Torbeck, de l'autre côté de la ravine du Sud, des victimes du séisme sont oubliées de l'État 

Solon et Moreau, respectivement 3e et 4e section communale de Torbeck, sont les plus touchées de cette commune du département du Sud. Pourtant situées de l'autre côté de la ravine du Sud, ces victimes du séisme de magnitude 7.2 du 14 août dernier font partie des oubliés. Espérant recevoir le soutien de l'État,  leur principale préoccupation reste la reconstruction de leurs maisons détruites par le tremblement de terre.  

Publié le 2021-09-03 | lenouvelliste.com

Contrairement à la première et la deuxième section communale de Torbeck, les deux autres sont difficiles d'accès. Le chemin le plus court exige la traversée de la ravine du Sud, en crue depuis le séisme, non loin de Lévy,  première section communale de Camp-Perrin. Victimes du séisme du samedi 14 août, ils sont nombreux, dans ces quartiers fortement frappés, à être obligés d'entretenir, eux-mêmes ou avec le support de proches à l'étranger, leurs familles sinistrées.

Adrien Décimus, âgé de 76 ans, a fui carrefour Péan (Delmas 18) à la suite de menaces des hommes du groupe de gang dirigé par Jimmy Chérizier, connu sous le nom de Barbecue. Il est arrivé à Lougou, la 3e section communale de Torbeck, au tout début du mois de juillet. Environ un mois après, le septuagénaire a failli perdre sa vie. Il raconte avoir été sauvé de justesse le 14 août dernier. 

Seul le toit de la maison où lui, sa femme malade, un jeune garçon et la maîtresse de la maison dormaient, a survécu. Adrien Décimus nous fait visiter sa cuisine. « C'est ici que nous dormons tous maintenant », confie-t-il.

« L'État n'aide pas les victimes de Lougou», constate M. Décimus qui a confié que des bâches ont été distribuées dans d'autres localités de sa section mais qu'il n'avait pas la force d'aller en chercher. 

« On ne manque pas d'eau et on se nourrit de fruits, des produits de nos plantations », indique Adrien Décimus. « Grâce au support de proches qui sont à l'étranger on survit jusqu'à présent », poursuit-il. 

Marie Gislaine Hilaire s'est frappée à la hanche alors qu'elle se précipitait vers la sortie de sa maison, détruite par le séisme. Vivant d'un habitat de fortune, Marie Gislaine Hilaire nous a raconté sa douleur. Elle et ses 6 enfants sont aux abois. Ses réserves déjà maigres sont épuisées. Elle espère recevoir de quoi manger. 

« Ce qu'il me faut, c'est de l'aide pour reconstruire la maison de ma mère, réclame Pierre-Jonas Chéry. Sa mère, aveugle, a eu la vie sauve grâce à la providence. Des murs de la maison se sont déjà effondrés, mais pas ceux de sa chambre. Selon M. Chéry plusieurs maisons sont détruites à la Fresilière (Solon, 3 e section communale de Torbeck). Se montrant sceptique quant au soutien de l'État, il conseille aux responsables de revoir à la baisse le prix du ciment, du fer, de la tôle indispensable à la reconstruction des maisons des victimes.

Beaucoup de bons Samaritains ont volé au secours des victimes du séisme. Malheureusement les localités dont l'accès est difficile attendent de l'aide. Outre les deux sections communales éloignées de Torbeck, de l'autre côté de la ravine du Sud, dans la commune de Camp-Perrin,  Labiche (Lévy) et Tibi - la troisième  section communale - , figurent parmi les oubliés. 

Jordany Junior Verdieu

Jordany Junior Verdieu
Auteur


Réagir à cet article