Assassinat de Jovenel Moïse : Jean Laguel Civil au cabinet d'instruction

Le coordinateur de la sécurité du feu président Jovenel Moïse, Jean Laguel Civil, a comparu au cabinet du juge instructeur Garry Orélien, le vendredi 3 septembre 2021, au palais de justice de Port-au-Prince. Son audition dans le cadre de l'assassinat du chef de l'État a été mise en continuation par rapport aux mauvaises conditions de fonctionnement au tribunal.

Publié le 2021-09-03 | lenouvelliste.com

« Elle [l'audition, ndlr] s'est réalisée dans un contexte très désagréable. Pas d'électricité, chaleur. De toute façon, le magistrat tenait à commencer son travail », a fait savoir Me Reynold Georges, avocat de Jean-Laguel Civil, suspecté dans l'assassinat de l'ancien président Jovenel Moïse. L'avocat dit avoir approuvé la façon de procéder du juge. Selon l'homme de loi, toutes les questions posées ont été répondues correctement.

« Jean-Laguel Civil est victime d'un complot, parce que ceux qui ont tué Jovenel avaient affirmé que c'était un coup d'État ; nous l'avons tous entendu. Ils se sont autoproclamés président provisoire et voulaient rentrer au Palais national », a indiqué l'avocat, soulignant que Jean-Laguel Civil les a empêchés d'atteindre cet objectif. Voilà, a-t-il poursuivi, ce qu'il paye à présent.

Dans le cadre de ce dossier, l'avocat de l'ancien responsable de l'Unité de sécurité présidentielle avait introduit une action en habeas corpus. Ce recours garanti notamment par les articles 26.1 et 26.2 de la Constitution en vigueur porte sur la légalité de l'arrestation et de la détention. Le doyen l'avait rejeté, a ajouté Me Reynold Georges.

Ce dernier a interjeté appel de l'ordonnance du doyen du tribunal. L'avocat dit attendre l'arrêt-ordonnance de la cour d'appel de Port-au-Prince sur cette affaire. « Nous espérons que la décision sera heureuse. », a-t-il souhaité.

Étant donné le contexte difficile dans lequel Jean-Laguel Civil a été interrogé, le juge a mis en continuation l'interrogatoire. Il devra comparaitre de nouveau le mardi 7 septembre 2021. « Nous avons des réquisitions que de droit que nous pouvons faire. Nous espérons que les conditions seront favorables », a confié le défenseur du policier mis en examen.

Me Reynold Georges ne s'inscrit pas dans la logique d'interroger l'impartialité du juge dont des moyens ont été mis à sa disposition par le ministre de la Justice. « Nous sommes là pour appliquer la loi, faire disculper notre clients face à ces fausses accusations », a-t-il martelé.

La Police nationale d'Haïti avait procédé, fin juillet, à l'arrestation du coordinateur de la sécurité du président Jovenel Moïse, dans le cadre de l'enquête sur l'assassinat de ce dernier survenu dans la nuit du 7 juillet. Placé en isolement à l'Inspection générale dans un premier temps, le commissaire divisionnaire Jean-Laguel Civil a ensuite été détenu dans une prison. À côté d'autres hauts gradés de la Police nationale, en charge de la sécurité du président, Jean-Laguel Civil est suspecté d'être impliqué dans le complot meurtrier ayant conduit à la mort de M. Moïse.



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