud aux Cayes (UPSAC), l’Université publique de la Grand’Anse (UPGA), l’Université publique des Nippes (UPNIP) et l’Université Notre-Dame d’Haïti (UNDH).

Ce soutien contribuera à la transformation numérique de l’enseignement dans ces universités. Six espaces connectés ouverts, alimentés en énergie solaire, à l’extérieur des actuels bâtiments universitaires, dotés d’une capacité d’accueil de 600 étudiants en même temps, qui auront à leur disposition un total de 2 000 tablettes, seront également créés, selon le recteur de l'AUF, Slim Khalbous, qui intervenait par vidéoconférence.  L'appui prévoit l’animation d’ateliers certifiants dans le domaine de l’enseignement à distance pour environ 300 professeurs qui auront à leur disposition une plateforme numérique conçue spécialement pour les universités du grand Sud, ainsi qu’un studio d’enregistrement de vidéos pédagogiques.

Le soutien de l’AUF vise à encourager le développement de l’autonomie financière des étudiants et des jeunes diplômés, principalement les femmes, grâce au renforcement du programme Réseau solidaire d’accompagnement à la création d’entreprises (RéSACE), qui accordera une priorité au développement d’entreprises localisées dans le Sud d’Haïti. En effet, au bout des deux prochaines années, l’Agence et ses partenaires vont financer plus de 75 entreprises portées par des jeunes, à raison de 10 000 USD par entreprise, et accueilleront plus de 300 jeunes du grand Sud dans les ateliers d’incubation du RéSACE, soulignent les responsables.

Par ailleurs, l’agence universitaire de la francophonie entend renforcer le soutien accordé à la recherche-action dans le domaine des risques sismiques en Haïti, à travers l’installation, par de jeunes chercheurs haïtiens, de stations sismologiques dites « citoyennes », dans des habitations localisées dans les départements du grand Sud. Ce réseau créé par le laboratoire de recherche URGÉO de l’Université d’État d’Haïti, permet de recueillir des données dont peuvent se servir les sismologues en temps réel et de manière permanente. Selon l’agence, les jeunes chercheurs haïtiens sélectionnés participeront, par leur action, à des recherches de haut niveau dans le domaine de réduction de l’exposition aux risques sismiques d’Haïti, en partenariat avec des universités membres du réseau international de l’AUF.

Pour Saulo Neiva, directeur régional de l’agence, ce plan d’action constitue une preuve de plus de l’engagement de l’AUF vis-à-vis d’Haïti, face à la situation d’urgence. Ce plan d’action, affirme-t-il, est un exemple de plus du mode opératoire de l’AUF qui place toujours la solidarité active au cœur de ses projets : développement des peuples, des universités, insertion des jeunes. Ce plan d’action vient à un moment doublement historique, explique M. Neiva : celui de la célébration, le 13 septembre prochain, des 60 ans de l’AUF, et celui de l’intégration d’Haïti, pour la première fois, en tant qu’État, au conseil d’administration de l’AUF, aux cotés de 10 autres pays. La candidature d’Haïti au sein de conseil d’administration de l’AUF a été appuyée personnellement par le recteur de l’institution, qui en évoque sa fierté. « Pendant les quatre prochaines années, le gouvernement haïtien, à travers son représentant dans le conseil d’administration, va accompagner le développement de la francophonie scientifique », souligne Slim Khalbous.

Ce travail de l’AUF et surtout son plan d’action de solidarité avec les institutions universitaires du grand Sud a été salué par la ministre de l’Éducation, Marie-Lucie Joseph. Pour elle, cet appui va contribuer au relèvement des universités affectées par le cataclysme. Elle en a profité pour inviter la coordination des UPR et les universités publiques du grand Sud à prendre toutes les dispositions nécessaires pour la bonne marche de ce projet d’appui au bénéfice des étudiants et des enseignants.



Réagir à cet article