Séisme : 2 248 morts, 12 763 blessés et 329 disparus, fin officielle des opérations de sauvetage

Publié le 2021-09-07 | lenouvelliste.com

La Direction de la Protection civile, qui joue le rôle de secrétariat exécutif du Système national de gestion des risques et désastres, a annoncé avoir mis fin officiellement, le vendredi 3 septembre dernier, à la mission recherche et sauvetage dans les trois départements du grand Sud. Cette annonce coïncide avec la publication du rapport d’étape du Centre d’opérations d’urgence national (COUN) qui établit à 2 248 le nombre de morts, tandis que 12 763 personnes sont blessées et 329 autres portées disparues dans les trois départements fortement affectées.

Citant une évaluation satellitaire réalisée par la Banque mondiale, le rapport précise que les dommages et pertes économiques subis par le pays s’évalueraient à 1,5 milliard de dollars, soit environ 10 % du produit intérieur brut national. De plus, le séisme a directement affecté environ 690 000 personnes, ce qui représente 40 % de la population totale de la Grand’Anse, des Nippes et du Sud.

Dans les trois départements affectés, poursuit le rapport, 83 770 maisons ont été soit faiblement ou fortement endommagées et 53 815 détruites. Les premières évaluations conduites après le tremblement ont montré que le pourcentage de maisons détruites dans les milieux ruraux – où vivent jusqu’à 80 % de la population affectée – était en moyenne 5 à 7 fois plus élevé que dans les centres urbains.

Par ailleurs, les secteurs santé et éducation sont sortis très affectés par l’impact considérable du séisme sur le grand Sud. Une évaluation des structures sanitaires, conduite par le ministère de la Santé publique et de la Population (MSPP) dans les départements de la Grand’Anse, des Nippes et du Sud, fait état de 62 structures gravement ou partiellement endommagées.

Les résultats préliminaires d’une évaluation, conduite par le ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle, font état de 171 écoles complètement détruites, soit 16 % du parc scolaire dans les zones affectées. Ce  bilan partiel est fourni à partir d’une évaluation de 1 064 établissements scolaires sur 2 800 existants dans les trois départements susmentionnés.

Outre les hôpitaux et centres de santé, les écoles endommagées ou détruites, le séisme de magnitude 7.2 a fortement ébranlé des ponts, des installations et d’autres infrastructures critiques dans la région du grand Sud. « Les réseaux d’adduction d'eau potable ont subi d’importants dommages dans plusieurs communautés, rendant l’accès à l’eau très difficile. L’agriculture et l’élevage ont également été affectés par les nombreux mouvements de terrain signalés », souligne le rapport d’étape.

Dans l’ensemble, du 14 août au 3 septembre, 154 sauveteurs, dont 27 femmes, des sapeurs-pompiers en provenance de plusieurs régions du pays, ainsi que des brigadiers de la Protection civile ont travaillé sur le terrain, durant des jours et jusqu’à trois semaines pour certains, pour extraire des survivants des décombres mais aussi des personnes coincées dans des montagnes du massif de la Hotte à la suite de mouvements de terrain.

Ces derniers ont été rejoints sur place par des groupes de sauveteurs internationaux, notamment une équipe de recherche et sauvetage en milieu urbain du comté de Fairfax (Virginie, Etats-Unis) ; des pompiers spécialisés de la Colombie ; des sapeurs-sauveteurs de France, des experts en recherche et sauvetage du Brésil ; des sauveteurs du Royaume-Uni, du Chili, de la République dominicaine et du Mexique.

En guise de conclusion, le rapport d’étape du COUN recommande d’étendre les opérations de déblaiement et de ramassage des débris dans les résidences familiales ; réorienter les actions de réponse dans les zones d’habitation en lieu et place des sites de rassemblement qui se développent de manière inquiétante ; poursuivre et accélérer les actions de réponse en tenant compte de la cartographie des zones enclavées, des besoins urgents et de la saison cyclonique en cours ; renforcer les structures de la Protection civile à tous les niveaux – central et territorial - tout en encourageant et en valorisant l’engagement des volontaires à cette noble mission ; initier les opérations de communication avec les communautés sur les abris temporaires, la vulnérabilité du bâti après un séisme, les conditions sanitaires (contexte de la Covid-19) ; poursuivre de manière coordonnée les évaluations approfondies au niveau sectoriel et y prendre en compte les vulnérabilités et les besoins particuliers en vue d’une réponse inclusive dans les phases de relèvement et de reconstruction ; produire et/ou mettre en œuvre le plan de relèvement des secteurs, notamment l’éducation.



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