« L'aide humanitaire fait la différence, mais nous devons faire plus », estime un haut responsable onusien  

Le sous-secrétaire général aux affaires humanitaires des Nations unies et coordonnateur adjoint des secours d'urgence, Ramesh Rajasingham, lors d’une réunion d'information des États membres sur la situation humanitaire en Haïti la semaine dernière, a invité l’ensemble de la communauté internationale à tirer des leçons du passé afin d’éviter les mêmes erreurs relatives à l’acheminement et la distribution de l’aide.

Publié le 2021-09-06 | lenouvelliste.com

« N'oublions pas les leçons tirées du tremblement de terre de 2010 et de l'ouragan Matthew en 2016. Nous devons éviter d'être confrontés aux mêmes goulots d'étranglement et aux mêmes défis que ceux observés lors des urgences précédentes. Nous devons intégrer la sensibilisation et la réduction des risques dans l'effort de reconstruction », a prescrit le haut responsable onusien, exhortant les acteurs humanitaires à exploiter et à renforcer les efforts des acteurs locaux présents sur le terrain depuis longtemps, en particulier les ONG locales, les organisations de la société civile et les dirigeants communautaires, et à soutenir la reprise des économies et des moyens de subsistance locaux par l'achat local de fournitures de secours et la distribution d'argent liquide basée sur l'assistance.  À en croire Ramesh Rajasingham, la combinaison de ces deux facteurs est apte à entraîner des effets multiplicateurs importants dans l'ensemble de l'économie.

« Nous devons envisager l'avenir d'Haïti. Les gens doivent pouvoir reconstruire leur vie. Des années de gains de développement ont été anéanties. Avec votre soutien, nous espérons que cet appel éclair sera un tremplin pour aider Haïti à avancer sur une voie plus résiliente », a poursuivi M. Rajasingham dans son allocution, précisant qu’un appel éclair de 187 millions de dollars américains a été lancé, sous la direction du Premier ministre et au nom du système humanitaire, pour fournir une aide humanitaire vitale à 500 000 personnes femmes : filles, garçons et hommes haïtiens.

« Plus précisément, l'objectif est d'apporter une assistance sanitaire à 225 000 personnes, dont 72 000 femmes enceintes ; une aide alimentaire d'urgence à 310 000 personnes ; la nutrition de 168 000 enfants de moins de 5 ans ; un soutien scolaire à 100 000 enfants; une aide en eau et assainissement à un demi-million de personnes ; et l'hébergement pour près de 400 000 personnes – pour ne citer que quelques-unes des cibles », a énuméré le coordonnateur adjoint des secours d'urgence, estimant qu’il s’agit d’une expression de la solidarité de la communauté envers le peuple haïtien.

« L'aide humanitaire fait la différence, mais nous devons faire plus », a reconnu Ramesh Rajasingham après s’être rendu en Haïti où il a visité notamment plusieurs sites touchés par le séisme du 14 août dernier ayant causé plus de 2 000 morts, dont 320 personnes portées disparues, plus de 12 268 blessés et plus de 130 000 maisons endommagées ou détruites.

La situation sécuritaire instable et les contraintes d'accès humanitaire sont quelques-uns des principaux défis à l'acheminement de l'aide en Haïti, a constaté le haut responsable onusien, estimant que ces défis continuent de créer des difficultés importantes pour les autorités nationales et les partenaires humanitaires. « Alors que la communauté humanitaire salue les efforts de toutes les parties prenantes pour négocier et sécuriser l'accès aux zones les plus touchées, cet accès devra être soutenu à long terme, en particulier compte tenu du manque de moyens aériens et maritimes disponibles pour atteindre les personnes touchées par la suite des catastrophes ultérieures qui les ont touchés », a soutenu Ramesh Rajasingham.



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