Si la psychologie m’était contée

Publié le 2021-09-10 | lenouvelliste.com

La situation actuelle, par rapport à la pandémie, quand on considère les différentes observations cliniques jusqu’aux publications osées « y a-t-il une erreur qu’ils n’ont pas commise » du professeur Christian Perronne, « du goût et de l’odorat » du professeur Henri Joyeux, nous concerne tous à des degrés variables.

En effet, depuis l’apparition du problème dans le monde, des mesures ont été élaborées et adoptées dans nombreux pays, d’une manière flexible, selon les dispositions mises en place, pour contrôler la transmission du virus à une plus grande échelle, tout en essayant d’éviter un niveau létal élevé parmi la population.

Cependant de nombreux cas de décès sont à déplorer, contrairement à toute prédiction, par exemple, et on en dénombre même parmi le personnel soignant.

Le confinement demeure l’une des diverses mesures barrières appliquées de façon contraignante dans beaucoup de pays.

Il arrive que, pour des raisons diverses, les gens se plaignent de rester trop à la maison et d’y passer tout leur temps, au point que cela commence à produire des effets non escomptés dans la plupart des ménages : une tendance dépressive.

D’un côté, celle-ci semble s’accroître par rapport à la routine qui s’affirme et se fonde sur le statu quo. Or pendant que les gens souhaitent changer quelque chose ou vouloir sortir, afin de modifier le quotidien lassant.

D’un autre côté, les pédopsychiatres et pédopsychologues ont constaté, selon les registres de consultations, une forte tendance à la hausse des cas de changements d’humeur, d’agitation psychomotrice, états nerveux, d’inappétence et d’insomnie chez les enfants résultant du confinement.

Face à une étiopathogénie pareille, les professionnels vont devoir travailler sur des paramètres liés à l’environnement afin de pouvoir contrecarrer. Sinon éviter tout dégât possible au processus cognitif.

L’on n’est pas sans savoir que de tels troubles ont une incidence relative ou supérieure sur la capacité d’apprentissage chez l’enfant, avec une plus forte prévalence du syndrome de Rett chez les filles et le syndrome d’Asperger chez les garçons.

À plus forte raison, un tel diagnostic exige une orientation vers une éducatrice spécialisée pour pouvoir contourner le mal.

Ce qui est également inquiétant, concerne le tableau régressif qu’aura montré l’aîné de la famille,  à l’arrivée d’un autre enfant à la maison, né du confinement. Celle-ci se retrouvera dans une sphère où les acquisitions psychomotrices vont devenir partiellement ou totalement nulles, au point où l’enfant deviendra quasiment ou nettement dépendant, affectant par exemple, le langage, où l’enfant développe malgré lui, la mélopée, les troubles relatifs à une perte de contrôle sphinctérienne ( énurésie, encoprésie diurne ou nocturne), des formes d’agitation sont à porter au tableau et Bruno Bettelheim parle dans la plupart des cas de crimes chez les enfants.

Pour toutes ces raisons, les problèmes majeurs et intenses au domaine clinique ne sont pas des moindres, compte tenu de l’aspect différentiel de la question à laquelle un plan thérapeutique est à élaborer et à suivre.

Il faut dire que tout ceci se passe dans les pays avancés où l’accès aux cabinets de consultations des psychologues, est beaucoup plus facile, selon le pays considéré.

Il est cependant, certain et pénible que, de telles données font défaut chez nous, quand on sait, tout l’effort à dégager, rien que pour consulter un psychologue là-bas.

En privé, l’on peut oser réaliser une étude transversale et là encore, ce ne sera pas chose aisée, connaissant toute la complexité liée à la recherche existant dans le milieu.

En ce qui a trait à la pratique publique, où, les chiffres seront avancés comme d’habitude, auxquels, nul ne peut faire foi.

Tout un scandale !

Notre souhait le plus grand, serait qu’un jour, l’on arrive à une meilleure organisation des services hospitaliers publics, au bénéfice de tout chercheur qui serait intéressé à se pencher sur la relation qui pourrait exister entre la santé mentale et la pandémie, particulièrement, les enfants nés de l’état de confinement, dans l’hypothèse qu’au pays, cette aurait été véritablement respectée.

Il faudra y penser.

Robert Moïse
Auteur


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